You are currently viewing 11 août 2022 Messe pour demander une bonne pluie à la chapelle Ste Philomène de Montmaur

Pour comprendre le sens de cette messe pour une bonne pluie

Reportage BFM DICI

https://www.bfmtv.com/bfm-dici/replay-emissions/bonjour-dici/hautes-alpes-une-priere-pour-la-bonne-pluie-a-montmaur_VN-202208120112.html

Homélie

La parole de Dieu de ce jour a été choisie spécifiquement pour cette messe pour demander une bonne pluie.

Ce terme bonne pluie m’est apparu juste. Il provient d’une prière proposée en 2005 par le père Jean-Marie Lefebvre, actuellement à la maison st Marcellin des prêtres aînés. Car les habitants de la Clarée savent qu’un trop gros orage coupe leur route ! Donc nous prions pour une bonne pluie, avec confiance et responsabilité. Car s’il est certain que Dieu s’occupe de nous, c’est le sens de la première lecture, notre responsabilité en est encore plus grande, c’est le sens de l’évangile.

Avec le livre de la Genèse, émerveillons-nous de la création et rendons grâce au Créateur. 

Que nos montagnes sont belles ! Laudato Si, loué sois-tu, pour reprendre la parole de st François que le pape François a mis comme titre à son encyclique sur la sauvegarde de la maison commune. 

Dieu lui-même après avoir créé le Ciel et la Terre, « vit tout ce qu’il avait fait ; … cela était très bon. »

Quel étonnement devant la  nature : « La terre produisit l’herbe, la plante qui porte sa semence, selon son espèce, et l’arbre qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. Et Dieu vit que cela était bon. »

Le psalmiste éclate en louange : « Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Revêtu de magnificence, tu as pour manteau la lumière. De tes demeures tu abreuves les montagnes, et la terre se rassasie du fruit de tes oeuvres. »

Mais ensuite inquiétons-nous à juste titre.

Le tableau n’est pas reluisant. Nos montagnes sont encore plus dangereuses en raison des chutes de pierre suite au réchauffement. Nos frères et sœurs paysans perdent leurs cultures, et donc leurs moyens de vivre. La nature elle-même souffre. Des arbres meurent. De nombreux feux de forêts se développent partout en France. C’est aussi toute l’économie du loisir qui est touchée.  Les lacs des barrages hydroélectriques sont historiquement bas, avec des risques de coupure d’électricité cet hiver, aggravés par l’invasion russe de l’Ukraine. Les rivières sont basses, entraînant de grandes inquiétudes sur l’alimentation en eau potable de villes comme Gap, et des conflits importants, car l’eau devient une source de tensions. Enfin, à la maison, des fissures peuvent apparaître suite à la sécheresse.

Alors que faire ?

Comme Chrétiens, notre première mission est de prier Dieu, avec confiance. De nombreux pèlerinages avaient lieu dans nos montagnes pour prier Dieu. Car ce n’est pas d’aujourd’hui qu’il y a des sécheresses dans les Hautes-Alpes. Il y a certes peut-être des raisons cycliques aux sécheresses, mais ne nous voilons pas la face, notre activité humaine a des conséquences importantes et cela s’accélère.

A l’occasion de ma visite pastorale dans la paroisse en mai dernier, j’ai appris que cette chapelle ste Philomène était le point d’aboutissement d’un pèlerinage pour demander la bonne pluie, qui partait à pieds de l’église de Montmaur, avec la statue de saint Pierre. La statue a été volée et le pèlerinage s’est arrêté. La technique et l’irrigation semblait tout résoudre. Mais on constate cette année que la technique ne peut tout faire. Alors on retrouve la prière. Le Notre-Père, la prière que Jésus lui-même a enseignée à ses apôtres est en deux partie : une louange à Dieu, avec le pronom Toi : « que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite »… est suivie de plusieurs prières de demandes, avec le pronom nous : « donne-nous aujourd’hui
notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses…, ne nous laisse pas entrer en tentation…, délivre-nous du Mal. »

Demander à Dieu, c’est reconnaître qu’il est Dieu, qu’il est créateur, et que nous sommes de la Création.

