Texte de base (oral un peu différent)

Vraiment ce viticulteur n’est pas un bon gestionnaire. Il paie ses ouvriers agricole au même tarif, un denier, peu importe le temps de travail effectué. Et en plus il est injuste.

I. On peut en effet commencer par faire une lecture économique de cet évangile, de cette parabole.

Parfois, la fécondité est plus importante que l’efficacité. Parfois il faut savoir remercier pour un travail exceptionnel, je pense à tous les dévouements extraordinaires pendant cette pandémie.

Notre société a finalement intégré cette dimension de la fécondité, par exemple par les avantages pour les travailleurs porteur de handicap. C’est reconnaître que leur vie vaut plus que leur force de travail. Il y a aussi un salaire minimum, un salaire pour les arrêts maladies, etc. L’efficacité immédiate, la productivité, n’est pas le seul critère. Mais aussi ce que la personne apporte à toute la société, mais aussi le besoin réél de cette personne. C’est le sens du salaire minimum, le sens de ce qu’on pourrait appeler un salaire maternel, pour reconnaitre le travail pour l’ensemble de la société de ceux qui accueillent largement le don de la vie.

Je prends un autre exemple qui peut nous toucher personnellement : Parfois il faut accepter de décider de ne pas travailler le dimanche pour respecter le jour du Seigneur, si important pour ma relation à Dieu et pour la vie de famille, plutôt que de gagner plus d’argent. Je sais bien que c’est audacieux de vous dire cela dans une zone d’agriculture, ou parfois il faut savoir rentrer les foins avant la pluie, et dans une zone de ski où il est bien nécessaire de travailler le dimanche. Alors la question est : comment quand même si je suis obligé de travailler le dimanche, comment sanctifier le jour du Seigneur d’une autre manière ? Puis-je aller à la messe un jour en semaine ? Car le soucis, quand on commence à ne plus aller à la messe, c’est qu’on se rend compte que sa vie n’est pas plus mauvaise, que Dieu ne me punit pas, car il n’est pas comme cela notre Dieu. 

Et alors on perds le goût de la messe, le sens de la messe, et alors cela ne nous fait plus rien de ne pas y aller.

II. Après cette lecture économique, vous sentez bien qu’il y a également une lecture plus profonde de cette parabole : notre Dieu est un Dieu de surabondance, de générosité. Il veut nous combler au delà de nos espérances. Car ceux qui sont venus au dernier moment n’espérait pas être payé autant. C’est le Dieu du surcroit d’amour, pas du rendu pour rendu. Il veut que nous ouvrions nos coeurs, pas que nous restions dans une justice que les spécialistes appellent une justice distributive. Mais que nous nous ouvrions à la générosité divine.

On comprends alors cette parole du prophète Isaïe notre première lecture : « mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, – oracle du Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. »

Jésus nous invite à penser comme Dieu, pas à nous limiter à un niveau trop terrestre.

A poser des actes de foi, qui sont parfois au-delà du raisonnable.

Dans la parabole, on peut y lire aussi la question des nouveaux convertis par rapport aux chrétiens de naissance pourrait-on dire. Dieu fait miséricorde de la même manière. Le premier à entrer au paradis, vous le connaissez, c’est le bon larron, qui n’a pas eu une vie recommandable. Avant les apôtres.

III. Enfin une troisième lecture peut-être faite : « Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : ‘Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?’ Ils lui répondirent : ‘Parce que personne ne nous a embauchés.’ » C’est terrible comme réponse : personne ne nous a embauché ;  on ne vaut rien. Alors Jésus leur dit : « Allez à ma vigne, vous aussi.’ » 

Alors frères et soeurs, au terme de cette visite pastorale, je voudrai vous embaucher à la vigne du Seigneur.

Quelque soit aujourd’hui votre relation personnelle à Jésus.

Je suis certain qu’il veut vous donner autant qu’à moi.

Je suis certain qu’il veut vous donner de belles choses. Son amour.