You are currently viewing Les belles pierres et les ex-votos comme ici dans cette basilique – homélie au WE Fratello au Laus le 13 novembre 2022

Le 27 novembre, ce sera le 1er dimanche de l’Avent, début de l’année liturgique. La veille nous aurons ici-même un rassemblement diocésain pour la promulgation de la vision pastorale et des orientations missionnaires 2022-2030. Nous approchons donc de la fin de l’année liturgique, c’est pourquoi la Parole de Dieu nous oriente sur la fin des temps. Elle est préfigurée dans l’Evangile par la ruine du temple de Jérusalem, annoncée par Jésus.

Les apôtres contemplaient les belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, comme ici dans cette magnifique basilique.

Et Jésus, pardonnez-moi l’expression, les fait atterrir : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Il me semble que cela relativise beaucoup de chose, dont les richesses matérielles que nous pouvons posséder. Cela invite à renouveler notre manière d’être dans ce monde, alors que nous vivons ce dimanche la 6ème journée mondiale des pauvres. Au conseil diocésain pour la Solidarité, nous avons choisi de l’élargir à un WE et de le renommer WE Fratello. En effet, il ne s’agit pas de regrouper des personnes en précarité et de leur faire la charité comme on dit, mais de vivre en frères et soeurs avec tous ceux qui nous entourent. Merci de votre présence à chacun, personnes invitées, et accompagnateurs des associations caritatives catholiques. Je suis heureux de vous rejoindre ce matin. Dans son message pour cette journée, le pape François nous dit : « Face aux pauvres, on ne fait pas de rhétorique, mais on se retrousse les manches et on met la foi en pratique par une implication directe qui ne peut être déléguée à personne. ». Le pape pointe ensuite, je le cite, « une forme de relâchement (qui) peut prendre le dessus, conduisant à des comportements incohérents, comme l’indifférence envers les pauvres. Il arrive aussi que certains chrétiens, par attachement excessif à l’argent, s’enlisent dans le mauvais usage des biens et du patrimoine. Ce sont des situations qui manifestent une foi faible et une espérance molle et myope. » Fin de citation.

Le cardinal Jean-Marc AVELINE, archevêque de Marseille, à l’occasion de la messe d’action de grâce de son cardinalat le 25 septembre dernier, commentait ainsi la parabole évangélique d’un riche dénommé Lazare : « L’homme riche n’est pas condamnable parce qu’il est riche, mais bien plutôt parce que, centré sur lui-même et sur son confort, il ne voit même plus la misère des autres. Car un riche a toujours soif d’égards ; et plus il est riche, plus il a soif ! Être riche n’est pas un mal en soi, mais l’addiction à la richesse en est un, parce qu’elle nous aveugle et nous ronge de l’intérieur, en paralysant en nous tout élan de compassion et de fraternité. (…) Il est si facile de se laisser tromper par les illusions de sa petite richesse qui, au mieux, consent à donner un peu de son superflu, mais jamais de son nécessaire, sans comprendre que « le superflu des riches est le nécessaire des pauvres », comme l’écrivait jadis le grand saint Augustin.» (https://diocese-marseille.fr/homelie-de-la-messe-de-rentree-2022/ consulté le 6 octobre 2022)

Frères et soeurs, peut-être que ce WE Fratello est l’occasion d’un examen de conscience personnel.

Un moyen simple : essayons de nous rappeler à quand remonte la dernière fois que nous avons adressé la parole à une personne en précarité, quelle que soit l’origine de cette précarité : financière, pas de papiers, isolement, maladie, handicap… ? Le pape poursuit : « Il ne s’agit donc pas d’avoir un comportement d’assistance envers les pauvres, comme c’est souvent le cas ; il faut au contraire s’engager pour que personne ne manque du nécessaire. Ce n’est pas l’activisme qui sauve, mais l’attention sincère et généreuse permettant de s’approcher d’un pauvre comme d’un frère qui tend la main, me faisant sortir de la torpeur dans laquelle je suis tombé. » Certains l’ont appelé joliment le sacrement du frère. Je remercie toutes les équipes du Laus pour leur accueil magnifique de chacun ici, quelque soit ses moyens.

Les disciples veulent savoir quand la fin du monde arrivera.

Jésus refuse de répondre et les fait réfléchir. « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : ‘C’est moi’, ou encore : ‘Le moment est tout proche.’ Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés. » Cela résonne fortement dans nos oreilles avec la guerre d’invasion russe en Ukraine et son lot d’atrocités. Jésus connaît le coeur de l’homme pécheur ; il sait que les guerres surviendront, mais il veut que ses disciples aient une  totale confiance en Dieu : « pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. » Car il y aura même des persécutions et dit Jésus, « cela vous amènera à rendre témoignage ».

En lisant cela je pensais à ce témoignage extraordinaire que rendent ceux parmi nous qui se dévouent pour l’accueil inconditionnel des réfugiés qui traversent nos montagnes. Le pape en parle aussi dans son message : « Je pense en ce moment à la disponibilité de populations entières qui, ces dernières années, ont ouvert leurs portes pour accueillir les millions de réfugiés des guerres au Moyen-Orient, en Afrique centrale et maintenant en Ukraine. Les familles ont ouvert largement leurs maisons pour faire de la place à d’autres familles, et les communautés ont accueilli avec générosité nombre de femmes et d’enfants pour leur offrir la dignité qui leur est due. Cependant, plus le conflit se prolonge, plus ses conséquences s’aggravent. Les peuples qui accueillent ont de plus en plus de mal à assurer la continuité du secours ; les familles et les communautés commencent à ressentir le poids d’une situation qui va au-delà de l’urgence. C’est le moment de ne pas faiblir et de renouveler la motivation initiale. Ce que nous avons commencé doit être achevé avec la même responsabilité. » Fin de citation de ce bel encouragement.

Oui, nous rendons grâce en ce jour pour les nombreux chrétiens qui se dévouent dans les associations caritatives. Pour vous frères et soeurs, comme vous le promet le prophète Malachie au nom de Dieu :  « pour vous qui craignez mon nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement. » Amen !