Pâques à Gap

Webmaster 18 avril 2017 1

Dans la nuit du 15 au 16 avril et le jour-même de Pâques, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri a présidé les célébrations pascales en la cathédrale de Gap.

Dans la nuit, il a baptisé trois adultes (Dimitri, Yann, Antoine), baptisé deux jeunes (Sacha et Matthieu) et confirmé deux autres jeunes (Lola et Gillone).

En cette année 2017, ils auront été 4503 adultes en France (dont 4208 en métropole) à avoir reçu le baptême durant la Vigile de Pâques.

Dimanche matin à Gap, à la fin de la messe, les enfants ont été invités – à leur plus grande joie – à participer à une chasse aux œufs dans le jardin de la Maison épiscopale.

Ci-dessous des vidéos et le texte de l’homélie applaudie de Mgr Jean-Michel de Flaoc Léandri :





Homélie

« Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps ; par ta miséricorde, libère-nous du péché, rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur. »

Vous l’aurez reconnue, je viens de dire la prière que le prêtre prononce au cours de la messe après le Notre Père. Et j’attire votre attention sur cette phrase : « Rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets. » « Le bonheur que tu promets ! »

En septembre dernier, lors de la fête de la paroisse Saint-Arnoux qui se tenait dans les jardins du collège-et-lycée Saint-Joseph, à la fin de la messe, j’avais invité les jeunes, mais les adultes ont suivi aussi, j’avais invité les jeunes à reprendre la chanson de Christophe Maé : « Il est où le bonheur, il est où ? » Ceux qui étaient présents s’en souviennent sans doute. Qui était présent ? [des mains se lèvent]

Tous et toutes, nous cherchons le bonheur, et parfois les chemins que nous empruntons pour le trouver sont pleins d’embûches, douloureux, et conduisent à nouveau à des impasses. C’est d’ailleurs ce que chante Christophe Maé, je le cite, en évitant certains mots pour ne pas écorcher les oreilles sensibles, et surtout par respect pour les enfants qui sont présents ici ce matin. Voici ce qu’il chante :

« J’ai fait l’amour, j’ai fait la manche
J’attendais d’être heureux
J’ai fait des chansons, j’ai fait des enfants
J’ai fait au mieux
J’ai fait la gueule, j’ai fait semblant
On fait comme on peut
J’ai fait le [con], c’est vrai, j’ai fait la fête, ouais
Je croyais être heureux, mais

Y a tous ces soirs sans potes
Quand personne sonne et ne vient
C’est dimanche soir, dans la flotte
Comme un [con] dans son bain
Essayant de le noyer, mais il flotte
Ce [putain de] chagrin
Alors, je me chante mes plus belles notes et
Ça ira mieux demain.

Il est où le bonheur, il est où ?
Il est où ?
Il est où le bonheur, il est où ?
Il est où ?

Il est là le bonheur, il est là
Il est là! »

Alors, à l’heure où nous célébrons la résurrection du Christ, la réponse nous est donnée si nous voulons bien l’entendre : « Il est là le bonheur, il est là ! » Il est dans la personne du Christ ressuscité, il est dans le don de sa vie, il est dans le don de sa Parole, il est dans le don de sa chair et de son sang dans l’eucharistie, il est dans les sacrements. Jésus est là, avec nous. Il est avec son Église « tous les jours jusqu’à la fin du monde » [Mt 28, 20] comme il l’a promis. Il nous précède même sur nos chemins. « Il vous précède en Galilée » disait l’évangile de cette nuit. [cf. Matthieu 28, 7]

Alors si je puis me permettre : « au diable » les doutes. Si comme Madeleine parfois nous croyons que Jésus n’est pas là, que le bonheur n’est plus là, qu’on nous l’a enlevé [cf. évangile du jour en Jean 20,2], eh bien pensons au tombeau vide, signe que Jésus est désormais ici et partout, aujourd’hui et toujours. Notre bonheur est donc bien là, ici, maintenant, au milieu de nous. Jésus est là, présent et agissant dans son Église. Alors puisons à satiété à la source du bonheur, puisons avec joie aux sources du salut [cf. Isaïe 12,3]. Puis communiquons, donnons la paix qui nous est donnée. Car le bonheur est aussi dans ce que nous sommes capables d’être et de faire pour plus d’amour autour de nous, pour plus de justice, pour plus de partage, d’accueil, d’écoute. Le secret du bonheur il est dans ce que nous faisons pour le bonheur de notre prochain.

C’est l’écrivain Jean d’Ormesson qui écrit : « Le bonheur n’est pas un exercice narcissique et solitaire. Il tombe, comme par hasard, sur la tête et dans le cœur de ceux qui, loin de s’occuper d’eux-mêmes, s’occupent plutôt d’autre chose – et des autres. »

Que de fois, dans nos communautés chrétiennes, certains se complaisent à gâcher ou à compromettre le bonheur des autres. Comment s’y prennent-ils ? Oh, simplement par la médisance ou par la calomnie. Vous le savez, ce sujet est un thème cher à notre pape François.