Alors nous allons le prier avec confiance, et mettons notre prière dans les mains de Ste Philomène. Certes, elle fait partie des saintes dont on a peu d’assurances historiques. Aussi en 1961, l’Église a supprimé la fête de Philomène des calendriers liturgiques. Mais cela n’empêche pas de la prier ! Saint Pie X, pape, disait d’elle le 6 juin 1907 : « Le grand argument en faveur du culte de sainte Philomène, c’est le curé d’Ars. Par elle, en son nom, au moyen de son intercession, il a obtenu d’innombrables grâces, de continuels prodiges. Sa dévotion envers elle était bien connue de tous, il la recommandait sans cesse. (…) Cette âme a été si aimée de Dieu, si agréable à l’Esprit-Saint, qu’elle a obtenu les grâces les plus merveilleuses pour ceux qui eurent recours à son intercession… »

Au moment de l’action de grâce après la communion nous prendrons ensemble la prière pour demander une bonne pluie.

Mais prier avec confiance nous engage à prendre notre part de responsabilité et de décisions personnelles.

Déjà en 2017, je vous invitais à trois jours de prière, les 8-9 et 10 décembre 2017 pour demander à Dieu la pluie.

Dans mon message de l’époque, j’écrivais : « prier pour que vienne la pluie c’est – par voie de cohérence – réfléchir à nos pratiques quotidiennes de consommation d’eau et aussi aux choix d’alimentation, de transport, de chauffage qui participent au dérèglement climatique. Nous sommes alertés très souvent sur les incidences de notre style de vie sur ce dérèglement. Et si nous prions en vérité pour que vienne la pluie, l’Esprit nous donnera assez d’imagination et de persévérance pour avoir une pratique quotidienne de respect de la création. Le Dieu que nous prions, le Dieu de l’Alliance nous a voulu partenaires de son œuvre de création et par la prière, par le cri que nous lui adressons nous ne nous exemptons pas de nos responsabilités, de nos vigilances. »

La parabole des Vierges sages et des Vierges folles est a propos. Face aux difficultés du temps, elle vise à notre mobilisation spirituelle. C’est une allégorie : les vierges sont les âmes, l’époux est le Christ et son arrivée tardive renvoie au Jugement dernier. Notre attitude doit être de  vigilance. L’huile signifie la foi ou l’amour. 

Les dix vierges sont dans l’attente, tout comme nous qui attendons l’union définitive à Dieu, laquelle ne se réalise que dans la mort. Certaines sont prévoyantes, d’autres insouciantes.

Face au manque d’eau, sommes-nous insouciants, continuant nos pratiques comme si de rien n’était, ou prévoyants, participants à l’effort collectif ?

Dans quel état le Christ trouvera le monde à son retour glorieux ? En guerre, en sécheresse extrême, etc ? On pourrait paraphraser la Genèse : « Dieu vit tout ce que nous avons fait ; cela n’est très bon… » Ou paraphrasant l’Evangile : « les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !” Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. »

Alors, pour répondre à l’invitation de Jésus, « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. », soyons des veilleurs, sur nos propres pratiques, alors nous pourrons chanter encore avec le psalmiste : « Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur ! Tout cela, ta sagesse l’a fait ; la terre s’emplit de tes biens. » Amen. 

La Parole de Dieu de cette messe

Lecture du livre de la Genèse (chapitre 1)

01 AU COMMENCEMENT, Dieu créa le ciel et la terre.

11 Dieu dit : « Que la terre produise l’herbe, la plante qui porte sa semence, et que, sur la terre, l’arbre à fruit donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. » Et ce fut ainsi.

12 La terre produisit l’herbe, la plante qui porte sa semence, selon son espèce, et l’arbre qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. Et Dieu vit que cela était bon.

29 Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture.

30 À tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui va et vient sur la terre et qui a souffle de vie, je donne comme nourriture toute herbe verte. » Et ce fut ainsi.

31 Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon.

PSAUME 103

01 Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Revêtu de magnificence, 02 tu as pour manteau la lumière !

13 De tes demeures tu abreuves les montagnes, et la terre se rassasie du fruit de tes oeuvres ; 14 tu fais pousser les prairies pour les troupeaux, et les champs pour l’homme qui travaille. 

De la terre il tire son pain : 15 le vin qui réjouit le coeur de l’homme, l’huile qui adoucit son visage, et le pain qui fortifie le coeur de l’homme.

24 Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur ! + Tout cela, ta sagesse l’a fait ; * la terre s’emplit de tes biens. 

27 Tous, ils comptent sur toi pour recevoir leur nourriture au temps voulu. 28 Tu donnes : eux, ils ramassent ; tu ouvres la main : ils sont comblés.

Evangile Matthieu 25,1-13

01 « Alors, le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.

02 Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : 03 les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, 04 tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile.

05 Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.

06 Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”

07 Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe.

08 Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.”

09 Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”

10 Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.

11 Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”

12 Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”

13 Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.