« Les évêques ne doivent pas
se comporter comme des bourreaux
mais comme des pasteurs »

(Concile de
Trente)

 

Je n’ai pas voulu réagir sous le coup de l’émotion et de
la colère. Mais devant l’émoi suscité par les événements qui se sont produits récemment au Brésil je souhaite faire partager mes réflexions aux fidèles et aux hommes et femmes de bonne volonté de
mon diocèse.

 

Nombreuses sont les questions qui nous
parviennent :

Pourquoi privilégier la lettre de la loi à l’esprit ?

Où est le message d’amour du Christ ?

Qu’aurait-il fait, Lui, en pareil cas ? Aurait-il condamné ?

Qui sommes-nous pour condamner sans jugement et sans nuance ?

Pourquoi cette publicité ?

Pourquoi cette absence de compassion, de recul, de réflexion ?

Pourquoi était-ce si urgent de statuer ?

 

Je ne prétends pas répondre à toutes ces questions. En
revanche, puisque les intervenants ont jugé bon de justifier l’excommunication en se plaçant sur le terrain du droit canonique, je me situerai donc moi également sur ce terrain en allant jusqu’au
terme de l’ensemble des articles concernant les excommunications.

 

Les faits ? Une fillette de neuf ans, abusée par son beau-père depuis l’âge de six ans, se trouve enceinte de
jumeaux. La grossesse de la fillette est découverte à l’hôpital où sa mère l’a conduite suite à des douleurs au ventre. L’équipe médicale décide de la faire avorter, une grossesse à son âge
comportant de trop gros risques pour être menée à son terme et mettant sa vie en danger. La loi brésilienne interdit l’interruption volontaire de grossesse, sauf en cas de viol ou de danger pour
la vie de la mère. Le 5 mars,
l’archevêque de Recife confirme l’excommunication « latae sententiae » (c’est-à-dire « automatique ») de la mère de la fillette ainsi que de l’équipe
médicale.

 

Que dit le droit canonique, le Code de l’Eglise ? Pour certains faits qui ne sont pas toujours publics, le Code de droit canonique a
prévu une excommunication automatique. L’avortement entre dans ce cadre :
« Qui procure un
avortement, si l’effet s’ensuit, encourt l’excommunication latae sententiae » (article 1398)
.

Cependant, le Code de droit canon indique à l’article 1324 – § 1 que la peine prévue par la loi doit être tempérée pour qui a agi forcé par une crainte grave, même si elle ne
l’est que relativement, ou bien poussé par le besoin ou pour éviter un grave inconvénient, si le délit est intrinsèquement mauvais ou s’il porte préjudice aux âmes. Et le § 3 d’affirmer
clairement que dans les circonstances dont il s’agit au § 1, « le coupable n’est pas
frappé
par une peine latae sententiae » !

Je ne suis pas spécialiste du droit canon, mais je m’appuie sur les remarques d’un canoniste. Il est probable, dit cet
expert, que ce cas douloureux ne tombe pas sous le coup de la sanction automatique d’excommunication prévue par l’article 1398.

 

On peut se demander si l’archevêque de Recife a suffisamment pris en considération les circonstances qui atténuent la gravité de
l’acte et qui dispensent donc de l’application de la peine. Son « zèle » répond à une volonté de rappeler le principe que toute vie est sacrée. Mais en négligeant les circonstances et
en s’empressant de « punir » il a pris le risque de donner une leçon, dans une logique de répression à laquelle répugne le droit pénal de l’Église, droit foncièrement tendu vers une
réconciliation des personnes incriminées.

 

Nul doute que la maman de cette petite fille se trouve doublement accablée par le tragique de la situation familiale
qu’elle subit depuis longtemps et par l’opprobre liée à la publicité faite autour de l’excommunication.

