You are currently viewing 20211127 Un jour Dieu vous a murmuré cette prophétie d’Isaïe. Profession perpétuelle de Soeur Louise, soeur de ND de la Salette.

Samedi 27 novembre 2021 à 11h00 en la Cathédrale de Gap –

(Texte de l’homélie et de la monition d’ouverture après les photos)

Revivre la célébration en photos

20211127 Profession perpétuelle soeur LOUISE, SNDS à la cathédrale de Gap

Monition ouverture

Notre diocèse est dans la joie.

Dans la joie d’accueillir chère sœur Louise votre profession perpétuelle, que vous prononcerez devant la représentante de votre supérieure générale. 

Nous avons également la joie d’accueillir votre provinciale sœur Marie Paule VIAL ainsi que de nombreuses sœurs de ND de la Salette.

Nous sommes en communion avec les chrétiens qui nous suivent par la retransmission de RCF Alpes-Provence.

Nous sommes aussi en grande communion avec votre famille à Madagascar, en particulier votre maman et vos 5 frères et sœurs, en union avec votre papa trop tôt parti vers le Ciel. Nous mesurons le sacrifice que représente l’entrée d’une enfant dans une communauté missionnaire comme les sœurs de ND de la Salette, et nous en rendons grâce à Dieu.

Joie enfin d’accueillir des représentants des autorités civiles. Mr le maire de Gap – que je remercie pour sa présence – me disait cette semaine combien la population de Gap avait la chance d’avoir cette communauté religieuse.

Joie également car il y a peu nous vivions la profession perpétuelle de sœur Marie Laetitia au monastère contemplatif de ND de Miséricorde de Rosans. Nos bénédictines de Rosans sont en prière avec nous, tout comme les bénédictines de Montmartre en mission au sanctuaire ND du Laus, retenue par une visite de leur supérieure générale.

Notre diocèse de montagne est tiré vers le haut, vers le Ciel, par ces professions perpétuelles. 

Pourtant, au début de cette eucharistie, reconnaissons que nous avons bien des poids – surtout notre péché -, qui ralentissent notre ascension. Convertissons-nous en nous reconnaissant pécheurs et en nous confiant à la Miséricorde du Père.

Homélie

Ce jour qui risque de tomber sur nous à l’improviste, et contre lequel Jésus met en garde ses apôtres, c’est la fin du monde. Cela peut paraître morbide cette prédiction de la fin du monde pour une profession perpétuelle, mais vous allez voir que le lien avec la vie religieuse est profond, et cela justifie chère sœur Louise, que vous ayez souhaité conserver cet évangile. Il est tiré du chapitre 21 de l’évangile selon saint Luc, proposé par l’Église pour ce samedi, qui est le dernier jour de l’année liturgique. En effet, demain, avec le 1er dimanche de l’Avent nous commençons une nouvelle année liturgique. (Je fais une parenthèse : à partir de demain, nous utiliserons dans la mesure du possible la nouvelle traduction du Missel Romain. Vous verrez que ce n’est pas une révolution, mais qu’il y a de belles améliorations, et que devant être attentif aux nouvelles formules que vous prononcerez, vous redécouvrirez la richesse de notre liturgie eucharistique. Ce n’est pas seulement une amélioration théologique, mais ce peut réellement être pour chacun une nouvelle étape dans votre vie spirituelle. Nous l’avons déjà vécu avec le changement de la traduction du Notre-Père. Alors demain dimanche munissez-vous de la nouvelle traduction, que vous trouvez dans les missels mensuels ou sur le site internet du diocèse.)

La parole de Dieu de ces dernières semaines, nous a donc fait méditer sur ce qu’on appelle les fins dernières, car l’année liturgique représente symboliquement le cours de notre vie et le cours du temps. Or ce temps aura une fin. C’est d’ailleurs ce que disent les scientifiques astrophysiciens. C’est aussi plus récemment la prédiction des collapsologues, qui prédisent l’effondrement inéluctable et rapide de notre société industrielle à cause du réchauffement climatique. Mais parle-t-on de la même chose ? Jésus est-il un collapsologue ? Déjà on pourrait dire qu’il se serait alors grossièrement trompé en prédisant une fin du monde toute proche, car cela fait déjà plus de 2000 ans qu’il a fait sa prédiction ! A l’inverse, on pourrait dire que sa prédiction de la ruine du temple de Jérusalem au début de ce chapitre 21 « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. », a été réalisée par la destruction de ce temple par le romain Titus en l’an 70 après JC.

On comprend en fait que Jésus ne fait pas une prédiction pseudo-scientifique, mais qu’il nous parle de Dieu, du plan de Dieu, du plan divin du Salut.

L’humanité n’est pas comme Dieu l’avait créée, pour laquelle Dieu avait vu que cela était bon. Il suffit de lire le journal pour se rendre compte que le monde n’est pas un paradis terrestre.

