À propos de RCF

Dans la feuille d’annonces n° 24 de la paroisse Saint-Arnoux pour le Gapençais, pour la semaine du samedi 11 au dimanche 19 juin 2016, était publiée l’information suivante :

R.C.F : alors que la radio RCF Hautes-Alpes s’organisait avec des bénévoles depuis la suppression l’an dernier de la subvention diocésaine, notre évêque a décidé la cessation d’activité de la radio. Une AG extraordinaire est donc organisée le vendredi 17 juin à 19h30 Salle J. Ricou.

 

Suite à cette annonce, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri publie les précisions suivantes :

 

Gap, le lundi 13 juin 2016

Je lis avec surprise l’information parue sur les annonces de la paroisse Saint-Arnoux à propos de RCF. Celle-ci est incomplète, pour ne pas dire mensongère !

Depuis plus de quatre ans, contre l’avis du Conseil pour les affaires économiques du diocèse, j’ai maintenu RCF Alpes Provence malgré un déficit de fonctionnement récurrent.

Jusqu’à récemment encore, la subvention du diocèse se situait entre 80 et 100 000 euros par an pour une audience dérisoire. En 2014 par exemple, RCF était à la dernière place dans les Hautes-Alpes, avec seulement 0,1% de part d’audience. En comparaison, Radio Espérance, l’autre présence chrétienne sur les ondes, rassemblait trois fois plus d’auditeurs haut-alpins.

Avec l’espoir d’un nouveau dynamisme, j’ai mis à disposition de nouveaux locaux à Saint-Roch. Malgré cela, l’audience est toujours aussi dérisoire.

Lors d’un appel au don exclusivement dédié à RCF Alpes Provence, il n’y a eu que 88 donateurs, et ces dons n’ont même pas couvert les frais de l’appel au don !

Malgré le soutien de RCF national, la situation financière actuelle a une nouvelle fois conduit le Conseil pour les affaires économiques à me conseiller la cessation d’activité de la radio.

Même si les bénévoles – que je remercie au passage, et tout particulièrement Jean-Louis Garnier – ont cherché à s’organiser afin que la radio continue à diffuser, qui paye l’occupation des locaux ? qui paye l’électricité ? qui paye l’entretien et le renouvellement du matériel et notamment des émetteurs ?… Ce ne sont pas les bénévoles !

Et voici que le directeur mis à disposition par RCF national s’en va. Qui voudra ou pourra le remplacer dans une telle situation ?

En omettant des informations cruciales, on crée des mensonges. Faut-il y voir une volonté de nuire ?

Si vous souhaitez en savoir plus, vous serez les bienvenus à la réunion du 17 juin à 19h30, salle Jean Ricou à Saint-Roch à Gap. Ainsi vous serez informés en direct et à l’abri des ragots de l’état de la radio et de ce qui peut être envisagé pour l’avenir.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

 

Cet article a 5 commentaires

  1. La crise d’aujourd’hui n’est que la conséquence d’un lancement, dès l’origine, sans projet en adéquation avec les moyens nécessaires. l’audience n’a jamais dépassé 0,8 % (2007 de mémoire avec un directeur professionnel et salarié). Il y a un rapport mathématique entre l’audience et le nombre de salariés. Dans les Hautes-Alpes, les radios à faible audience (RAM et Fréquence Mistral ont des audiences comparables à celles de RCF) sont aussi les stations ayant le moins de salariés, faute d’avoir des budgets comparables aux radios commerciales. La contrainte géographique (les montagnes qui empêchent les ondes de passer avec des émetteurs moins puissants que ceux des radios commerciales) et démographiques (le faible nombre d’habitants du territoire) sont aussi une explication au faible nombre d’auditeurs : dans un territoire d’un million d’habitants, 0,1 % représente 1000 auditeurs !

    Une radio ne peut être une juxtaposition d’émissions produites par des personnes dont certaines sont très compétentes. Elle doit se construire avec une grille de programme qui exprime une unité et une régularité de production.

