Appel décisif des catéchumènes : “Qui rencontre Jésus ne peut rester comme avant”…

Dimanche 14 février 2016, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri procédait à l’appel décisif des catéchumènes. Une célébration pleine d’émotion pour les seize adultes et jeunes qui seront baptisés à Pâques.

Ci-dessous des vidéos, des photos et l’homélie de la célébration qui s’est déroulée en l’église Saint-Roch à Gap.

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Homélie

Chers frères et sœurs,

Je suis heureux comme chaque année de célébrer l’appel décisif des catéchumènes, et très heureux également de voir qu’il y a parmi eux des jeunes. En répondant oui à l’appel de votre nom vous allez affirmer publiquement votre désir de recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne. Vos proches, vos accompagnateurs, vos futurs parrains et marraines vous entourent. Ils attestent de votre fidélité à écouter la Parole de Dieu telle qu’elle est annoncée par l’Église. Des représentants des différentes communautés religieuses du diocèse sont présents. Ces communautés s’engagent à prier pour vous. Ils savent, ces frères et ces sœurs consacrés à Dieu, ce que cela signifie de répondre « oui » à son appel. Ils ont connu les combats qui peuvent précéder un vrai oui. Ils connaissent les joies qui suivent une totale remise de soi-même entre les mains de Dieu par l’intermédiaire de l’Église.

Mardi 2 février a été célébrée la fin de l’année de la vie consacrée, celle des religieux et religieuses. « Qui rencontre vraiment Jésus, a rappelé alors le pape, ne peut rester comme avant ». Vous aussi, les catéchumènes, votre vie s’est trouvée transformée au contact de Jésus. Et nous tous ici, baptisés depuis longtemps, j’espère que notre vie continue d’être transformée au contact de Jésus. Vivons avec gratitude la joie d’être appelés par Jésus par notre nom. Nous ne sommes pas pour lui des anonymes pour Dieu. Il nous appelle chacun par notre nom.

Chers catéchumènes, en signe d’acquiescement à l’appel reçu dans votre cœur, vous allez inscrire votre nom au registre des futurs baptisés. Une écharpe violette vous sera remise. Elle vous accompagnera tout au long du temps de ce Carême pour rappeler à vos communautés votre statut de futur baptisé. De même que les négatifs (du temps des photos argentiques) n’avaient pour fonction que de préparer les photos en positif, le violet du Carême, symbole de pénitence, n’a pour fonction que de vous préparer au blanc resplendissant de la Résurrection dont vous serez revêtu au jour de votre baptême.

Parmi les étapes que vous allez vivre jusqu’à votre baptême, il va vous être demandé de professer votre foi. Dieu souhaite une réponse de votre part pour vous introduire toujours plus avant dans sa vie.

Les lectures de ce dimanche nous présentent différentes facettes de ce qu’est la profession de foi pour un croyant. Le Credo diffère profondément des professions de foi politiques : vous savez, celles que nous avons reçues ces derniers temps dans nos boîtes aux lettres, celles qu’on reçoit peu avant des élections. Le Credo n’est pas un catalogue d’articles au bas duquel le croyant appose sa signature. Lorsqu’un chrétien professe sa foi, il rend compte d’une rencontre avec quelqu’un : avec Jésus Christ. Il témoigne de ce que cela entraîne comme changement dans sa vie. Son rapport au temps, à l’histoire, à la mort, à la vie, aux autres, à lui-même, en a été bouleversé.

Les lectures de ce dimanche sont des professions de foi. Elles témoignent et racontent de ce que le Seigneur réalise dans l’histoire. La première lecture nous présente la profession de foi du peuple élu. Le petit clan nomade se trouvait immigré, maltraité, exploité en Égypte. Dans sa détresse il a crié vers le Seigneur, et le Seigneur l’a fait sortir d’Égypte.

La seconde lecture professe la foi en Jésus-Christ. Et d’expérience, Paul peut dire que quiconque invoque le nom du Seigneur sera sauvé, peu importe son origine, juif ou païen, et peu importe son passé.

L’évangile nous présente Jésus comme un modèle de celui qui croit et qui fait confiance envers et contre tout. Le Christ a été tenté au désert. Il montre sa totale disponibilité entre les mains du Père, et sa totale confiance en lui.

Lorsque nous professons la foi de l’Église, nous sommes invités à entrer dans la foi de l’Église qui déborde notre petite foi personnelle. Notre foi personnelle vient rejoindre la foi de toute la communauté croyante, et en retour la foi de l’Église vient nourrir notre propre foi. En certaines circonstances de la vie, il peut être bon de s’arrêter, de prier, d’écrire ce en quoi nous croyons de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre être, avec les mots de l’Église, mais aussi avec nos propres mots. Je vous invite à le faire lorsque de grands changements ou de grands défis vous attendent. Cela permet de revenir à l’essentiel, à ce qui nous fait vivre. Le pape François par exemple l’a fait en 1969, peu avant d’être ordonné prêtre.

Alors en guise de conclusion, voici sa profession de foi personnelle. Je souhaite à chacun et à chacune cette même obéissance que lui à Dieu, et cette même confiance que lui au Père. Je cite le futur pape François :

« Je veux croire en Dieu le Père, qui m’aime comme un fils, et en Jésus, le Seigneur, qui a insufflé son Esprit dans ma vie pour me faire sourire et me conduire ainsi au royaume de la vie éternelle.

Je crois en mon histoire, qui a été transpercée par le regard amoureux de Dieu qui, le jour du printemps, le 21 septembre, m’a conduit à sa rencontre pour m’inviter à le suivre.

(Peut-être que vous êtes étonnés par la date, mais je me permets de préciser que la date du printemps en Argentique ne correspond pas à celle du printemps en Europe.)

Je crois en ma douleur, inféconde à cause de mon égoïsme, dans laquelle je me réfugie.

Je crois en la petitesse de mon âme, qui cherche à absorber sans donner… sans donner.

Je crois que les autres sont bons, et que je dois les aimer sans crainte, et sans jamais les trahir pour chercher ma sécurité personnelle.

Je crois en la vie religieuse.

Je crois que je veux beaucoup aimer.

Je crois en la mort quotidienne, brûlante, et que je fuis, mais qui me sourit et m’invite à l’accepter.

Je crois en la patience de Dieu, accueillante, bonne comme une nuit d’été.

Je crois que papa est au Ciel avec le Seigneur.

Je crois que le père Duarte aussi est au Ciel et qu’il intercède en faveur de mon sacerdoce.

Je crois en Marie, ma Mère, qui m’aime et qui jamais ne m’abandonnera. 

Et j’attends la surprise de chaque jour où se manifesteront l’amour, la force, la trahison et le péché qui seront mon lot jusqu’à la rencontre définitive avec ce visage merveilleux dont j’ignore les traits, que je fuis sans cesse, mais que je veux connaître et aimer. Amen. »

+ Jean-Michel di FALCO LÉANDRI
Évêque de GAP et d’EMBRUN

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