“Paternelle et affectueuse bénédiction apostolique” sur le Festival Marial

Comme chaque année, l’Alliance Mariale a organisé le Festival Marial au sanctuaire Notre-Dame du Laus du 20 au 25 août. Lors de la messe solennelle du 24 août, les participants ont eu l’immense surprise de recevoir la bénédiction apostolique du pape François, qui a appelé sur eux la protection maternelle de la Vierge Marie “Refuge des pêcheurs”.

Le pape François “encourage les participants à ce festival à venir puiser l’Eau Vive de leur âme de Notre Dame des Grâces ici honorée”.

La bénédiction apostolique lue par Mgr Xavier Malle à l’occasion de la messe du 24 août.

Voici l’homélie que Mgr Malle a prononcée à cette occasion :

«La muraille de la ville reposait sur douze fondations portant les douze noms des douze Apôtres de l’Agneau.»

Célébrer une fête d’apôtre est toujours une grande joie. Barthélémy, alias Nathanaël, a comme chacun des 12 apôtres fait deux grandes rencontres avec Jésus, l’appel et l’envoi en mission. D’abord la rencontre de sa vocation, de son appel. Comme saint Pierre, Nathanaël est un homme entier, direct : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » Alors Philippe qui lui avait annoncé qu’ils avaient trouvé le Messie lui répond : « Viens, et vois.» Notons que la vocation de Nathanaël passe par un autre apôtre, Philippe. Dieu peut choisir des intermédiaires pour nous appeler.

S’en suit la rencontre décisive. Jésus commence par reconnaître le caractère fort de Nathanaël, « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. » puis la question extraordinaire du futur apôtre : « D’où me connais-tu ? » Oui, Dieu nous connait, ce verbe connaître n’étant pas pour un hébreux une connaissance intellectuelle, comme pour un français cartésien, mais une connaissance expériencielle, naître avec : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » Devant cette expérience, Nathanaël répond par une profession de foi : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! » Puis Jésus lui prophétise qu’il verra encore plus grand, «le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme.» Ce sera effectivement la seconde grande rencontre, la rencontre de Jésus ressuscité, suivi du don de l’Esprit Saint, l’envoi en mission.

Saint Jean Chrysostome se demande, dans la lecture que nous avions au bréviaire à l’office des lectures ce matin, comment «la croix a (pu) gagné les esprits au moyen de prédicateurs ignorants, et cela dans le monde entier. (…) Comment douze hommes, des ignorants, ont-ils pu avoir l’idée d’une pareille entreprise, eux qui vivaient auprès des lacs et des fleuves, et dans le désert ? Eux qui n’avaient jamais fréquenté les villes et leurs assemblées, comment ont-ils pu songer à se mobiliser contre la terre entière ? Ils étaient craintifs et sans courage : (les évangélistes) qui (ont) écrit sur eux le montrent bien, (eux) qui n’ont voulu ni excuser ni cacher leurs défauts. C’est là une preuve très forte de vérité. (…) La chose est donc évidente : s’ils ne l’avaient pas vu ressuscité et s’ils n’avaient pas eu la preuve de sa toute-puissance, ils n’auraient pas pris un risque pareil.»

Et effectivement, après la Pentecôte et les rencontres avec Jésus ressuscité, les apôtres ont parcourus tout le monde connu d’alors. Pour Nathanaël, suivant les sources, il serait allé en Asie Mineure, actuelle Turquie, ou en Inde, ou en Perse, c’est à dire l’Iran, ou en Arménie. Fêter un apôtre, c’est nous souvenir de ces deux rencontres, l’appel et l’envoi en mission. C’est nous dire que c’est la même chose pour nous, quelque soit notre vocation : un appel et une mission. Après il nous faut répondre avec générosité, sortir de notre zone de confiance, faire un pas dans la confiance. Fêter un apôtre, c’est aussi se confier à sa prière comme nous l’avons fait dans l’oraison du jour : «maintenant qu’il prie pour ton Église, fait qu’elle devienne pour tous les peuples, le sacrement du salut.» Cette oraison nous indique une troisième raison de célébrer un apôtre; prier pour notre Église.

«La muraille de la ville reposait sur douze fondations portant les douze noms des douze Apôtres de l’Agneau.» Notre Église est apostolique, c’est à dire fondée sur les apôtres d’hier et d’aujourd’hui. Le Catéchisme de l’Église Catholique, §857, donne trois raisons : « L’Église est apostolique parce qu’elle est fondée sur les apôtres, et ceci en un triple sens :

– elle a été et demeure bâtie sur ” le fondement des apôtres “, témoins choisis et envoyés en mission par le Christ lui-même ;

– elle garde et transmet, avec l’aide de l’Esprit qui habite en elle, l’enseignement, le bon dépôt, les saines paroles entendues des apôtres ;

– elle continue à être enseignée, sanctifiée et dirigée par les apôtres jusqu’au retour du Christ grâce à ceux qui leurs succèdent dans leur charge pastorale : le collège des évêques, ” assisté par les prêtres, en union avec le successeur de Pierre, pasteur suprême de l’Église ».

Frères et sœurs, les fondations de la muraille qui protège notre Église, ce sont les apôtres. Elles sont solides.  Le thème de votre journée selon le programme que j’ai reçu est : «Recevoir notre trésor». Et selon le thème de la veillée de mercredi soir, l’amour de Dieu est le trésor de notre vie. Cet amour de Dieu, nous l’expérimentons dans notre relation. Voir et croire, faire l’expérience et poser un acte de foi sont les deux faces de notre relation à Dieu, les deux faces des pièces d’or de notre trésor. Nathanaël a connu les deux ; il a vu Jésus, il a posé un acte de foi : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! » Appuyé sur sa prière, dans ce temps de silence nous pouvons faire mémoire de nos rencontres avec Jésus, et poser cet acte de foi «c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël !». Amen.

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