 

Le Concile de Trente (Session XIII, article 1) rappelait que les évêques ne devaient pas se comporter comme des bourreaux,
mais comme des pasteurs. C’est-à-dire comme des pères aimants au cœur empli de compassion tout particulièrement pour ceux qui sont éprouvés (Article 2214 § 2 du Code de droit canonique de
1917).

 

L’éthique déplore l’étalage éhonté de drames personnels, en raison d’une exploitation mercantile et créatrice de scandale.
Dans des cas aussi douloureux, l’amour, l’écoute, le dialogue personnalisé et la discrétion respectueuse sont seuls de mise.

 

Jésus nous dit que le Christ n’est pas venu pour condamner le monde mais le sauver (cf. Jean 12, 47). Et Saint
Jean, tout en exhortant les fidèles à ne pas faire le mal, leur rappelle aussi que s’ils le commettent, le Christ a donné sa vie pour ouvrir le chemin de l’amour, du pardon, de la miséricorde et
de la réconciliation.

 


Gap, le 13 mars 2009

 

 

                                                                          
+ Jean-Michel di FALCO LEANDRI

                                                                              
Evêque de GAP et d’EMBRUN

Cet article a 18 commentaires

  1. Diocèse de Gap

    Voici d’autres commentaires reçus par courrier ou Internet :

    Monseigneur, j’ai lu avec attention ce texte bouleversant. Comme toujours vous faîtes preuve de beaucoup de clairvoyance et émettez une conclusion de réconfort et de pardon, par delà la révolte que peut causer une excommunication pour cette enfant déjà bien éprouvée. Pas d’excommunions !

    N.V. N.

     

     

    Monseigneur bonsoir.
    Félicitations pour votre lettre de ce soir “les évêques ne doivent pas se comporter comme des bourreaux mais comme des pasteurs”.
    J’en partage totalement le contenu.
    Veuillez agréer, Monseigneur, l’hommage de mes sentiments respectueux et dévoués.

    J.B., à 19:30 le 13 mars

     

     

    Merci Père pour ces propos, ces derniers rejoignent ceux exprimés par le Père Billefod, Nanterre.
    Je partage ces positions et je reste persuadée que l’accueil, le dialogue, la bienveillance, la prière aussi,… aident mieux les personnes concernées que des “propos-sanction” comme ceux de votre “collègue” de Récife.
    Bien sûr que la Vie doit être protégée, je le crois et je milite aussi contre la torture et la Peine de mort, ACAT, mais là le scandale est énorme = le viol de cette fillette dès l’âge de 6 ans…
    Le viol de toute personne d’ailleurs est préjudiciable ! c’est briser quelque chose dans l’élan créateur de l’Etre Humain…
    Je reste croyante et pratiquante, avec mes limites, mais je rejoins ceux qui expriment leur révolte et leur désaccord avec l’évêque de Récife. Ce dernier semble perdre son bon sens?
    Il y a de quoi perturber les Catholiques !! Modestement…
    Avec mes respectueuses salutations.

    G.C., à 20:03 le 13 mars

     

     

    Merci Monseigneur pour votre clairvoyance.

    B.D., à 20:48 le 13 mars

     

     

    Comme je suis heureuse de lire cela:Merci Monseigneur!

    E.M., à 21:29 le 13 mars

     

     

    Votre texte m’en rappelle d’autres également de belle facture de Bonaventure, d’Hockam et Scott, surtout Scott.
    Je suis athée mais apprécie l’humanité de votre propos et le rappel à l’éthique.
    Bien à vous au delà des querelles d’obédiences.

    J.F., à 21:52 le 13 mars

     

     

    Je suis une simple femme et une mère, je refuse de penser que le Dieu auquel je crois fermera ses portes malgré la décision de ceux qui disent parler en son nom ici bas. J’aime vos paroles elle me réconcilient peu à peu avec le dogme. Que Dieu vous garde aussi.

