You are currently viewing Assemblée plénière des évêques de France : temps mémoriel et pénitentiel le 6 novembre 2021

Le 6 novembre dernier, Mgr de Moulins-Beaufort a pris la parole lors des temps mémoriel et pénitentiel. Le temps mémoriel fut l’occasion de dévoiler la photo du « petit enfant qui pleure », en hommage aux victimes. Cette photo, prise par une victime, est celle d’un enfant qui pleure, seul, caché sous les voûtes d’une cathédrale. Il est le symbole de tous ces enfants victimes : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait » (Mt 25, 40.45)


Dans les yeux de l’enfant, se mêlent la souffrance de la violence subie, le déni de sa parole et une grande solitude. Plus tard devenu adulte, à l’imbroglio de son enfance se rajoutera une colère d’avoir été mis en danger et ne pas avoir été secouru. Il comprendra que c’est toute la culture d’un système qui a voulu se protéger au lieu de le protéger. Et son imbroglio ne cesse de se creuser autour de cette interrogation : « Pourquoi ne peut-on pas lui rendre justice ?  » C’est tellement vital pour lui pour qu’enfin il puisse avoir la paix et que cesse de couler sa larme d’enfance.
@CEF

Ce temps mémoriel fut suivi d’un temps pénitentiel. Les évêques se sont rassemblés sur l’esplanade de la basilique pour prier, dans le silence, en mémoire des victimes. Tous ont pu s’agenouiller devant une croix très sobre, tandis que le glas résonnait. C’est le Psaume 21 qui a été choisi pour souligner cette prière.

Psaume 21

 Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Le salut est loin de moi, loin des mots que je rugis.

 Mon Dieu, j’appelle tout le jour, et tu ne réponds pas ; même la nuit, je n’ai pas de repos.

Toi, pourtant, tu es saint, toi qui habites les hymnes d’Israël !

C’est en toi que nos pères espéraient, ils espéraient et tu les délivrais.

Quand ils criaient vers toi, ils échappaient ; en toi ils espéraient et n’étaient pas déçus.

Et moi, je suis un ver, pas un homme, raillé par les gens, rejeté par le peuple.

Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête :

 « Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre ! Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

C’est toi qui m’as tiré du ventre de ma mère, qui m’a mis en sûreté entre ses bras.

A toi je fus confié dès ma naissance ; dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu.

Ne sois pas loin : l’angoisse est proche, je n’ai personne pour m’aider.

Des fauves nombreux me cernent, des taureaux de Basan m’encerclent.

 Des lions qui déchirent et rugissent ouvrent leur gueule contre moi.

Je suis comme l’eau qui se répand, tous mes membres se disloquent. Mon coeur est comme la cire, il fond au milieu de mes entrailles.

Ma vigueur a séché comme l’argile, ma langue colle à mon palais. Tu me mènes à la poussière de la mort.

Oui, des chiens me cernent, une bande de vauriens m’entoure. Ils me percent les mains et les pieds ;

je peux compter tous mes os. Ces gens me voient, ils me regardent.

Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement.

Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin : ô ma force, viens vite à mon aide !

Préserve ma vie de l’épée, arrache-moi aux griffes du chien ;

sauve-moi de la gueule du lion et de la corne des buffles. Tu m’as répondu !

Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée.

Vous qui le craignez, louez le Seigneur, + glorifiez-le, vous tous, descendants de Jacob, vous tous, redoutez-le, descendants d’Israël.

Car il n’a pas rejeté, il n’a pas réprouvé le malheureux dans sa misère ; il ne s’est pas voilé la face devant lui, mais il entend sa plainte.

Tu seras ma louange dans la grande assemblée ; devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.

Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ; ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent : « A vous, toujours, la vie et la joie ! »

La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur, chaque famille de nations se prosternera devant lui :

« Oui, au Seigneur la royauté, le pouvoir sur les nations ! »

Tous ceux qui festoyaient s’inclinent ; promis à la mort, ils plient en sa présence.

Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ; on annoncera le Seigneur aux générations à venir.

On proclamera sa justice au peuple qui va naître : Voilà son oeuvre !

Vous pouvez revoir ce temps mémoriel et pénitentiel :

20211102-08 Assemblée des Evêques à LOURDES

Photos prises par Mgr Xavier MALLE