Aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez  – homélie du 1er dimanche de l’Avent le 29 novembre 2020

10h30 Cathédrale – chapelle de semaine – reprise du culteBénédiction de la crèche à la fin de la messe

INTRODUCTION

Chers paroissiens de la Cathédrale, je suis heureux d’apporter mon aide aux prêtres pour pouvoir multiplier les messes ce matin à la reprise du culte public. Je ne commente pas ce matin la jauge de 30 personnes qui nous oblige à célébrer ces trois messes en simultanée dans cette cathédrale. Vous trouverez sur le site internet un communiqué de ma part.

Ce matin, soyons à la joie de nous retrouver, de revoir vos yeux, à défaut de tout le visage, et soyons à la joie de ce premier dimanche de l’Avent. La couleur violette est certes la couleur de la pénitence, mais pour préparer nos coeurs à accueillir le Messie.

HOMELIE

« Aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ. »

Ce temps de l’Avent est le temps de l’attente. Nous attendons de voir se révéler NSJC. Le temps de confinement que nous vivons est souvent un temps d’attente, que va dire le chef de l’Etat, que va dire le Conseil d’Etat, quand est-ce que ce cauchemar de la pandémie s’arrêtera. Quand est-ce qu’on pourra s’aérer sur des skis et revenir à la Messe, etc. ? En réalité personne n’aime attendre. Peut-être que si aujourd’hui nous ne savons plus attendre, c’est parce que nous sommes à court d’espérance. Que ses sources se sont asséchées. Que nous souffrons d’une crise profonde du désir. Car désormais satisfaits des mille succédanés qui nous assaillent, nous risquons de ne plus rien attendre, surtout pas ces promesses surnaturelles, ce désir du Ciel et de la rencontre de Dieu.

Et si ce temps de l’Avent nous permettait de concentrer nos attentes sur une seule bonne nouvelle, un seul évènement qui change le monde. Et si au lieu de tas d’attentes au pluriel, nous avions une seule attente, la naissance du Messie. Pour prendre conscience que tout le reste n’est que contingent, accessoire, non essentiel. Finalement le seul commerce essentiel est le commerce avec Dieu, au sens ancien du mot commerce, relations, rencontres. C’était l’attente du peuple hébreu lors de la première Alliance.

Et qui mieux que Marie a en quelque sorte personnifiée le peuple hébreu dans son attente ? C’est la Vierge de Sion, la Vierge Marie, la Vierge de l’attente.

En cette année mariale diocésaine diocésaine, essayons de vivre cette attente avec Marie, vivre cet Avent avec Marie. De nous tenir en présence de Dieu au fond de notre cœur, comme la Ste Vierge avant la naissance. Dans son exhortation apostolique Marialis Cultus, « Le culte marial », Saint Paul VI en 1974 soulignait le caractère marial du temps de l’Avent : « (3) Ainsi, au temps de l’Avent, outre l’occasion de la solennité du 8 décembre, où l’on célèbre conjointement dans la Conception immaculée de Marie, la préparation fondamentale à la venue du Sauveur et l’heureuse aurore de l’Église sans ride ni tache, la liturgie rappelle fréquemment la figure de la Vierge, surtout les jours du 17 au 24 décembre, et plus particulièrement le dimanche qui précède Noël, jour où la liturgie fait retentir les voix antiques des prophètes sur la Vierge Mère et sur le Messie et fait lire des passages de l’Évangile relatifs à la naissance imminente du Christ et du Précurseur. (4) De cette façon, poursuit le Pape Paul VI, les fidèles qui, avec la liturgie, vivent l’esprit de l’Avent, en considérant l’amour ineffable avec lequel la Vierge Mère attendait le Fils, seront amenés à la prendre comme modèle et à se préparer à aller à la rencontre du Sauveur qui vient, « vigilants dans la prière et remplis d’allégresse ». Sainte Elisabeth de la Trinité, Elisabeth de Dijon écrit à sa soeur Guite juste avant l’Avent 1903 (lettre 183) : « Penses-tu ce que ce devait être en l’âme de la Vierge, lorsqu’après l’Incarnation elle possédait en elle le Verbe Incarné, le Don de Dieu… En quel silence, quel recueillement, quelle adoration elle devait s’ensevelir au fond de son âme pour étreindre ce Dieu dont elle était Mère. Ma petite Guite, Il est en nous. Oh ! tenons-nous tout près de Lui, en ce silence, avec cet amour de la Vierge ; c’est comme cela que nous passerons l’Avent, n’est-ce pas ?  »

Marie est bien le modèle de l’amour avec lequel nous attendons Jésus. En écrivant cela j’ai pensé à votre attente de la Messe et de la communion pendant ce confinement. Quel amour de votre part ! J’ai pensé à nos processions de communions, et si nous les vivions avec la Vierge de l’Attente ?

Cherchons dans la Parole de Dieu ce qui peut nous aider à vivre cette attente comme Marie

Saint Paul nous dit : « aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ ». La Vierge Marie, disait le Pape François dans une catéchèse en 2017 (10 mai) : « La Vierge Marie nous enseigne la vertu de l’attente, même quand tout semble privé de sens : elle a toujours confiance dans le mystère de Dieu, même quand il semble s’éclipser à cause du mal dans le monde ». Première attitude, l’attente dans la confiance, car aucun don de la grâce ne nous manque.

« Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais » s’exclame le prophète Isaïe. Voilà le grand désir de son coeur, comme une grande plainte. « Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer hors de tes chemins ? » Isaïe se rend bien compte que l’attente est source de tentations et de chutes. « Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir et ne plus te craindre ? » Mais ensuite il redit sa confiance à celui qu’il appelle, et c’est à noter, « Seigneur, notre père ; Notre-rédempteur-depuis-toujours », il lui dit : Voici que tu es descendu, (…) nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi agir ainsi pour celui qui l’attend. Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, qui se souvient de toi en suivant tes chemins. » Seconde attitude, le désir de convertir nos coeurs.

Voilà frères et soeurs, il nous reste cette après-midi si vous ne l’avez pas encore fait, à préparer la crèche dans nos maisons. Que ce soit le symbole de la préparation de la crèche dans nos coeurs, en regroupant toutes nos attentes en une seule, l’attente de la rencontre avec l’enfant Dieu à Noël, avec Marie. AMEN

20201129 Bénédiction de la crèche Cathédrale Gap