    C.V.G. à 22:00 le 13 mars

     

     

    Merci de ce message Monseigneur car je commençais à perdre la foi . Le bourreau dans cette histoire c’est le beau père, qui viole une enfant depuis l’âge de six ans . Pour lui, on ne parle pas d’excommunication . L’excommunication c’est pour la pauvre victime, victime traumatisée à vie, et pour ceux qui ont voulu réparer la faute du bourreau . Comment l’église peut-elle ramener les brebis à la bergerie avec de tel comportement ? Je ne reconnais plus ce que j’ai appris au catéchisme et qui guide ma vie chaque jour .

    J.L., à 22:50 le 13 mars

    Barbone Luca-Henri

    Merci infiniment Monseigneur pour vos éclaircissements qui me rappellent ce qu’il y a de plus profond dans l’Evangile. Je suis encore sous le choc de la violence doctrinale qui apparaît dans certains commentaires. Ceux qui vous reprochent de vous occuper d’affaires lointaines ne se laissent-ils pas interroger par ce schisme silencieux qui rend exangues de fidèles les églises ? N’entendent-ils pas la douleur de tous ceux qui aimeraient prier en Eglise mais qui se sentent rejetés par tant de suffisance ? Vous avez témoigné de l’humanisme de l’Eglise au moment où certains en désespèrent. Vous m’avez permis de continuer à croire en l’Eglise et de me rejouir du prochain baptême de ma fille, Marie. Je vous en rends grâce.

  2. sh

    Réponse à Tart’uffo

    Si l’amour et la charité ne coûtent aucun effort, tant mieux, profitons en. La bonne conscience, aussi, est une forme d’état de grâce. On y gagnera plus vite le Paradis sur Terre. Je suis ordinaire au sein de mon espèce: cela me va parfaitement. J’essaie même, comme beaucoup de mes semblables, de ne pas confondre fest-noz et religion. On a plus besoin de lumière que de feux d’artifice.

    Beaucoup d’internautes de ce blog s’y connaissent à l’évidence mieux que moi en matière de sexualité de la petite fille. Ayant reçu une éducation un poil coincée, je n’ai pas autant d’imagination qu’eux. Il ne me serait pas venu à l’idée de me renseigner sur le sujet avant cette histoire consternante. Malheureusement, ma revue de la littérature scientifique n’a pour l’instant pratiquement rien donné. Il ya bien une étude irakienne et une étude égyptienne sur les grossesses de l’adolescente. Leurs résultats sont contradictoires. Le temps d’observation dans l’étude égyptienne est plus long et les résultats incriminent un mariage ou des maternités trop précoces (impact négatif sur la santé e la fécondité ultérieure de la mère).

    Par ailleurs, une religion pose des interdits, mais ce sont les sociétés civiles qui définissent le crime en fonction de leur niveau de développement. Dans les sociétés occidentales, le crime implique et intentionnalité malfaisante et responsabilité.

    Pour finir, en psychologie de l’adulte, la recherche d’un coupable à tout malheur suggère un délire paranoïaque.

    Merci de me demander qui je suis: mère de famille qui travaille, sans crime conventionnel à son actif (dans la gamme qui va de l’avortement au dépassement de vitesse). Engagements autres que politiques ou syndicaux. Goût particulier pour la musique et les langues mortes sous réserve de leur instrumentalisation à des fins sectaires.

  3. sh

    Il vaut mieux une charité facile et sans recherche d’originalité que la cruauté malsaine.

  4. sh

    Je m’incline devant autant d’éloquence. Bonne Semaine Sainte.

  5. sh

    Tartuffe.

  6. ti'hamo

    Au commentateur “sh” :
    Ne vouloir retenir qu’un crime, celui que tout le monde condamne de toute façon, et le plus facile à condamner, c’est manquer, je crois, d’honnêteté, et s’arranger pour mettre de côté les questions gênantes.