    RCF Alpes-Provence, comme toutes les radios du réseau RCF ne réussit pas à prendre le virage de l’internet. Le site est trop statique et ne fournit pas assez d’information pour donner envie d’y aller. Or, aujourd’hui, l’audience radio se fait aussi par ceux qui l’écoutent sur le web.

    Enfin, 2016 n’est jamais que la répétition de 2011 avec les mêmes causes structurelles. Mais 2011, était la répétition d’autres moments difficiles, connus ou non par le public. Jamais les recettes n’ont permis d’être à la hauteur d’une audience plus forte.

    Luc-André Biarnais, ancien président (2006-2009) et directeur (2009-2011) de RCF Alpes-Provence

  2. Il est un fait qu’avec 0,1 pour cent d’audience, soit effectivement 150 personnes environ, il est illusoire d’imaginer de quelconques investissements de qui que ce soit d’ailleurs et comme toutes les radios associatives (plus de 500 en France), qui ont des finances limitées, eh bien, elles sont obligées de mettre la clé sous la porte et RCF GAP n’est pas un cas isolé. Je comprends eu égard à ce qui nous a été jusqu’alors présenté, la prise de décision de “fermer” RCF GAP, et je ne pense par ailleurs qu’il y ait volonté de quiconque de nuire à quiconque suite à cette décision. Le fait est tout simplement regrettable et attriste ceux qui soutenaient notre radio, mais quelle est la solution dans notre cas de figure…?! L’A.G. du 17 prochain éclairera probablement les lanternes et lèvera les doutes qu’ont certains sur la véracité des problématiques liées à la fin de notre radio, qui n’a survécu durant 4 ans après la tempête de 2011 et financièrement parlant, que grâce à la mansuétude de notre évêque et des quelques bénévoles qui n’ont pas abandonné le navire comme des rats… mais comme on dit, “la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a…” et dans notre cas de figure “que ce qui lui est permis de disposer…” Le fonctionnement d’une radio a un vrai coût, le détail des sources de revenus et des dépenses est à disposition de tous, les chiffres parlent d’eux-mêmes … et je pense que Dieu à d’autres chats à fouetter avec les tourments de notre monde pour faire un miracle à l’endroit de l’antenne RCF de GAP.

  3. Je comprends la décision de votre évêque. Depuis plus de 30 dans dans le diocèse de Sens Auxerre nous n’avons jamais pu nous décider à adhérer à RCF malgré notre grand désir de le faire. Les diocèses pauvres n’ont pas les moyens de faire vivre une radio locale. Si l’on veut des émissions de qualité il faut mettre le prix. L’entretien des locaux et du matériel est trop coûteux. Le salaire d’un permanent.
    Actuellement l’évêque communique par un tweet quotidien suivi par 10 000 personnes.
    J’avais envie de soutenir votre évêque qui est un ami.
    Mgr François Tricard.

  4. Il est clair que l’information de la feuille paroissiale n’était pas exacte. Le Conseil paroissial des affaires économiques de la Paroisse Saint-Arnoux du Gapençais avait relevé le fait que le chauffage, l’eau et l’électricité des locaux de RCF étaient à la charge de la Paroisse. Le Conseil avait demandé une répartition des factures. Il est évident que les sommes dépensées doivent être évaluées par rapport à l’audience de 0,1 % qui représente à peine 150 personnes dans le diocèse.
    Par contre je n’imagine pas une volonté de nuire de la part de la Paroisse de la cathédrale de notre Évêque. Qu’il s’agisse d’une faute de communication, oui, mais certainement pas un besoin de faire du mal. En fait, on peut se demander quelle est l’intérêt de cette information dans la feuille paroissiale. Une simple invitation à l’assemblée générale en attirant l’attention sur son importance aurait été plus juste et pertinente. Il serait dommage de se battre entre nous. Dans cette année de la Miséricorde, on ne peut pas lancer tant de choses fédératrices (Porte Sainte, Mission Paroissiale, Oratoire pour le pèlerinage du Laus,…) et en même temps des polémiques.

  5. Excellente réponse de Mgr Di Falco Léandri.

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