Retour sur trois succès de “la nuit des églises” : Réallon, Rosans et La Saulce

Voici un retour avec textes et photos sur trois initiatives de la 4e édition de la nuit des églises du 5 juillet dernier : à Réallon, à Rosans et à La Saulce.

À Réallon

Dans le secteur des paroisses de l’Embrunais-Savinois, le samedi 5 juillet, la quatrième édition de la nuit des églises s’est déroulée à Réallon. L’Association «  Patrimoine en Réallonnais » accueillait une  cinquantaine de personnes parmi lesquelles les habitants de la commune et les autres venues des diverses communes du secteur paroissial : Le Sauze-du-Lac, Crots, Baratier, Embrun, Saint-André d’Embrun, Saint-Sauveur, Puy-Saint-Eusèbe. Un bel exposé devant l’église, dans le cimetière puis à l’intérieur du bâtiment faisait découvrir au public l’histoire communale et paroissiale de Réallon. La place a été faite à un temps de louange avec le Psaume de la Création et à la prière avec l’évangile du Bon Pasteur. Ensuite, Pierre-Michel Pascal, jeune organiste de Saint-Sauveur, fit l’émerveillement de tout le monde en interprétant plusieurs œuvres. C’est par le verre de l’amitié que chacun a pu se retrouver pour un échange avant de repartir chez soi, enrichi par cette soirée bien préparée par une petite équipe de bénévoles : qu’ils en soient ici bien remerciés. Rendez-vous l’an prochain à la même époque dans une autre commune de l’autre côté de la vallée !

Père André Bernardi
Curé

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À Rosans

Pour la “Nuit des églises”, l’abbaye Notre-Dame de Miséricorde à Rosans avait ouvert son église abbatiale pour un concert. Par le biais du chant grégorien, du chant polyphonique, de pièces d’orgue, de textes lus sur fond de flûte, ce concert évoquait le mystère de Dieu, du Christ et de la Vierge Marie. La chorale de Rosans s’était jointe aux moniales pour l’événement. Le concert avait été précédé d’une conférence sur la vie religieuse dans le Rosanais au Moyen-Âge, conférence qui a fortement intéressé les habitants des Baronnies provençales. Le parcours musical à travers les siècles proposé dans l’abbatiale s’est poursuivi par une procession dans le cloître, conclue par quelques chants interprétés par des amis tchèques de l’abbaye et par des guides de Draguignan et de Carpentras présentes pour leur camp d’été.

Ci-dessous un diaporama (l’arrivée, le buffet, la conférence de Olivier Hanne sur la vie religieuse dans le Rosanais au Moyen Âge, la remise des programmes du concert, le concert lui-même, la procession dans le cloître, les chants dehors dans la nuit, et l’abbaye illuminée) et le texte introduisant le programme composé d’œuvres allant du chant grégorien à la musique religieuse contemporaine.

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Nous voici réunis pour célébrer « la Nuit des églises » en union avec des centaines d’autres églises qui ce soir, au cœur de nos villes, de nos villages ou de nos hameaux s’illumineront et veilleront, et même, pour certaines, se réveilleront, car cette initiative de « la Nuit des églises » est faite aussi pour redonner vie à tant d’édifices ou de chapelles si rarement utilisés.

La « Nuit » des « églises » ! Deux mots porteurs chacun de grands mystères que notre célébration va essayer de faire résonner.

La nuit ! Ce mot ambivalent est évocateur de merveilleux ou de terrible. Dans notre langage courant il peut être synonyme d’obscurité, de ténèbres, de souffrance et d’angoisse, de combats et de troubles. Parce que tant de nos contemporains, proches ou lointains, ne connaissent de la nuit que sa face tourmentée, nous n’oublions pas ce soir les malades qui souffrent et qui entrent dans une nuit interminable, les prisonniers, les captifs maltraités qui attendent l’aurore comme une délivrance, tous ceux qui, en difficulté, se retrouvent la nuit plus isolés, plus livrés au mal, à l’angoisse, à l’insécurité.

Mais la nuit est aussi la compagne de tous les veilleurs, ceux qui sacrifient leur sommeil pour le bien-être, voire la vie de leurs frères. Nous pensons ce soir aux veilleurs de toutes sortes, la vigie sur son bateau, le soldat qui veille sur la cité, le garde-malade ou l’infirmière, le guetteur de la tour de contrôle, et tout simplement les mères de famille attentives près de leur enfant inquiet ou agité.

La nuit est réparatrice des forces, elle est comme une terre féconde qui donne au grain enfoui de mûrir, elle permet aux pensées humaines de nouvelles germinations.

Mais pour nous, chrétiens, la nuit est davantage encore. C’est au cœur de la nuit que s’inscrivent les plus grands mystères de notre foi :

Nuit sortie des mains du Créateur qui a séparé les ténèbres de la lumière et a appelé la lumière « jour » et les ténèbres « nuit » (Genèse 1,3).

