90 chefs d’établissements catholiques d’enseignement à Notre-Dame du Laus

Pendant deux jours, ces 9 et 10 octobre 2013, les chefs d’établissements catholiques des trois diocèses d’Aix et Arles, Digne, et Gap et Embrun, se sont retrouvés au sanctuaire Notre-Dame du Laus pour une session de rentrée organisée par Jean-Marc Vincenti, directeur interdiocésain de l’Enseignement catholique.

Les travaux de la première journée se sont conclus par une célébration eucharistique coprésidée par les trois évêques présents : Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap et d’Embrun, Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix et Arles, et Mgr François-Xavier Loizeau, évêque de Digne. À la fin de la célébration chacun des treize nouveaux chefs d’établissements a reçu sa lettre de mission.

Ci-dessous des photos de la célébration, l’homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri et une interview des trois nouveaux chefs d’établissements sur le diocèse de Gap et d’Embrun : Valérie Deléglise pour l’école Sainte-Agnès de Tallard, Patrick Perchain pour l’école Sainte-Jeanne d’Arc de Gap, et Franck Vermet pour l’école Carlhian-Rippert de Briançon.

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 L’homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

Dans la première lecture que nous venons d’entendre, Jonas trouve injuste que Dieu choisisse d’épargner Ninive. Enfermé dans sa propre conception de ce qui est bien et de ce qui est mal, de ce que Dieu devrait faire ou ne pas faire, Jonas est incapable de se réjouir pour Ninive. Du coup, il transforme en violence contre lui-même le châtiment qu’il aurait voulu voir s’abattre sur Ninive. Il désire mourir.

Le sentiment d’injustice est fortement ancré en nous. Qui n’a pas dans ses souvenirs un moment particulièrement douloureux lié à ce qui a été vécu comme une injustice, qu’elle soit réelle ou ressentie comme telle ?

Les enfants ont un sens aigu de la justice. Combien de fois n’avons-nous pas attendu : « C’est pas juste, je suis puni alors que je n’ai rien fait », dans la bouche d’un élève. « C’est pas juste, il en a plus que moi », lance un de vos enfants à table alors que vous êtes en train de servir le dessert.

Même devenus adultes, nous pouvons être habités par un sentiment d’injustice, cette fois non pas forcément parce que nous en serions victimes mais parce que nous en sommes responsables, plus ou moins malgré nous. Sentiment d’injustice par exemple, de ne pouvoir accorder une place dans l’établissement à un enfant. Sentiment d’injustice de voir tel élève brillant souffrir toute une année de sa présence dans une classe bruyante et indisciplinée. Sentiment d’injustice encore de voir tel élève très travailleur ne pas réussir à surmonter ses difficultés alors que tel autre obtient de bons résultats sans beaucoup d’efforts.

Ce sentiment d’injustice, nous le voyons chez Jonas. Dieu va alors faire pour Jonas ce qu’un éducateur devrait pouvoir faire pour un élève, ou un parent pour son enfant. Dieu va doucement inviter Jonas à se remettre en cause, à élargir son sens de la justice, à y intégrer de la bonté, de la bienveillance, à s’éloigner d’une justice si mécanique qu’elle en serait inhumaine. Dieu invite Jonas à se réjouir pour Ninive, à se réjouir pour autrui. Dieu invite Jonas à voir dans les habitants de Ninive des frères, ayant dans les cieux le même Père que lui.

C’est la prière que Jésus nous apprend à dire aujourd’hui dans l’évangile. Dire « Notre Père », n’est-ce pas nous reconnaître frères et sœurs les uns des autres ? Et être frères dans une famille, n’est-ce pas regarder avec bonheur la relation qu’entretiennent les uns et les autres avec un même père et une même mère ? Être frères, n’est-ce pas se réjouir de ce que les autres ont comme don, comme talent, comme réussite, sans l’avoir forcément soi-même ? Être frère, n’est-ce pas se réjouir du bonheur de l’autre ?

Nous avons trop souvent une vision que j’appellerais égalitaire de la justice. C’est-à-dire à chacun la même chose. Pas de différence ! Et cependant, est-ce injuste d’accorder plus d’attention à un élève en difficulté qu’à tel autre qui n’en rencontre pas ? Est-ce injuste dans une famille d’accorder plus d’amour à l’un des enfants à un moment de sa vie où il a vraiment besoin de se savoir aimer ? Le Christ agit ainsi. Ne témoigne-t-il pas plus d’amour pour le pécheur parce que seul l’amour sauve ?

Même si l’on ne croit pas en Dieu, même si nos élèves ne croient pas en un Dieu bon, une des composantes de notre mission d’éducateurs consiste à montrer que la vie vaut la peine d’être vécue, qu’elle est belle ! Certes, il y a de l’injustice dans le monde, certes on peut soi-même avoir été l’objet d’une injustice, certes on peut être déçu par tel ou tel qui se disait notre ami et qui nous a trahis, mais cependant cela ne doit pas remettre en question la beauté de la vie qui nous est offerte ! Aucune vie n’est définitivement gâchée !

Un adolescent peut être en colère contre Dieu, le monde, la société, parce qu’il les trouve autres que ce qu’il voudrait qu’ils soient. Mais vient ensuite le temps où il peut se rendre compte qu’il doit d’abord lui-même changer. Qui suis-je pour dénoncer, pour m’insurger, si je ne cherche pas à donner moi-même à chacun ce qu’il mérite ? Si je n’accorde pas le bénéfice du doute ? Si je ne fais pas confiance ? Ce n’est pas à vous que j’apprendrai que la réussite scolaire d’un élève dépend aussi du regard que vous portez sur lui. Un regard qui encourage.