    Si, comme l’avancent certains de ceux qui étaient là-bas, sur le terrain, à soutenir et essayer d’aider cette famille, si l’avortement par cette technique et à ce stade tardif présentaient finalement plus de risques pour la fillette qu’une grossesse surveillée et une césarienne,
    alors le viol n’est pas le seul crime que cette enfant aura eu à subir,
    et dans ce cas il était utile de rappeler à l’équipe médicale (la deuxième, celle qui a pratiqué l’avortement, la première avait refusé) la gravité de cet acte.

    De même que vous dite “on ne viole pas”, un autre a dit “on n’avorte pas” : qui êtes vous, vous, pour le juger, lui qui était là-bas et voyait la famille et la fillette en question ?

    Je persiste à le redire, autant pour les commentateurs que pour Mgr Di Falco :
    adopter, pour soigner son image, la position facile du bon chrétien plein de miséricorde sans qu’il nous en coûte rien, sans être impliqué, sans que cela suscite aucun effort ou renoncement de notre part,
    cela en désavouant un frère et confrère qui, lui, sur place, s’était plus directement et concrètement impliqué dans l’aide et le soutien à ces personnes en difficulté,
    cela est un manque de prudence, de charité, et de vérité.

    Et rien ne justifie une telle attitude.
    C’est, finalement, se soumettre à la loi, la loi des médias, la loi actuelle, plutôt qu’à l’amour dans la vérité.

  7. sh

    On ne viole pas sa petite belle-fille de six ans, point barre. C’est le seul crime que je retienne de cette histoire.

  8. ti'hamo

    Que ce soit à l’auteur de ce billet ou à certains des commentateurs,
    peut-être serait il approprié d’appeler à la prudence :
    pourquoi, devant les protestations et les réactions “à chaud”, “émotionnelles”, choisir de désavouer d’emblée un frère (et, pour certains, un confrère) avant que d’avoir bien pris en compte toute la situation ?

    Vous demandez si “l’archevêque de Recife a suffisamment pris en considération les circonstances” ; mais, et vous, et nous, ici, sommes-nous mieux placés ? Tous ceux qui veulent, lui, le condamner ou le blâmer, ont-ils, eux, “suffisamment pris en considération les circonstances” ?

    Il est dit que “l’équipe médicale décide de la faire avorter, une grossesse à son âge comportant de trop gros risques pour être menée à son terme et mettant sa vie en danger”.
    Or, d’après des sources plus précises,
    d’une part la décision d’avortement fut pris sous la pression d’une association, et sur les conseils de travailleurs sociaux,
    alors même que, justement, l’équipe médicale refusait de pratiquer l’avortement, et c’est pour cela que la fillette fut transférée dans un autre centre ;

    d’autre part, que la méthode d’avortement (empoisonnement chimique de l’enfant, à 15 semaines de grossesse, puis élimination chirurgicale) n’était absolument pas sans risques pour la fillette, autre raison pour laquelle la première équipe médicale aurait refusé l’avortement, le trouvant plus risqué, pour la vie de la petite fille, qu’une césarienne !

    Enfin, Mgr Cardoso Sobrino a rappelé qu’en un tel cas les personnes risquent une excommunication de leur propre fait, ce n’est pas lui qui a prononcé une excommunication.
    (d’ailleurs, à ce qu’il semble, la mère ne l’encourt pas forcément, ayant subit des pressions et des informations mensongères).

    Lui-même, d’ailleurs, s’était semble-t-il engagé déjà dans le soutien à cette famille, notamment dans les conseils médicaux et légaux, notamment au père de la fillette, qui refusa l’avortement, et à qui fut caché son transfert dans une autre clinique…

    Dans ces circonstances, comment peut-on, par simple souci de bonne image auprès de médias malhonnêtes et d’une opinion commune mal fondée,
    se permettre de blâmer un frère et confrère, de le désavouer et de lui donner le “mauvais rôle” pour s’octroyer celui, plus facile, de chrétien bon et miséricordieux ?

