You are currently viewing 20210912 « Sur Lui, la mort n’a plus aucun pouvoir. » Mais sur nous ? Homélie pour la sépulture du père René Combal ancien recteur du Laus

« Sur Lui, la mort n’a plus aucun pouvoir. » Voilà la foi de saint Paul dans sa lettre aux Romains. « Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus. » Mais est-ce à dire que sur nous aussi la mort n’a plus aucun pouvoir ? « Ô Mort, où est ta victoire ? Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ? » s’interrogera le même saint Paul dans sa lettre aux Corinthien au chapitre 15. Il me semble, là où j’en suis arrivé de ma méditation sur la mort, que si la mort n’a plus une victoire définitive sur nous, elle reste un aiguillon pour chacun de nous sur cette terre. Si notre société voulait nous cacher la mort, la pandémie l’a remise au premier plan. Et le père Combal en a eu l’expérience tôt en enterrant ses parents alors qu’il était jeune. Alors parfois nous espérons laisser une trace sur cette terre, tout en reconnaissant la vanité de cette espérance. Car nous le savons, il ne restera de nous pour l’éternité que l’amour que nous avons donné et reçu. Tout le reste s’efface sur cette terre, et plus vite qu’on le pense. Nos cimetières sont pleins de tombes abandonnées et dans nos bibliothèques, les livres anciens se couvrent vite de poussière !

Alors, qu’est-ce qu’il restera du cher père René Combal dans quelques siècles. Ses recherches sur les apparitions et sur Benoîtes, ses livres, pourtant choses importantes ? En fait il restera ce qui explique votre présence chers frères et soeurs ici, il restera ce qui est vivant dans vos coeurs et le restera pour l’éternité. Le père René Combal vous a accueilli au Laus, de 1972 à  2018, soit 46 ans de présence au Laus. Ce prêtre en aimant et en servant Marie et la bergère Benoîte, vous a servi et donné Jésus. Comme m’a dit quelqu’un : « C’était un bon prêtre, un grand ami de Benoite et totalement donné au ministère. »

La mort nous est aussi un aiguillon pour notre conversion. « L’homme ancien qui est en nous, dit encore saint Paul, a été fixé à la croix avec lui, pour que cet être de péché soit réduit à l’impuissance, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. » Certes, mais si je meurt tout à l’heure d’un accident de voiture, avec tous mes péchés non encore avoués et pardonnés depuis ma dernière confession ? Comment pourrai-je me présenter ainsi devant Dieu ? Cela peut nous angoisser, à juste titre finalement, Dieu étant tellement amour et moi tellement rien du tout. On lit dans les manuscrits du Laus « Une femme malade négligeait de se confesser. La bonne Mère dit à Benoîte d’aller chercher un prêtre car l’affaire pressait. Ce qu’elle fit. Et cette femme mourut le lendemain ». CA G. p. 235 V  [281] – année 1711

Donc la Bonne Mère Veille. Le père René avait une grande confiance en Marie. C’est pourquoi il n’a pas hésité à me répondre OUI, quand je lui ai demandé  à l’hôpital s’il était prêt pour le Ciel. Il m’ a dit « en plus tout est prêt chez Aubin ! Je veux que cela soit vous qui présidiez et qui prêchiez et que ce soit au Laus, pour la messe et pour la sépulture. » Intérieurement je me suis dit : « il va falloir attendre un peu père René, car j’ai la visite ‘ad limina’ à Rome et c’est obligatoire pour les évêques. » Il a donc attendu un peu. Pas assez pour que je le revoie, mais assez pour que je sois ici cette après-midi avec vous, et surtout symboliquement pour nous quitter la veille de la fête de la nativité de Marie. Notre Dame du Laus qu’il aimait tant est venu le chercher. Car sa confiance en Marie était grande. Hier à l’homélie des Vêpres, avant le renouvellement de la consécration du diocèse à la Sainte Vierge, j’ai raconté l’histoire vraie d’un moine, ancien soldat, qui avant de mourir écrivit à sa maman : « Quand vous recevrez cette lettre, petite mère, votre fils sera au Ciel près de la Vierge Marie. » Il confia la lettre à un ami moine qui s’étonna : « Êtes-vous si sûr d’aller au Ciel ? Vous n’avez pas toujours été un ange (car il avait eu une vie peu recommandable avant sa conversion) ! » Le mourant répondit : « Un ange ! Je ne suis pas un ange, mais il ne s’agit pas de moi, il s’agit d’Elle ! Je la connais, je suis sûr qu’Elle languit de me voir ! » « Vous dépassez les bornes, la sainte Vierge ne se languit tout de même pas de vous ! » « Non, je n’exagère pas, l’Immaculée me désire près d’elle. » Comme l’ami moine esquissait un sourire, le vieux soldat se redressa et lui posa en face cette question : « Dites-moi, oui ou non, l’est-Elle ou ne l’est-Elle pas ma mère ? » Nous avons entendu en évangile saint Jean raconter les dernières paroles de Jésus en Croix : « Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’elle aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère ».

Il me faut ajouter qu’en plus René, avait une grande soeur au Laus, Benoîte. Feu père Félix Caillet parlait de sa copine Benoîte. Le père René n’aimait rien tant que le récit de la mort de Benoîte et c’est pourquoi il va nous être lu tout à l’heure.

Amis théologiens, ceci n’annule pas la doctrine du purgatoire ! On lit encore dans les manuscrits : « Benoîte sut qu’un homme qui s’était préparé trois ans à bien mourir n’était pas resté longtemps au purgatoire ». CA G. p. 207 II [253] – année 1703

« Sur Jésus, la mort n’a plus aucun pouvoir. » Sur nous, elle nous laisse cependant un immense sentiment de vide.  Le Ciel se remplit toujours trop vite à notre goût. C’est le troisième chanoine de la Cathédrale de Gap qui part vers le Ciel depuis deux ans. Certes, sa mission de prière pour le Diocèse comme chanoine se poursuivra au Ciel, et nous prions pour le repos en Dieu de nos défunts. Quand Dieu voudra, les retrouvailles là-haut entre les trois amis de la même génération, Pierre, Félix et René seront grandioses.

Père René, vous voilà arrivé au terme de votre pèlerinage sur cette Terre. Que Marie vous accueille comme vous avez accueillis les pèlerins qui venaient la prier. Amen !

Laisser un commentaire