Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas, cause de notre joie.

Homélie du dimanche 13 décembre 2020 à la chapelle de l’évêché de Gap (Mgr est potentiel cas contact alors prudence)

Un mot donne le ton à toute la liturgie de ce jour : la joie. « Je tressaille de joie dans le Seigneur », s’exclame Isaïe ; le psaume est le Magnificat de Marie, son exultation de joie quand elle rencontre sa cousine Elisabeth, puis St Paul exhorte : « frères, soyez toujours dans la joie ». Cette invitation pressante à la joie, a donné le nom à la Messe de ce 3ème dimanche de l’Avent : Gaudete, c’est-à-dire « réjouissez-vous ». D’où la couleur liturgique rose, couleur de l’aurore, que l’on utilise une 2ème fois dans l’année, au milieu du Carême. Quelle est la cause de cette joie ? « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas », proclame JB.

Oui, ce matin notre joie est grande, et ce dimanche nous fait du bien dans cette période angoissante, car le Seigneur est proche. C’est cela la joie de Noël : Dieu n’est pas un Dieu lointain, Dieu s’est fait tout proche. Dieu s’est fait petit enfant, Dieu s’est fait pain vivant, hostie. Et cela nous le savons parce que d’autres Jean-Baptiste nous l’ont annoncé, nos parents peut-être, ou nos grands parents, ou d’autre encore. Jamais nous ne remercierons assez ceux qui nous ont permis de rencontrer Jésus. 

JB « est venu comme témoin pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. » C’est curieux comme formulation : il ne nous viendrait pas à l’idée de témoigner de la lumière électrique, ni de l’existence du soleil. Un fait dont tout le monde peut faire l’expérience n’est pas l’objet de témoignage. Mais que quelqu’un soit assassiné, qu’un fait miraculeux se produise, on recherche des témoins des évènements.

Pour les auditeurs de la Bible, parler de la lumière, cela renvoie immédiatement au prophète Isaïe que l’on entendra à Noël : « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. »

L’humanité est ce peuple qui marche dans les ténèbres, de la guerre, de la faim, du déreglement climatique, de la pandémie et de toutes ses conséquences.

Alors oui, regardons la lumière qui se lève, l’aurore après la nuit : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. » L’Eglise ce matin veut nous faire entrevoir la joie que nous préparons, nous donner courage pour les dernières étapes à parcourir, jusqu’à ce moment où l’ange dira aux bergers  la sainte nuit de Noël : «Je vous annonce une grande joie».

Reprenons la magnifique première épitre de St Paul aux Thessaloniciens pour en tirer quelques éléments pour notre vie personnelle : 

– « Frères, soyez toujours dans la joie »; Vous et moi savons que c’est très difficile. St Paul le sait aussi alors il donne des clefs de cette joie :

  • « priez sans relâche » : la prière quotidienne, seul, en couple, en famille, un long temps de prière avec la parole de Dieu du dimanche suivant par exemple. Pas la peine de vous abonner à l’application petit bambou. La méditation de la parole de Dieu est à votre portée. Vous connaissez sans doute cette définition de la prière qui nous est donnée par sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et qui a été repris telle quelle dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique : « pour moi, la prière, c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour, au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; enfin, c’est quelque chose de grand, de surnaturel, qui dilate l’âme et l’unit à Jésus. » En notre année mariale, vous pouvez aussi constituer des petites fraternités mariales et utiliser les fiches diocésaines.
  • « rendez grâce en toute circonstance » : autre clef : le soir cherchons de quoi je peux rendre grâce, quel passage de Dieu dans ma vie ce jour. Comment Jésus a été au milieu de nous aujourd’hui ?
  • Et il ajoute : « c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. » Je sais que souvent, surtout quand cela va mal, on a du mal à réciter le Notre Père : que ta volonté soit faite. Et bien saint Paul nous dit quelle est cette volonté de Dieu : que vous rendiez grâce en toute circonstance, que vous soyez dans la joie.
  • « N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de toute espèce de mal. » Oui, l’Esprit souffle encore aujourd’hui. Dieu nous parle. Il est difficile de comprendre ce qu’il veut nous dire, et nous le comprendrons après. Mais Dieu nous parle, c’est pour moi une certitude. Discernons dans ce que nous vivons ce qui est bon pour le garder, laissons éloigner le reste.

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