Nuit plus claire que le jour, comme le chante le psalmiste (Psaume 139, 12), parce qu’illuminée par l’éblouissant mystère de Dieu, caché depuis des siècles et révélé en Jésus-Christ qui s’est fait homme. Que de nuits nous célébrons, dans les mystères de notre foi !

Douce et sainte nuit de Noël, qui célèbre la naissance du Verbe fait chair, nuit joyeuse qui invite les anges à chanter la gloire de Dieu et les bergers à adorer un enfant couché dans une crèche (Luc 2).

Nuits du Christ priant son Père, à l’écart dans la montagne : prière que les moines et les moniales perpétuent par l’Office des vigiles.

Nuit de Gethsémani, nuit de la « très sainte agonie » du Christ, comme le dit Bernanos (Dialogue des Carmélites) qui n’en finit pas de porter toutes les agonies du monde, nuit douloureuse mais point désespérée, car traversée par l’attente, « non de la mort du Christ, mais du salut du monde. » (Saint Grégoire le Grand)

Et puis, la Nuit véritablement bienheureuse, la Nuit sainte de Pâques. Nuit glorieuse delà Résurrection où le Christ vainqueur de fa mort nous fait sortir de la nuit du péché et nous ouvre à nouveau les portes du ciel, comme le symbolise ce soir le cierge pascal allumé.

De la célébration de ces mystères, nos églises, magnifiques vaisseaux de pierre ou modestes églises de campagne, sont les témoins depuis des siècles, au fil des jours et des ans ; témoins aussi du cours de notre vie : de notre baptême, de nos engagements – mariage, profession religieuse, ordination – jusqu’à notre entrée dans la maison du Père.

Nos églises de pierres !
Lieu de la rencontre entre Dieu et l’homme,
lieu d’habitation de Dieu parmi les hommes,
lieu où s’édifie l’Église, Corps du Christ !

Voici donc le sens de notre rencontre ce soir : ni une veillée de prière, ni un spectacle, mais une célébration où par nos chants, la musique, les lectures, nous effleurerons ces mystères que nous venons d’évoquer. Une célébration à laquelle nous pouvons communier dans le silence, le recueillement, la joie ou la participation aux chants. Nous vous proposons ce soir un modeste parcours à travers la musique liturgique, à grandes enjambées, depuis le Moyen-âge jusqu’à nos jours, en passant par les périodes baroque et classique, à la lumière de trois grands mystères : Dieu présent dans son temple, le Christ et la Vierge Marie.

Nous voulons remercier chaleureusement la chorale de Rosans, qui a apporté à cette soirée son enthousiasme et son dynamisme, nous voulons remercier également la mairie de Rosans et son maire, Madame Ollivier, pour l’aide apportée, ainsi que vous tous, parents, amis et guides, pour votre présence.

La communauté

À La Saulce

Lors de “La nuit des églises” en l’église de La Saulce, le concert d’orgue réalisé par Michel Pellegrin a attiré des mélomanes non seulement de La Saulce et des environs, mais aussi d’autres localités, de la vallée de la Durance et du Gapençais. Ainsi, dans le public, on pouvait noter la participation de Monique Reynaud, de la municipalité, en l’absence du maire, Claude Vial, excusé, de Michel Bernard-Reymond, de l’Association des Amis de l’Orgue de Gap, de Paul Weisbuch, nouveau président du Rotary-Club de Gap-Charance qui a aidé à l’installation de l’orgue à La Saulce, des responsables des Chœurs du Château de Tallard, et d’autres responsables d’Associations de musique et de culture artistique. De façon très pédagogique, Michel Pellegrin, organiste et professeur d’orgue, a présenté les diverses oeuvres qu’il a interprétées : musiciens français, allemands, italiens, anglais…

Au fur et à mesure que le concert avançait sous les doigts experts de l’organiste, les visages devenaient lumineux tant le jeu de l’artiste confinait à une maîtrise consommée du clavier et des potentialités de cet orgue. Avec les applaudissements chaleureux du public, il m’est revenu de remercier Michel Pellegrin, et à Paul Weisbuch d’annoncer que l’orgue serait encore sollicité à donner prochainement sa pleine mesure. C’est ainsi que le prochain concert d’orgue a lieu, ici même, le samedi 26 juillet, à 20h30, au profit d’une œuvre solidaire humanitaire que Jacques Achery présentera.

Père Pierre Fournier
Curé

Cet article a 1 commentaire

  1. J’ai regardé le dernier clip des prêtres :écris l’histoire.je trouve qu’ils chantent très bien et que je trouve dommage qu’ils ne sortiront plus d’albums.ils me donnent beaucoup de courage quand je les écoute face a mes problèmes de tous les jours.en espérant qu’ils reviennent sur leur décision.merci du bonheur que vous me procurez.

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