    J’ose espérer que tout cela n’est dû qu’à une mauvaise information, et sera officiellement et à haute voix rectifié, dans un souci de vérité et de…charité.

    En union de prières.

  9. Tabourin

    Que pensez-vous de votre déclaration, après la lettre signée par le vicaire général du diocèse de Recife  le chancelier, l’avocat de l’archidiocèse, le recteur du séminaire et le curé de Alagoinha disant :

    “…nous avons traité la jeune fille enceinte et sa famille avec toute la charité et toute la tendresse voulues. “

    ou bien :

    “…. Le Curé de la jeune fille a fait des visites quotidiennes à l’hôpital, situé à 230 km... “

    ou encore :

    “…Une ONG qui fait de l’agit-prop en faveur du « droit » à l’avortement, « Curumin », avait eu accès à la mère de la petite et avait obtenu d’elle la signature d’une demande d’avortement (en fait, une empreinte digitale, la mère étant illettrée).”

    ou enfin (mais il faudrait tout citer) :

    “...Il est faux d’affirmer que le fait n’a été divulgué dans la presse que parce que l’Archevêque d’Olinda et de Recife s’est dépêché de prononcer ‘excommunication. Il suffit de constater que le cas a été rendu public à Alagoinha le mercredi 25 février. L’Archevêque s’est exprimé dans la presse le 3 mars et l’avortement a eu lieu le 4 mars. Il serait excessif d’imaginer que la presse brésilienne, qui est bien souvent anticléricale , ait gardé le silence pendant cet intervalle de six jours, devant un fait d’une telle gravité.

    Je me serai plût à penser, que vous, qui avez été un remarquable porte parole de la Conférence des évêques de France, et qui avez été si prompt  à condamner, soyez aussi rapide à faire amende honorable… Il est vrai que cela n’intéresserait guère les médias, n’étant pas dans le sens de l’histoire ni du politiquent correct “droit” à l’avortement.

    Veuillez excuser,  Monseigneur, ce « coup de geule ». Tout le monde peut avoir été abusé. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas « réparer » dans les mêmes conditions….

  10. Elisabeth

    Ce commentaire s’adresse à “samaritain”, auteur du commentaire n°8.
    C’est sans chercher à tout dire, car la quête du dernier mot, de la victoire oratoire, de la supériorié des arguments… c’est la guerre, et la vanité de l'”airain qui sonne”…
    Ne vous enflammez pas de la certitude de savoir, et encore moins de mieux savoir: “laissez Dieu tenir le livre du jugement“, comme disait Péguy, “vous y gagnerez peut-être encore…
    Vos “Monseigneur, monseigneur” ne sonnent pas très juste, dans un texte qui vise à exprimer votre colère et votre mépris. Vous choisissez un Monseigneur contre un autre, quand il faudrait être conscients de notre ignorance et saisis de tristesse et d’espérance. Vous avez peur de la “contagion” d’idées permissives? Des “déviants”? Le Christ n’a pas besoin de défenseurs, il a besoin de serviteurs humbles, de “coeurs brûlants de charité”, hors de quoi nos ratiocinations ne sont que vide et sombre vertige. Doucement… N’est-ce pas Lui qu’il faut regarder? Ce n’est pas telle ou telle cohérence répressive qui forcera des femmes (et des hommes??) à venir se confesser, c’est l’incommensurable tendresse de Notre Sauveur seule qui attire à Lui par Sa grâce, et nous fait supporter cette éclatante “Lumière de la Vérité” qui met en lumière nos fautes…
     Je vous assure de prier bien fort pour résister à la tentation de me sentir plus maline que vous, ou pire encore, plus sainte: mais seulement, “n’ayez pas peur“, “en vain les veilleurs veillent si le Maître ne garde pas la cité”: ne nous prenons pas pour Lui, car quel châtiment nous attend alors, quel jugement?
    C’est Carême, pensons à laisser guérir d’abord nos propres coeurs, avant d’envoyer des médecins, des femmes, des hommes, et des évêques en enfer!
    Pax Christi