Tout au long de la Bible, par sa Parole, Dieu ne cesse de nous dire combien il aime sa création, c’est à dire chacun de nous, et qu’Il veut la sauver, qu’Il veut nous sauver. Ainsi dans notre première lecture, que vous avez choisie spécialement, Isaïe fait une prophétie de bonheur, de bénédiction : « Maintenant, ainsi parle le Seigneur, lui qui t’a créé, Jacob, et t’a façonné, Israël : Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi.  Quand tu traverseras les eaux, je serai avec toi, les fleuves ne te submergeront pas. Quand tu marcheras au milieu du feu, tu ne te brûleras pas, la flamme ne te consumera pas. Car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur. » La fin du monde, qui finira bien par arriver, est symbolisée par ces eaux et ce feu, mais ce ne sera pas la fin de tout. Voyez la structure de l’évangile selon saint Luc : le chapitre 21 est le discours eschatologique, du grec eskata, la fin des temps, qui porte donc sur les « fins dernières » de l’homme après sa mort et la fin du monde. Les chapitres 22 et 23 en semblent la réalisation avec la passion et la mort de Jésus en Croix. Mais au chapitre 24 c’est la résurrection. La vie de Jésus est comme une anticipation de la vie de l’humanité. Mort et Résurrection. Pour chacun de nous et pour toute l’humanité.

Oui, un jour ce jour arrivera, mais ce sera alors le jour du retour du Christ. Le cardinal Ratzinger, futur pape Benoît 16, dans son livre ‘La mort et l’au-delà’, publié en 1979, a des fulgurances ; je le cite : « Croire au retour du Christ, c’est d’abord nier que le monde puisse trouver sa plénitude au sein de l’histoire… Croire au retour du Christ, c’est en outre la certitude que le monde s’accomplira, du fait de l’invincibilité de l’amour qui a vaincu dans le Christ ressuscité…. Le salut du monde c’est que le monde en tant que tel soit dépassé. Le Christ ressuscité est la certitude vivante que ce dépassement sans lequel ce monde reste absurde, ne se heurte pas au néant, que par conséquence l’histoire peut être vécue positivement et que notre action… a un sens. »

Oui, même si notre monde un jour finira, et si le Christ un jour reviendra, notre action personnelle actuelle a un sens. Marie en pleure devant Mélanie et Maximin sur la montagne de La Salette : « On ne respecte plus le dimanche, jour du Seigneur, on jure sans cesse en ne respectant pas le nom de mon Fils. » Jésus lui-même dit à ses apôtres que leur vie a un sens, par un avertissement moral contre « l’ivresse et les soucis de la vie » qui peut alourdir le cœur, alors qu’à l’inverse « restez éveillés et priez en tout temps », ce qu’il leur répétera au jardin de Gethsémani ; cela vous donnera « la force … de vous tenir debout devant le Fils de l’homme », à son retour. Éviter le mal, faire le bien et prier sans cesse, et nous serons debout, c’est à dire ressuscité auprès de celui que notre cœur aime, Jésus ressuscité.

Si vous allez voir au début du chapitre 21 de saint Luc, vous trouverez l’évangile qu’on a eu un dimanche de début novembre, la pauvre veuve qui pour le tronc du temple, « a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Chère sœur Louise, chères sœurs de toutes les communautés, votre vie religieuse nous dit cela exactement. Vous avez mis dans le tronc du Temple tout ce que vous aviez pour vivre. » Vous êtes entrée au postulat des sœurs de ND de la Salette à 20 ans, donnant au Seigneur votre jeunesse. Et vous allez maintenant prononcer vos vœux définitifs, par lesquels vous mettez dans le tronc du temple tout ce que vous avez pour vivre : une certaine indépendance, c’est le vœux d’obéissance, la joie de fonder une famille, c’est le vœux de chasteté dans le ‘célibat pour le Royaume’ et tout ce que vous auriez pu posséder, c’est le vœux de pauvreté. Vous avez tout mis. Vous avez tout donné. Cela n’a de sens que parce que ce monde sera dépassé, que ce monde s’accomplira. Vous avez tout donné parce que Dieu un jour vous a murmuré ces paroles de Jésus : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit »…. seul demeurera mon amour pour toi. Parce que Dieu un jour vous a murmuré cette prophétie d’Isaïe : « Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi. » C’est le sens de l’alliance que vous allez recevoir, signe de votre appartenance à Jésus-Christ.

Vous nous avez proposé pour nous préparer à ce jour, une neuvaine avec une prière de Saint Louise de Marillac, votre sainte patronne. Je voudrais pour terminer la reprendre comme un encouragement à tous les jeunes ici présents, car le Seigneur Jésus en appelle peut-être certain à lui donner toute leur vie dans la vie religieuse ou dans le sacerdoce : « Ayez cette grande confiance et assurance que la grâce du Seigneur Jésus vous suffira pour effectuer sa sainte volonté quoiqu’elle paraisse en choses difficiles. Ayez pleine confiance que partout où il plaira à Jésus de vous appeler, pourvu que vous vous laissiez conduire, son dessein sera accompli pour la plus grande gloire de Dieu. »

Comme disait ND de la Salette : « Allons, mes enfants, faites-le bien passer à tout mon peuple ! » Amen !