Mgr Xavier Malle à Aspremont pour la bénédiction des travaux de l’église
  • Post published:2 juillet 2018
Dimanche 1er juillet, Mgr Xavier Malle a présidé la messe dans l’église Saint-Pierre d’Aspremont. Cette célébration a été suivie de la bénédiction des travaux intérieurs, qui ont été portés par la municipalité. Dans son homélie, Mgr Malle invite les fidèles à venir le plus souvent possible prier dans leur église paroissiale.

Homélie de Mgr Xavier Malle

1er juillet 2018 – TO13
En ce début d’été, la liturgie nous parle des grandes questions de notre existence, la vie, la maladie, la mort, comme pour nous dire, certes les enfants sont bientôt en vacances, mais les vrais questions restent ! L’auteur du livre de la Sagesse n’hésite pas une seconde : «Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Il les a tous créés pour qu’ils subsistent.» Effectivement, dans le livre de la Genèse, après chaque jour de la création, le refrain est le même : «Et Dieu vit que cela était bon.» Le sage continue : «ce qui naît dans le monde est porteur de vie : on n’y trouve pas de poison qui fasse mourir.» Mais il poursuit : «C’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde». Dieu a créé l’homme à son image, c’est à dire pour l’immortalité. On le ressent nous-même : la mort d’un proche ou la nôtre nous semble toujours injuste, et elle l’est. Car le démon a défiguré l’œuvre divine en y introduisant la tentation et le péché, et par la même la mort.
Dans l’évangile, Jésus procède à deux miracles, comme des poupées russes : il y a un miracle dans le miracle ! Il veut ainsi montrer qu’il est venu faire la volonté du Père, sauver le monde, lui donner la vie et l’amour.
Début du premier miracle : Jaire, chef d’une synagogue, se jette aux pieds de Jésus et le supplie : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les
mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » 
Jésus le suit, et alors commence le second miracle : la foule nombreuse entoure Jésus. Parmi cette foule, il y a une femme qui souffre depuis longtemps d’hémorragies. Au passage, ironiquement, l’évangéliste en profite pour mettre une pierre dans le jardin des médecins en disant : «elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré». L’hémorragie, pour la mentalité de l’époque, comme toute perte de sang, est source d’impureté qui se transmet par simple contact de la personne malade. Cette malade a une grande foi et ose toucher le manteau de Jésus. «À l’instant, rapporte saint Marc, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.». Et la suite fait un peu guerre des étoiles pour ceux qui connaissent ces films : «Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : Qui a touché mes vêtements ? » Jésus ne veut pas seulement faire un miracle, il veut rencontrer la personne. La femme avec crainte «vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors : Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. » Cette femme est non seulement guérie, mais aussi sauvée, par son contact avec Jésus.
En Mt 8,17, l’évangile d’hier samedi on a lu ceci après un autre récit de guérison de Jésus : «tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit, pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.» Retenons cette prophétie «Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.» Car ce qui s’est passé il y a plus de 2000 ans, se renouvelle régulièrement.
Dans un gros livre blanc qu’on appelle le CEC, que chaque famille chrétienne est appelé à avoir à la maison, il n’y a que 4 photos, une au début de chacune des 4 parties. Au début de la partie sur les sacrements et la liturgie, il y a une photo d’une fresque antique à Rome qui représente cette guérison de la femme. La légende de la photo est pour moi la définition la plus simple des sacrements : « les sacrements de l’Église continuent maintenant les oeuvres que le Christ avaient accomplies durant sa vie terrestre. Les sacrements sont comme ces forces qui sortent du Corps du Christ pour nous guérir des blessures du péché et pour nous donner la vie nouvelle du Christ.»
Frères et sœurs, cela se passe prioritairement dans les églises paroissiales : vos prêtres vous y donnent les sacrements. Certes ils peuvent aussi les donner à domicile, par exemple porter la communion ou administrer le sacrement des malades à domicile, mais le lieu privilégié est votre église. Alors vous devinez la joie, non seulement de vos prêtres, de vous les baptisés, de moi comme évêque, mais aussi la joie au Ciel quand une église est construite ou rénovée. Car ce n’est pas un bâtiment communal comme un autre. Il s’y passe des choses importantes, des choses sacrés, sur la base de la lecture de la parole de Dieu et des paroles et gestes des ministres sacrés prêtres et diacres.
Revenons au premier miracle en train de s’accomplir. Des amis du papa viennent lui dire que sa fille vient de mourir. «Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : Ne crains pas, crois seulement. » Arrivant à la maison, Jésus voit l’agitation et dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. » Pour Jésus, la mort n’est qu’un sommeil dont il peut réveiller. Il «prend avec lui le père et la mère de l’enfant, saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher.» Jésus vient de faire un miracle encore plus grand qu’une guérison : il a ressuscité des morts une enfant de 12 ans. Mais Jésus ne cherche pas le succès public, les honneurs. Il ordonne aussitôt le silence sur son acte de charité.
Jésus a fait pendant sa vie de nombreux miracles, et il continue d’en faire. Il a cependant besoin de notre foi, ne voulant pas brusquer notre liberté. Je vous invite vraiment à demander un miracle par l’intercession de la vénérable Benoite du Laus. Les miracles ne sont pas automatiques, Dieu n’a pas guérit tout le monde. Ma maman a qui j’ai donné l’onction des malades est bien morte quelque temps après. Mais comme tous les prêtres, j’ai aussi vu des miracles suite à l’onction des malades. Je peux vous dire que je m’en souviens très bien, car on est alors devant la puissance d’amour de Jésus. Jésus est vraiment la source de la vie.
Et Jésus habite dans votre église paroissiale. Venez souvent l’y retrouver. Venez faire des prières devant le saint Sacrement, venez y retrouver la communauté chrétienne quand la messe peut y être célébrée. Dieu habite à Aspremont.
Amen !