  11. c.b

    Monseigneur,

    Je tiens à vous remercier pour votre courage pour dénoncer cette injustice, notre église n ‘en est que grandie.
    Être catholique ce n’est pas être un mouton, et je ne me considére nullement attaché à une quelconque hériarchie.
    Nous avons besoin de pasteur pour suivre l’exemple du christ, seule la justice divine compte.
    Soyons d’abord chrétien, catholique ou autres branches de la chrétienté cela vient après.
    Merci encore pour vos mots qui ont si bien répondus à une juste révolte des coeurs

  12. Laurent

    Toute condamnation automatique (latae sententiae) est nécessairement un non respect de la loi de l’amour .Comment peut elle exister pour régir une communauté chrétienne ?
    Quant à celui qui signe “samaritain” je voudrais lui dire que pour moi, le bon samaritain, dans ce drame, c’est le médecin,l’assistante sociale, qui malgré la menace du prêtre qui condamne, soignent un enfant en danger de mort à terme .

  13. Albert Bidel

    Nous ne pouvons pas être d’accord avec vous Monseigneur

    Il y a un malentendu sur la situation advenue au Brésil.

    L’évêque n’a pas emis lui-même l’excommunication puis que la peine canonique pour ce genre de délit (avortement) est une peine latae sententiae. Une telle peine canonique est automatique dès que le délit est commis et n’a donc pas besoin d’un jugement de tribunal ecclésiastique ni d’une déclaration épiscopale quelconque.

    Je demande à Mons. di Falco de rétablir la vérité sur ce qui concerne son confrère dans l’épiscopat brésilien car il n’est pas celui qui à imposer la peine d’excommunication que lui reproche les médias et à leur suite quelques évêques français.

    Le Brésil n’est pas la France et un devoir de prudence serait de rigueur dans ces cas si sensibles.

    Mons. di Falco, avez-vous téléphoné ou joint votre confrère évêque brésilien avant de vous prononcer ? – J’espère que oui !

    Cordiales salutations

    Albert Bidel

  14. Elizabeth

    Bonjour Père,
    Merci !
    Merci qu’un évêque redise enfin ce qu’est le message d’amour du Christ.
    Merci pour cette petite fille dont la vie est malheureusement meurtrie à jamais
    Merci de redonner un peu d’espoir à cette maman et à toutes celles qui ont vécu ce drame, leur vie a été brisée et que fait l’Eglise au lieu de tendre une main de miséricorde, d’affection d’amour, elle les écrase encore dans une faute qu’elles n’ont pas commise
    Puisse votre message et ceux d’autres évêques et membres de l’Eglise parvenir à cette famille en détresse ainsi qu’au personnel médical de Recife : c’est maintenant qu’ils ont besoin de l’Eglise !
    Je lis dans votre blog qu’une fois de plus vous êtes attaqué – comme dans les Béatitudes- pour cela Merci
    Merci de dire les choses jusqu’au bout et de continuer
    Bon chemin vers Pâques
    Elizabeth

  15. Anne-Ch de Vaucresson

    Monseigneur,

    Pardonnez moi de rester perplexe face à vos déclarations.
    En quoi êtes vous juge d’une situation brésilienne ???
    Votre devoir premier n’est il pas d’être le pasteur de votre diocèse et d’avoir un devoir de réserve envers vos confrères ?
    Ne trouvez vous pas que l’Eglise de France a besoin de remplir ses églises, d’apporter l’Evangile et de venir en aide aux pauvres.
    Pourquoi s’occupez de “politique internationale” bien loin de vos ouailles ? Quelle mode, ont nos evêques de France de toujours se meler des affaires des autres, alors que ils devraient passer leur temps à défiler dans les rues pour défendre la Vie. Il y a assez à faire dans notre beau pays malmené par cette crise morale et materielle que nous subissons de plein fouet.
    Monseigneur, ayez la dignité de continuer de servir votre Eglise et votre Pape dans l’humilité et l’exemple.

