55 jeunes entourent à Rosans deux candidats au presbytérat
  • Post published:16 mai 2012
Photo de groupe à l'issue de la célébration eucharistique

Samedi 12 mai, 55 enfants et adolescents du diocèse entouraient André Girier et Eric Juretig de leur prière à l’abbaye Notre-Dame de Miséricorde de Rosans. André Girier, 66 ans, et Eric Juretig, 44 ans étaient ce jour-là admis parmi les candidats au presbytérat et institués lecteurs et acolytes par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri. Ci-dessous, quelques photos de la journée et l’homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, entouré de Mgr André Fort, du Père Ludovic Frère, responsable des séminaristes, du Père Francis Braem, aumônier de l'abbaye, du Père Sébastien Dubois, doyen du Buëch-Dévoluy
André Girier et Eric Juretig, présentés à Mgr Jean-Michel di Falco Léandri pour être admis et institués
A l'issue de la célébration
Déjeuner à l'abbaye
Rencontre des enfants et des jeunes avec Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Session de formation. Ici les grands clercs.

 

Pour l’article présentant André Girier et Eric Juretig, et expliquant le sens de l’admission et des institutions, cliquer ici : André Girier et Eric Juretig


Homélie
de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

La liturgie nous réserve souvent des surprises. N’est ce pas le cas aujourd’hui en offrant à notre méditation ce texte de saint Jean alors que deux d’entre nous s’avancent pour se mettre au service du Seigneur et de son Eglise ? Un magnifique texte que nous avons souvent tendance à oublier car il nous fait peur.

Le Christ prévient ses disciples de ce qui les attend. Ce que la plupart d’entre eux vivront dépassera ce que le Christ leur prédit puisque certains iront jusqu’au martyre.

Lorsque les paroles du Christ nous dérangent nous avons tendance à les édulcorer. Finalement nous aimerions bien réécrire des évangiles à notre goût. Souvent, nous instrumentalisons la parole Dieu pour la mettre à notre service au lieu de la servir.

Le mot « haine » revient sept fois dans le chapitre d’où le texte que nous avons attendu est tiré. Le monde hait les chrétiens pour la même raison qu’il a haï Jésus : comme lui, ils ne sont pas du « monde ». Cette haine du monde envers les disciples n’est pas passagère : elle se prolongera aussi longtemps qu’une portion de l’humanité refusera d’accueillir le message de Jésus. Tout au long de l’évangile, Jean oppose le monde à Jésus. Le monde le hait parce qu’il témoigne contre lui (7, 7). Cette opposition provient de l’incompatibilité entre deux univers, celui d’en haut et celui d’en bas (8, 23). Pour Jean, être choisi par Jésus, c’est être arraché à ce monde de ténèbres. Désormais en tant que disciples, les croyants sont engagés dans le même combat que Jésus.

Les disciples auront donc le même sort que le maître (1 Jn 3, 13). Au moment du lavement des pieds : appelé à imiter le maître dans son enfouissement dans la mort, le disciple doit pour cela traverser les persécutions. C’est « à cause de Jésus», le maître, qu’il les subira (15, 21).

Ici apparaît clairement le dualisme qui traverse tout l’Evangile de Jean, divisant le monde en deux royaumes incompatibles : d’un côté, le royaume de la lumière et de l’amour formé par Jésus et ses disciples ; de l’autre, le monde dominé par le Prince des ténèbres et caractérisé par la haine et la violence.

André et Eric, vous voilà prévenu, mais ce n’est pas une découverte, sans doute au cours de votre vie avez-vous mesuré ce qu’il en coûte d’être disciple du Christ.

Ce matin, l’Eglise vous accueille sur le chemin que vous avez choisi d’emprunter, celui qui devrait vous conduite vers le sacerdoce. C’est à l’Eglise qu’il revient d’authentifier votre vocation, de confirmer l’appel que vous pensez avoir entendu de la part du Seigneur. C’est bien volontiers et avec tout mon cœur que j’accueille positivement votre désir de servir vos frères et vos sœurs dans le diocèse de Gap et d’Embrun.

Lorsqu’on exprime le désir de devenir prêtre diocésain il importe de bien prendre conscience de son choix. Prêtre régulier ou prêtre séculier ? Le prêtre diocésain est un généraliste et non un spécialiste pour reprendre une terminologie du monde médical. Certaines congrégations religieuses, en fonction du charisme de leur fondateur, accueillent en quelque sorte des spécialistes, qui pour le monde scolaire, qui pour les malades, qui pour la prédication, qui pour les plus pauvres, que sais-je encore ? Le prêtre diocésain, lui, doit pouvoir intervenir dans tous ces domaines et bien d’autres. Le prêtre diocésain se met à la disposition de l’Eglise locale en fonction des besoins de celle-ci et non en fonction de ses centres d’intérêts personnels quels qu’ils soient.

Un évêque serait en droit de s’inquiéter lorsque un candidat au sacerdoce lui dirait : “Je souhaite devenir prêtre pour me consacrer à l’accompagnement spirituel des fidèles”. Cela n’est certes pas exclu mais ne peut être exclusif. Tel autre lui disant : “Je souhaite exercer mon ministère uniquement dans tel ou tel secteur du diocèse”. Un autre encore ayant déjà établi sa feuille de route pastorale sans aucun lien avec les orientations pastorales du diocèse. Ceci n’empêche pas bien sûr d’exprimer des souhaits.

Se préparer au sacerdoce, c’est apprendre à se dépouiller de soi-même pour se laisser habiter par la volonté du Seigneur que l’on apprend à discerner chaque jour. C’est tout le sens de la prière qui ne consiste pas à demander à Dieu de se plier à notre volonté mais bien au contraire qui consiste à lui demander de nous aider à nous plier à la sienne.

Tout être humain est légitimement à la recherche du bonheur, certes le chemin que nous devons emprunter pour parvenir au bonheur que nous offre le Christ n’est pas le chemin qui conduit à des impasses. Pour le prêtre, le religieux, la religieuse, le chemin du bonheur passe par la confiance en l’Eglise même lorsqu’elle prend le visage imparfait des hommes et des femmes qui en sont membres.

Vous les jeunes, qui avez fait le choix d’assister le prêtre lorsqu’il célèbre le sacrifice du Christ, soyez attentif à l’appel que peut-être le Christ vous adresse. Il a besoin de vous, de votre jeunesse, de votre spontanéité, de votre générosité, de votre sens de la justice. Je vous remercie pour ce que votre présence apporte à la beauté de la liturgie.

Et maintenant, ensemble, accompagnons la réponse d’André et d’Eric à l’appel du Seigneur par notre prière.