J’ai souvent remarqué qu’un jeune enfant qui s’apprête à franchir un obstacle qu’il s’est parfois imposé lui-même, avant d’agir se tourne vers ses parents en disant : « Papa, maman, regardez-moi ! » Ce n’est pas par vanité, c’est parce que le regard bienveillant de ses parents lui donne le courage nécessaire pour franchir l’obstacle.

Par sa parole forte à travers Ninive, Jonas a délivré la ville du châtiment. Mais il ne s’est pas pour autant libéré de ses a priori et de son jugement sur les habitants de Ninive. Par l’intermédiaire du ricin, Dieu l’instruit. Jonas va-t-il en tiré profit ? Nous pouvons l’espérer.

Alors, nous sommes invités à fuir le pessimisme, la résignation. Nous sommes invités à trouver, avec les enfants et les jeunes qui nous sont confiés, de nouveaux chemins qui nous permettent de dire ensemble « Notre Père ».

 

À la rencontre des nouveaux chefs d’établissement

Valérie Deléglise, directrice de l’école Sainte-Agnès de Tallard

À droite, Valérie Deléglise et Patrick Perchain

D’où venez-vous ? Quel a été votre parcours ?
Je viens de Dunkerque, je suis enseignante depuis 1989, j’ai travaillé dans tous les niveaux de classe. J’ai également été chef d’établissement pendant trois ans dans une école de quatre classes, dans un village au pied du mont Cassel.

Pourquoi avoir postulé dans les Hautes-Alpes ?
J’ai postulé sur plusieurs diocèses, et ce sont les Hautes-Alpes qui m’ont appelée. Mon fils devait poursuivre ses études à Lyon et le bon air des montagnes était un plus pour ma santé.

Comment s’est passée cette première rentrée ici ? Quel est votre ressenti ?
J’ai été très bien accueillie, les gens sont sympathiques, l’Apel a offert le café aux parents le jour de la rentrée en guise de bienvenue.

École Sainte-Agnès
2 avenue de Provence
05130 TALLARD
Tél : 04 92 54 00 74

www.ecole-sainte-agnes.fr

Patrick Perchain, directeur de l’école Sainte-Jeanne-d’Arc de Gap

D’où venez-vous ? Quel a été votre parcours ?
Je suis originaire de Marseille. Ville dans laquelle j’ai réalisé ma formation d’enseignant. Ensuite avec mon épouse et mon fils nous sommes partis vivre en Touraine où j’ai pris un poste de direction. Nous y avons vécu dix belles années.

Pourquoi avez-vous postulé dans les Hautes-Alpes ?
Nous souhaitions revenir dans notre région. Mon épouse a de la famille qui vit à Gap.

Comment s’est passée cette première rentrée ici ? Quel est votre ressenti ?
Une rentrée est toujours une période très chargée. Je l’ai très bien vécue car j’ai été très bien reçu et je travaille avec des personnes compétentes et dévouées pour l’école.

École Sainte-Jeanne-d’Arc
5 rue David Martin
05000 GAP
Tél : 04 92 51 22 64

www.ecolejeannedarc-gap.fr

Franck Vermet, directeur de l’école Carlhian-Rippert de Briançon 

À droite, Franck Vermet

D’où venez-vous ? Quel a été votre parcours ?Je suis originaire du Pas-de-Calais. J’ai effectué toutes mes études dans la ville d’Arras : de la maternelle à l’université en passant par le centre de formation pédagogique des enseignants du premier degré de l’Enseignement catholique. Mon premier poste fut celui de directeur et professeur dans une petite école diocésaine de trois classes, de 2004 à 2009, à La Capelle-les-Boulogne. Ensuite, les Sœurs augustines de Notre-Dame de Paris m’ont confié la direction de l’école Saint-Augustin de Boulogne-sur-Mer avec ses quatorze classes de la maternelle au CM2, de 2009 à 2013.

Pourquoi avez-vous postulé dans les Hautes-Alpes ?
Ce sont les Sœurs salésiennes de Don Bosco qui m’ont proposé une nouvelle mission dans les Hautes-Alpes… En effet, l’école Carlhian-Rippert de Briançon est sous tutelle congréganiste des Sœurs salésiennes. Je souhaitais depuis quelques années vivre pleinement le projet éducatif et pastoral au sein d’une maison salésienne. Nous avons donc quitté notre terre natale pour rejoindre ce magnifique département des Hautes-Alpes ! Mon épouse, enseignante également, et nos quatre filles m’ont donc accompagné dans ce projet.

Comment s’est passée cette première rentrée ici ? Quel est votre ressenti ?
Ce fut déjà ma dixième rentrée en tant que chef d’établissement. Que le temps passe vite ! Celle-ci avait un goût tout particulier du fait de cette nouvelle mission avec une nouvelle équipe éducative, de nouvelles familles, de nouveaux locaux… Cette rentrée scolaire s’est bien déroulée sous un magnifique soleil ! De nombreux projets sont en cours de préparation…

École Carlhian-Rippert
Maison Don Bosco
29 chemin vieux – BP 10
05101 BRIANÇON
Tél : 04 92 21 02 56
ecolecarlhianrippert.com

 

La publication a un commentaire

  1. Grimaldi Marie José

    Marcel Proust a dit :
    ” L’Espérance est un acte de foi”

    Alors espérons .

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