Homélie de la messe d’installation du curé du Champsaur-Valgaudemar

Homélie 15 septembre 2019 – TO24

Installation du père Jean-Guy comme curé de Saint Bonnet – messe à 10h00

 

« Il m’a été fait miséricorde. » répète par deux fois st Paul dans sa lettre à Timothée.

Chacun de nous frères et sœurs, nous sommes le résultat de la miséricorde de Dieu. Nous avons approfondi ce thème lors de l’année de la miséricorde : « misericordia », un cœur qui accueille ma misère. « Je suis plein de gratitude envers celui qui me donne la force, le Christ Jésus notre Seigneur, car il m’a estimé digne de confiance lorsqu’il m’a chargé du ministère » ajoute st Paul.

Tous les textes de cette messe, qui sont les textes du 24ème dimanche du TO sont me semble-t-il un message que le Seigneur nous adresse alors que j’installe parmi vous comme curé le père Jean-Guy, avec ses vicaires Bienvenu et Rija (encore un vicaire virtuel que nous espérons rapidement réel). Nous avons aussi une pensée et une prière pour votre ancien curé, le père Jean-Pierre Oddon, qui après beaucoup d’année de mission a demandé à souffler en reprenant des études à Lyon avec la communauté du Prado. Nos prières l’accompagnent. Revenons aux lectures du jour : Il y a comme une circulation de miséricorde :

Dieu a fait miséricorde au père Jean-Guy, le père Jean-Guy est une miséricorde pour vous, et vous êtes une miséricorde pour lui. Le père Jean-Guy, votre nouveau curé, est une miséricorde pour vous paroissiens du Champsaur. Et aussi paroissiens du Haut Champsaur, dont il va être l’administrateur provisoire, même si j’espère vous confier à un autre pasteur dans un avenir pas trop lointain. Bien sûr quand je parle du curé, je pense aussi à ses vicaires.

Dans la première lecture, Moïse demande à Dieu de se montrer miséricordieux, ce à quoi Dieu consent. Alors même que le peuple élu s’était écarté du vrai Dieu et s’était fait un Dieu sous la forme d’une statue en or d’un petit veau.

Cela peut nous arriver de quitter le vrai Dieu et de nous faire des statues en or : le ballon d’or du foot, le lion d’or pour le cinéma, la médaille d’or dans tous les sports, etc… Le Seigneur dit encore à Moïse : « Je vois que ce peuple est un peuple à la nuque raide. Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s’enflammer contre eux. »

Cela me fait penser aux pleurs de la Vierge Marie à La Salette, apparition de Notre-Dame chère à nos pères missionnaires de la Salette. Oui, nos infidélités font pleurer Marie ; oui, nos infidélités blessent le cœur de Dieu. Mais Dieu avait envoyé Moïse. Dieu vous a envoyé vos prêtres. Comme Moïse, ils ne vont pas commencer par vous faire des reproches, mais ils vont se mettre en prière : « Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d’Égypte par ta grande force et ta main puissante ? Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Israël. »

Oui, chers Jean-Guy, Bienvenu et à distance cher Rija, votre première mission est de prier pour le peuple de Dieu que je vous confie au nom de Jésus. Et c’est aussi votre vocation comme religieux. J’ose le dire, ne perdez pas votre vie religieuse par le trop plein de ministère sacerdotal. La priorité est votre temps de prière, la priorité est votre messe quotidienne, la priorité est la prière du bréviaire, la priorité est la prière du Chapelet. Vous pouvez compter aussi sur la prière des petites sœurs de Jésus. Quelle chance vous avez dans cette paroisse ! J’en profite pour remercier petit sœur Noëlle, qui va bientôt quitter saint Bonnet.

Ensemble vous présenterez au Seigneur vos brebis, les 99 et la brebis perdue.

Car j’en viens à l’évangile. Jésus proclame la miséricorde à travers 3 histoires, 3 paraboles, dont votre curé à ma demande n’a lu que les deux premières, comme la possibilité en est indiquée sur le lectionnaire. Le berger a 100 brebis et en perd une. Que fait-il alors ? Il laisse les 99 autres dans le désert et il part à la recherche de la brebis perdue. Oui, comme père de votre communauté paroissiale, comme berger de ce troupeau, ce n’est pas la masse des chrétiens que vous rencontrerez, mais c’est bien chacun et plus particulièrement les plus fragiles. Concrètement, comment dans votre agenda conserver du temps pour les visites à domicile, les visites des malades, mais aussi la visite systématique de toutes les maisons de tous les villages. Vous allez me répondre, «vu le nombre de villages dont nous avons la charge, c’est impossible ». Certes, mais priez Dieu pour qu’il vous montre la maison où est la brebis perdue. Le grand verbe du Pape, c’est sortir. Comme pères missionnaires de la Salette, missionnaires, vous ne pourrez pas rester dans votre presbytère, mais vous sortirez pour visiter vos brebis. J’ai bien connu comme curé moi-même les plaintes des paroissiens : si vous êtes trop sur le terrain, on n’arrive jamais à vous joindre au bureau, et si vous êtes trop au bureau, on ne vous voit jamais sur le terrain.

Priez pour trouver le bon dosage. A dire vrai, je préfère le premier reproche, car au bureau vous pouvez avoir des personnes qui font l’accueil et vous avez une super secrétaire !

L’autre parabole, celle de la femme qui a 10 drachmes, 10 pièces d’or, et en perd une. Elle balaie la maison et fini par la retrouver. Elle travaille, elle balaie, elle se fatigue ! La mission, c’est peineux, nous le savons tous. Mais à la fin de ces deux paraboles, la conclusion est la même : la joie. « C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion. » et « Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. » Je vous souhaite cher père Jean-Guy, cher père Bienvenu, et à distance cher père Riza, cette même joie pastorale, reflet de la joie de Dieu.

Des hommes de prière qui présentent leur peuple à la miséricorde de Dieu, des missionnaires qui vont à la recherche de toutes les brebis perdues du Champsaur et du Haut-Champsaur. Ce sera votre joie. Amen !

Mgr Xavier Malle

Fermer le menu