    Anne- Ch
    mariée, jeune mère de famille, deux enfants.

  16. Samaritain
    Monseigneur,

    Il est très délicat à un fidèle de polémiquer avec celui qui reste sans doute le meilleur communicateur des évêques de France…


    Venant de prendre connaissance de vos déclarations publiques à propos de Monseigneur l’archevêque d’Olinda et Recife, je me sens obligé de vous apporter mon commentaire.

    Je dois le préciser: je suis un simple Catholique romain français, pratiquant, père de quatre enfants, élevés au sein d’une famille qui tente de vivre selon les Commandements de Dieu et l’enseignement de notre Sainte Mère l’Eglise. Un pécheur, je le regrette, mais qui sait la différence entre le Bien et le Mal et qui ne croit pas que chacun peut faire son Eglise comme il le souhaite

    Puisque vos déclarations sont publiques, souffrez, Monseigneur, que je vous déclare respectueusement mon horreur à les découvrir!

    Ce que vous déclamez contient de la compassion, certes, et je la partage. Mais où se trouvent les enseignements de l’Eglise? Où est Dieu dans votre témoignage?! 

    L’avortement est l’un des crimes les plus horribles qui soient. Mais, malgré votre précaution liminaire sur cet acquis, ce que vos lecteurs ou vos auditeurs retiendront, c’est que vous êtes contre cette excommunication, vous qui êtes successeur des apôtres. Et que ce débat autorise donc une certaine relativité! …

    Mais que savons-nous ce la complicité de cette maman avec les crimes de celui qui n’est d’ailleurs pas son mari devant Dieu? 
    Que savons-nous de sa facilité à fermer les yeux sur ce qui arrivait à sa fille? 
    Que savons-nous des efforts qu’elle a tenté de faire pour que sa famille se comporte de façon chrétienne? 
    Que savons-nous de la tenue morale de cette famille, selon nos critères chrétiens?
    Et si cette maman est un peu responsable, même un peu, des drames survenus à sa fille, comment a-t-elle pu refuser d’assumer sa part de responsabilité, au point d’exiger l’assassinat des enfants que portait sa fille? 
    Et d’ailleurs, sa fille était-elle vraiment d’accord avec cela?… En toute sincérité, Monseigneur, je n’en suis absolument pas certain…

    Et puis: où étaient les prêtres du lieu lorsque survenaient ces drames épouvantables, des années durant? Ou bien lorsque la mère a obligé sa fille a tuer ses petits-enfants? Et où étaient les membres de la famille ou les voisins, durant ces années de torture?…

    Comme vous le voyez, Monseigneur, tout n’est pas si facile!…

    Dans ces conditions, pourquoi donc interpeller publiquement votre confrère sur place, celui qui était “au contact”, comme disent les militaires?! Et pourquoi publiquement surtout?! Ce fait semble indiquer une volonté d’instrumentaliser une opinion publique et une presse incultes en matière catholique. Mais dans quel but? Vous protestez contre la publicité faite à cette affaire, et vous avez bien raison, Monseigneur. Mais pourquoi donc y participer, surtout vous dont le taux de notoriété est si important en France?

    Vous n’aurez rien fait d’autre que semer le doute! Laisser côtoyer l’erreur et la vérité, c’est du libéralisme. Et “le libéralisme est un péché“…

    Dans tous les cas, cette excommunication a eu lieu de fait, quoi qu’on en dise. L’évêque qui l’a décrétée formellement en est juge.
    Qu’elle soit rendue publique est un signal proportionnel adressé aux Catholiques “mous” ou peu formés, qui sauront que ce péché ne peut être accepté par la communauté de ceux qui travaillent à aller au Ciel (en essayant d’en entraîner le plus possible avec eux).
    Les athées, les agnostiques, les croyants d’autres religions ou de sectes, ne sont évidemment pas concernés.

