17 août 2018 Bénédiction du calvaire restauré de Chabottes
  • Post published:17 août 2018

Une nouvelle restauration du calvaire monumental de CHABOTTES, et une cession du terrain par une famille au Diocèse de Gap, cela valait le coup d’une bénédiction épiscopale du calvaire, suivi d’une messe de la Croix Glorieuse et d’un verre de l’amitié !

Homélie 17 août 2018 – CHABOTTES

Bénédiction du calvaire – Oraisons et lectures de la Croix Glorieuse 14 sept.

«Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons : par ta Croix, tu as racheté le monde.» Ce verset de l’Alleluia de la fête de la Croix Glorieuse du 14 septembre que nous avons pris ce jour nous indique notre sentiment d’aujourd’hui.

Nos anciens ont construit ce calvaire, comme un acte d’adoration et de bénédiction. Adoration devant Notre-Seigneur qui a donné sa vie. Bénédiction, car par le don de sa vie, il nous a sauvé, accomplissant ainsi le plan d’amour de notre Dieu : «Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.» dit st Jean. Comment la mort de Jésus en Croix nous a sauvé ? C’est comme un diamant que l’on peut contempler par plein de facettes. Je vous propose celle du psalmiste au psaume 77 : « Et lui, miséricordieux, au lieu de détruire, il pardonnait. » «Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.» a dit Jésus en Croix, la première des 7 paroles en Croix que nous avons réécoutées devant le calvaire. Les Actes des Apôtres rapportent que le diacre Étienne, « ayant fléchi les genoux, cria d’une voix forte : Seigneur, ne leur impute pas ce péché » (Actes 7, 60).

Frères et soeurs, en contemplant cette croix, en réécoutant cette parole du Christ en Croix, nous entr-apercevons que le salut n’est pas que pour nous, mais pour les autres, et qu’en faisant comme Jésus, nous participons à ce Salut. Permettez-moi d’approfondir notre mission de salut.

Celui qui n’était encore que Joseph Ratzinger, théologien, futur pape Benoît 16, dans un livre intitulé «Le nouveau peuple de Dieu» que je viens de terminer de lire, écrit ceci : « On n’est pas chrétien pour soi, mais pour les autres, ou plutôt : on ne l’est pour soi qui si on l’est pour les autres. Etre chrétien, c’est être appelé à la générosité, à la magnanimité propre à l’homme, et comme Simon de Cyrène, supporter la croix de JC, c’est être prêt à prendre sur soit le fardeau de l’histoire. (…)

Le Christ Jésus nous sauve, mais il n’est jamais seul, et son action  salvifique a ceci de particulier qu’il ne fait pas des autres de simple récepteurs passifs, mais les introduit dans sa propre activité. L’homme est sauvé en coopérant au salut des autres. On est pour ainsi dire sauvé pour les autres et par les autres.

Frères et soeurs, nous pouvons reprendre ces 7 paroles du Christ en Croix, les faire nôtre et les vivre. Ainsi, nous participons au salut de nos frères et soeurs. Quand nous avons le courage de pardonner, de tourner une page douloureuse, c’est le monde que nous portons. Et nous sentons bien que pour en avoir la force, il nous faut contempler, adorer le crucifié, qui l’a fait avant nous et pour nous.

Alors, à l’invitation de st Paul, notre seconde lecture, au nom de Jésus nous fléchissons nos genoux et nous proclamons : Jésus Christ est Seigneur du Ciel et de la Terre, à la gloire de Dieu le Père. Amen !

Les sept dernières paroles du Christ en Croix

Article du journal LA CROIX, Martine de SAUTO le 15/03/2008, lu lors de la bénédiction du calvaire

Ces paroles entendues, mémorisées, notées par les premiers disciples figurent dans les récits évangéliques de la Passion de Jésus-Christ. Saint Luc rapporte trois de ces paroles. Jean en donne trois autres. Marc et Matthieu ont retenu la quatrième. Les dernières paroles de Jésus sur la croix ont ainsi été regroupées. Elles sont aujourd’hui encore un sujet de méditation et peuvent soutenir ceux qui affrontent l’échec, l’abandon, le silence et la mort.

Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23,34)

La première parole du Christ en croix se trouve dans saint Luc. Elle commence avec le mot Père. Jésus supplie le Père pour ceux qui le crucifient et pour tous les hommes « qui ne savent pas ce qu’ils font », dont le péché et les trahisons sont une blessure et une offense faites à Dieu, et à eux-mêmes. Sur la croix, explique le théologien franciscain Michel Hubaut, « le Christ est l’incarnation, le visage du pardon de Dieu dont il dévoile la profondeur infinie ». Les Actes des Apôtres rapportent que le diacre Étienne, « ayant fléchi les genoux, cria d’une voix forte : Seigneur, ne leur impute pas ce péché » (Actes 7, 60). À sa suite, les disciples de Jésus vont ainsi répondre à la haine par l’amour.

