You are currently viewing 20210805 « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » L’inattendu de Dieu – homélie Fraternité Pentecôte au Laus

Saint Pierre, comme les hébreux avant lui, ont été confronté à l’inattendu de Dieu.

Homélie du Jeudi 5 août 2021 au Sanctuaire Notre-Dame du Laus pour la Session Fraternité Pentecôte – Fête de la dédicace de Ste Marie Majeure

« Pourquoi avoir amené l’assemblée du Seigneur dans ce désert où nous allons mourir, nous et nos bêtes ? Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte, et nous avoir amenés dans ce lieu de malheur ?

« Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. »

Saint Pierre, comme les hébreux avant lui, ont été confronté à l’inattendu de Dieu.

Dans un éditorial d’avril dernier, un ancien coordinateur de ‘Fraternité Pentecôte’, parlait justement de l’inattendu de Dieu. Je ne sais s’il est parmi nous mais je me permet de le citer : « N’en doutons pas, notre Dieu est bien présent en toute situation, et même la plus inattendue ! On peut même dire que c’est aussi son Nom : IL est l’Inattendu ! Notre rencontre personnelle avec Jésus n’a-t-elle pas été, pour la plupart d’entre nous, « inattendue » ? Et nous savons que la route ne sera jamais achevée…C’est d’ailleurs l’expérience de Jésus au quotidien : il n’a cessé de vivre et d’accueillir l’inattendu dans chaque situation et chaque rencontre. » Il poursuit sur l’actualité : « En ce temps d’incertitude particulièrement forte, qu’il est bon d’expérimenter cela, dès le réveil ! Qu’il est bon de se redire que Jésus est le Seigneur de TOUT, et que nous n’avons rien à craindre. Que cela devienne notre « respiration »… pour notre plus grande joie! »

Les apôtres n’ont cessé de vivre cet inattendu de Dieu. D’abord leur appel, au bord du lac de Galilée. Puis ils le suivent mais rien ne se passe comme ils l’avaient imaginé ; au contraire, Jésus leur annonce « qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. » Pierre le refuse et s’attire une réplique cinglante : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Là est le noeud : discerner quelle est la pensée de Dieu, c’est à dire quel est son dessein, à travers chaque évènement heureux ou malheureux de notre vie et de la vie du monde.

J’ai reçu cette semaine la revue annuelle de l’abbaye bénédictine de Kergonan, en Bretagne. Le père abbé dans un très bel éditorial y cite la lettre apostolique du pape François à l’occasion des 150 ans de la déclaration de st Joseph comme patron de l’Eglise universelle, intitulée ‘Patris corde’, avec un coeur de Père, au § 4 : « Bien des fois, des évènements dont nous ne comprenons pas la signification surviennent dans notre vie. Notre première réaction est très souvent celle de la déception et de la révolte. » Le père abbé commente : « Sans aucun doute, ce qu’il est légitime d’appeler dorénavant une pandémie, entre dans ce type d’événement. Voici un peu plus d’un an notre monde prenait progressivement conscience de l’étendue d’un mal qui s’installerait pour de longs mois. Ordres et contrordres, avis et contravis se sont succédé. De nombreuses théories furent échafaudées. Chacun voulait comprendre, chacun croyait comprendre. Et finalement ces « pourquoi » ne trouvent toujours pas de réponse. » Dans ‘Patris corde’, le pape François poursuit : « Joseph laisse de côté ses raisonnements pour faire place à ce qui arrive et, aussi mystérieux que cela puisse paraître à ses yeux, il l’accueille, en assume la responsabilité et se réconcilie avec sa propre histoire ». Le Père Abbé commente : « Loin de dénoncer une sorte d’injustice qui frapperait celui-ci ou celle-là, loin de récriminer contre un Dieu qui ne se soucierait pas de lui, saint Joseph nous fait découvrir une disposition de cœur libératrice, porteuse de paix et d’amour, de générosités sans nombre. Si pour l’homme contemporain découvrir sa propre fragilité est toujours une épreuve, découvrir que le monde dans lequel il vit est aussi fragile que lui, peut produire une véritable remise en cause de ses croyances sur l’homme. »

Le pape poursuit : « Joseph laisse de côté ses raisonnements pour faire place à ce qui arrive et, aussi mystérieux que cela puisse paraître à ses yeux, il l’accueille, en assume la responsabilité et se réconcilie avec sa propre histoire. Si nous ne nous réconcilions pas avec notre histoire, nous ne réussirons pas à faire le pas suivant parce que nous resterons toujours otages de nos attentes et des déceptions qui en découlent. »

Marie également et ô combien, a accueilli l’inattendu de Dieu, c’est à dire l’Esprit Saint, car rappelons-nous que l’ange est venu chez elle alors qu’elle avait déjà discerné sa vocation, qu’elle était fiancée à Joseph. Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire ? » Elle ne rembarre pas l’ange, mais demande comment cela va se faire ! Alors l’Ange lui dit que l’Esprit Saint viendra sur elle.

En cette fête de la dédicace de Ste Marie Majeure, demandons à la Vierge Marie d’intercéder pour que nous puissions accueillir dans la paix et la joie l’inattendu de Dieu, l’Esprit Saint, pour vivre l’inattendu de Dieu dans le monde et dans nos vies. Jésus, Joseph et Marie, c’est toute la Sainte Famille qui vit au quotidien l’inattendu de Dieu ! Amen.