Le 6 juin 2020, Mgr Xavier Malle a institué Lecteur et Acolyte, M. Frédéric Jory, en vue du diaconat permanent, en l’église paroissiale de Tallard.

L’évènement rapporté par saint Marc se situe au paroxysme de la crise entre Jésus et les dirigeants d’Israël. Dans la première partie de l’évangile, Marc rapporte qu’après avoir remis à leur place les pharisiens et les sadducéens, Jésus n’hésite pas à dire aux scribes, c’est à dire aux savants de l’époque, leur hypocrisie et leur vanité : vêtements d’apparat, sièges d’honneur. Ils sont tellement imbus d’eux-mêmes, qu’ils oublient que le vrai scribe, le vrai maître, c’est Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, le Dieu Trinité que nous fêterons demain dimanche de la Ste Trinité.

La seconde partie nous montre Jésus, en vrai scribe : il s’assois dans le Temple, en face de la salle du trésor, et observe comment la foule y met de l’argent. Tout dirigeant d’association, tout curé, pourra le confirmer : C’est pas forcément les plus riches qui donnent le plus, mais certes, « Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes. » Et c’est juste et bon, et on ne va pas leur reprocher. Mais on oublie souvent de remercier la pauvre veuve qui a mis dans le Trésor plus que tous les autres. » Car commente Jésus : « tous ont pris sur leur superflu ; elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. » Là, certes on remercie la pauvre veuve, mais peut-être aussi  frères et soeurs qu’on essaie d’en tirer des conséquences pratiques pour chacun d’entre nous, concernant notre générosité.

Cher Frédéric, en ce jour où je vous institue lecteur et acolyte, ce qu’on appelait dans le temps les ordres mineurs, il me semble que Notre Seigneur vous invite à la générosité dans votre démarche. Là je ne parle pas de ce que vous allez mettre à la quête ! Mais la générosité de votre marche vers le diaconat, et aussi celle de votre épouse et de vos enfants ; j’en suis le témoin. Aujourd’hui est une nouvelle étape dans le don de vous-même. Le lecteur et l’acolyte est déjà tout donné, je le rappellerai dans un instant, à la prière, au partage de l’Eucharistie dans la communauté, et à la proclamation de la Bonne nouvelle.

Vous allez être institué lecteur. Et pour reprendre la première partie de l’Evangile, vous n’oublirez pas que c’est l’Esprit Saint qui enseigne dans les coeurs alors que vous lirez la parole, et que plus tard, ordonné diacre, quand vous prêcherez, ce ne seront pas vos propres idées et inclinations, aussi légitimes puissent-elles être, que vous prêcherez, mais bien la Parole de Dieu telle qu’elle est transmise par la tradition de l’Eglise Catholique. Ce ne sera pas vous au centre, mais la miséricorde de Dieu. Et St Paul dans cette lettre magnifique à Timothée, notre première lecture, le détaille à son jeune disciple, avec des verbes magnifiques : proclame, encourage, garde la mesure, supporte la souffrance, évangélise.

Nous avons aussi entendu cette pépite de st Paul : « Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. »

Ne cherchons pas à proclamer du nouveau, mais à transmettre la Parole de Dieu, dans toute sa profondeur. 

Vous allez aussi être institué acolyte, pour servir à l’autel, distribuer la communion aux fidèles et la porter aux malades. C’est un très beau ministère. Le manque pendant le confinement nous a paradoxalement fait comprendre que la messe est un tout : la table de la parole et la table de l’Eucharistie. Que par les retransmissions, nous vivions assez bien de la table de la parole, mais que c’était plus difficile de nous rendre présent à l’Autel où le prêtre offre le pain et le vin qui vont devenir le corps et le sang du Christ. Il nous manquait quelque chose. Comme l’a décrit d’une manière simple un prêtre : « l’autel n’était pas réellement dans mon salon, pas davantage que le prêtre ou, plus encore, que le corps eucharistique de Jésus ! (…) La messe n’était pas célébrée dans notre maison, mais sa diffusion peut permettre de nous rendre spirituellement présents à ce qui est réellement célébré dans l’église à ce moment-là. » Il soulignait combien cela soulignait « la dimension corporelle de notre identité chrétienne (…). La vie chrétienne suppose une rencontre charnelle avec le Seigneur dans son Corps qu’est l’Église.»

Nous sommes dans la joie de nous retrouver ce soir. Amen !

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