    Or, vous le savez, les sectes sont l’une des plus grandes plaies du Brésil, et l’avortement y fait des ravages abominables. 


    Etes-vous bien certain, Monseigneur, qu’avec ces déclarations publiques, vous aurez aidé une âme à gagner le Ciel?

    Avez-vous vraiment trouvé, dans ce drame, un moyen de légitimer ces deux assassinats? Non, je m’en doute! Mais alors, pourquoi ne commencez-vous pas par les condamner et par prêcher contre l’avortement?! “Que votre oui soit oui, que votre non soit non, tout le reste provient du démon“… 
    Le suivi spirituel de ces deux pauvres femmes sera certainement réalisé par les prêtres de la paroisse où elles demeurent, mais vous, Monseigneur, vous en êtes un peu loin…

    Malgré le respect que m’inspire votre sacerdoce, je crains que ces déclarations ne vous soient reprochées, le jour de votre jugement, car vous êtes le pasteur et cette maman est la brebis égarée. La mission d’un pasteur est de marcher devant les brebis… pas avec elles.

    Enfin, il me faut ajouter un point: une excommunication peut se lever. Elle exige, -au moins- le repentir sincère et profond du pécheur. Croyez-vous sincèrement, Monseigneur, que grâce à vos déclarations, les femmes qui ont eu à provoquer un avortement, vont avoir envie de se confesser? Ou bien que celles qui qui se posent la question seront retenues grâce à vous?

    L’excommunication constitue la sanction terrible d’un péché terrible, destinée à empêcher la contagion! 
    Mais, nous sommes la religion du pardon: “à tout péché miséricorde“… surtout si l’on regrette, que l’on demande pardon, et que l’on prend la résolution de ne plus recommencer et de faire pénitence…

    Il faut bien rappeler, si j’en crois le Catéchisme de l’Eglise Catholique, que de très nombreuses autres personnes sont malheureusement excommuniés de fait. C’est le cas de ceux qui votent pour des hommes politiques favorables à l’avortement, par exemple. C’est le cas des francs-maçons, aussi. Le cas de nombreux autres déviants. Allez-vous protester contre ces excommunications aussi?

    Vous savez utiliser Internet. Faites-donc chercher, Monseigneur: il n’y manque pas d’exemples et de témoignages de femmes qui ont subi cette épouvantable épreuve d’un viol suivi d’une grossesse, et qui témoignent publiquement de leur foi en expliquant pourquoi elles ne tuerons pas (ou n’ont pas tué) leur bébé. N’aimeriez-vous pas citer ces exemples aussi?

  17. Pierre RASTOIN

    Merci, cher Père, pour la clarté de votre intervention.
    Attentif comme vous à la question : qu’aurait-Il fait ? Je me remémorais que devant un cas de conscience du même ordre, il écrivait sur le sable… Je ne te condamne pas ! Mais il a ajouté : ne pêche plus ! Peut-être ne pouvait-on rien attendre d’un évêque mis là pour liquider l’héritage de Don Helder Camara. Qu’il parte vite à la retraite, il en a l’âge… Ma colère va vers le Cl Re qui, dans le confort ouaté du Vatican, le soutient sans état d’âme ! Connaît-il, comme vous le Droit Canon ? Il le devrait. A-t-il seulement lu l’Evangile de Jean ?
    Un bon coup de jeune sur tous ces gérontes qui nous gouvernent nous ferait du bien. Je ne peux mp’empécher de penser aux derniers jours de l’Union Soviétique, on sait ce qu’il en est advenu. Je crois encore que l’Esprit Saint va faire souffler un vent salutaire.
    Pardon pour ma colère, sans fausse modestie je pense que Jésus en aurait piqué une belle lui aussi !
    Pierre Rastoin, Marseille

Les commentaires sont fermés.