Il y a en plein centre de Paris, proche de tous les grands-magasins, la paroisse Saint-Louis d’Antin qui accueille toute la journée les fidèles qui souhaitent se confesser, jusqu’à 800 par jour durant le Carême.

Savez-vous quel est le péché le plus répandu aujourd’hui, qu’il soit commis dans le cadre familial, dans le milieu professionnel et dans certaines communautés chrétiennes ? Eh bien le péché le plus répandu, c’est la médisance ! C’est en tout cas celui qui revient le plus souvent dans ce dont s’accusent les fidèles qui viennent dans cette paroisse qui a fait du sacrement de réconciliation sa spécialité. Alors, certes on retrouve les sept péchés capitaux : l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la gourmandise, la paresse. Mais ce qui revient le plus souvent, c’est la médisance. « Ce n’est pas seulement une faute morale dont s’accuse le pénitent, dit l’un des prêtres de cette paroisse, c’est aussi le fait de manquer à l’amour de Dieu et à celui du prochain dans ses actes. »

Le confessionnal est comme une caisse de résonance du désir d’être meilleur pour parvenir au bonheur. Et nous ne pouvons pas y parvenir tout seul. C’est pourquoi le Christ ressuscité nous tend la main pour nous montrer le chemin du bonheur et nous accompagner pour que nous ne nous y avancions pas seuls. Saisissons la main qu’il nous tend !

Parfois, la tentation est de croire qu’il faut aller très loin pour trouver le bonheur alors qu’il est là, tout près de nous. Nous ignorons trop souvent que ce trésor est en nous et que c’est Dieu qui l’a déposé au fond de notre cœur. Nous savons bien, pourtant, que le bonheur c’est l’amour donné, l’amour reçu, c’est le partage, c’est une main tendue à ceux qui ont froid, à ceux qui ont faim, à ceux qui sont seuls, à tous ceux qui sont exclus par les hommes, y compris par des chrétiens, parce que jugés pas fréquentables. Alors pourquoi aller chercher plus loin ce qui est auprès de nous ? Il suffit pour cela d’ouvrir plus grand son cœur et d’aimer de l’amour même de Dieu « qui a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. » [Romains 5.5]

Nous ne mesurons pas suffisamment le bonheur que nous avons de célébrer librement le Christ ressuscité. Confions lui ces femmes, ces hommes, ces enfants qui au nom même de leur foi sont cloués avec lui sur le bois de la croix. Voici ce que dit un vieil homme après le récent attentat dans une église à Alexandrie. Je le cite : « Ils essayent de nous faire peur pour qu’on s’éloigne de Dieu ! Mais on sera les premiers à aller à l’église, et les premiers à aller prier ! Même si on nous arrête dans la rue et nous demande de renier le Christ, on sera prêts à mourir pour notre foi et on continuera à être martyrisés ! » Ici même, en ce moment, dans cette église, des familles sont présentes parce qu’elles ont dû quitter leur pays, à cause de la violence, à cause de la haine. Alors confions au Christ ressuscité ces femmes, ces hommes, ces enfants, qui, au nom même de leur foi, sont cloués sur le bois de la croix.

Lorsque les premiers disciples suivaient timidement Jésus, celui-ci s’est retourné. Il leur pose alors cette question : « Que cherchez-vous ? » Ils auraient pu répondre : « Nous cherchons le bonheur ». Mais surpris par la question de Jésus ils lui répondent : « Maître, où demeures-tu ? » Et Jésus leur répond : « Venez et vous verrez. » [Jean 1,38-39]

« Venez et vous verrez. » Je souhaite de tout mon cœur que la résurrection du Christ que j’ai la joie de célébrer avec vous pour la dernière fois revivifie nos communautés chrétiennes pour que nous puissions dire, en nous tournant au nom du Christ vers celles et ceux qui nous interrogent et qui attendent un signe de notre part pour nous rejoindre, « venez et vous verrez. »

Bonne et belle fête de Pâques à toutes et à tous.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

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Un commentaire »

  1. croassant 19 avril 2017 à 15 h 18 min - Reply

    Monseigneur, je suis de plus en plus touchée spirituellement par vos homélies et vos initiatives chaleureuses pour rassembler les fidèles.
    Personnellement je constate que la célébration de la messe, les liturgies, enfin, que l’Eglise devient une oasis de bien-être dans ce monde perdu!.
    Monseigneur, pas de mots assez puissants pour vous exprimer ma gratitude et le regret que bientôt je ne pourrai plus vous suivre sur Diocèse de Gap.
    Une retraite bien méritée, Monseigneur, que je vous souhaite dans la sérénité totale.
    Que Dieu vous bénisse et vous protège!.
     » il est où le bonheur, il est où? », à côté de nous!.