En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis (Lc 23,43)

La deuxième parole de Jésus se trouve, elle aussi, dans saint Luc. L’un des deux malfaiteurs conduits et crucifiés au Calvaire lance à Jésus : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même. » L’autre – la Tradition parle à son sujet de « bon larron » – le reprend, tourne son visage vers Jésus et demande : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu entreras en ton Royaume. » En Jésus humilié, attaché à la croix, il reconnaît un juste, le roi d’un royaume de justice, d’amour et de paix, et il le confesse ouvertement. Alors vient la réponse de Jésus qui, lui ayant pardonné, lui promet le paradis – « c’est-à-dire, écrit le dominicain Marie-Joseph Le Guillou, la plénitude de son Amour ». « Il y a trois hommes en croix, résume saint Augustin : un qui donne le salut, un qui le reçoit, un qui le méprise. »

Femme, voici ton fils. Et à Jean : Voici ta mère (Jean 19,26–27) 

Saint Jean rapporte la troisième parole. Au pied de la croix se tenait sa mère, et auprès d’elle, le disciple qu’il aimait. Ses adversaires ont triomphé, Judas l’a trahi, Pierre l’a renié et la plupart des disciples se sont enfuis. Il ne dit pas « mère ». Il dit « femme », comme il l’avait fait déjà lors des noces de Cana (Jn 2, 1 11), pour marquer que c’est en Fils de Dieu qu’il va l’exaucer, changer l’eau en vin, et dès lors inaugurer sa vie publique. Sur la croix, il la constitue Mère de Jean et, à travers lui, de tous les disciples du Christ, qui deviennent frères. Une communauté renaît ainsi au pied de la croix. Une Église naît.

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Mc 15,34 et Mt 27,46) 

Saint Marc et saint Matthieu font le même récit de la quatrième parole. À la sixième heure, c’est-à-dire à midi, l’obscurité se fit sur la terre. À la neuvième heure, Jésus poussa un grand cri. Il ne dit plus Père, comme à Gethsémani – « Père, éloigne de moi cette coupe » (Lc 22, 43) – ou comme au temps de la première de ses dernières paroles. Ses mots de détresse sont ceux du début du psaume 22, jaillis du cœur du psalmiste au commencement d’un chant d’espérance. Jésus reprend ce cri et se l’approprie. L’expérience de l’absence de Dieu est ainsi, d’une certaine manière, assumée au cœur de la vie de Dieu.

J’ai soif (Jn 19,28)

Saint Jean seul donne la cinquième parole. Il s’agit de la seule parole qui manifeste directement sa souffrance physique. Au tout début de l’Évangile de Jean, Jésus rencontre la Samaritaine au puits et lui dit : « Donne-moi de l’eau », avant qu’elle-même, après un dialogue d’une grande intensité, demande à son tour : « Seigneur, donne-moi cette eau… » (Jn 4,7-15). Avant de mourir, Jésus demande à nouveau qu’on étanche sa soif. Dieu a soif de l’amour fragile et insuffisant de l’homme. L’homme a soif de Dieu, comme l’exprime le psaume 63 : « Dieu, c’est toi mon Dieu que je cherche, mon âme a soif de toi, terre aride, altérée, sans eau » (Ps 63, 2).

Dans le psaume 69, le juste persécuté avait dit prophétiquement : « Dans ma soif, ils m’ont abreuvé de vinaigre » (Ps 69, 20-22). Jésus a accepté le vinaigre qui était l’ordinaire des soldats. 

Tout est achevé (Jn 19,30) 

La sixième parole « Tout est accompli » (Jn 19, 30) signifie peut-être que la prophétie concernant l’œuvre de Jésus est réalisée, mais plus profondément, que le dessein même de Dieu est accompli. Jésus n’est pas venu pour accomplir les prophéties mais pour faire la volonté de son Père. À Gethsémani, après avoir demandé : « Abba, éloigne de moi cette coupe », il ajoute : « Pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Mc 14, 36).

Jésus poussa un grand cri : Père, entre tes mains je remets mon esprit (Lc 23,46)

La dernière parole est conservée par saint Luc. Jésus l’adresse – comme la première – au Père. Ses mots sont ceux du psaume 31 (5-6). Cependant, à l’inverse du psalmiste, Jésus ne demande pas à Dieu de lui éviter la mort. Il l’affronte. Et au moment de quitter sa vie humaine, il confie son esprit à son Père à qui il avait dit auparavant : « Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que fût le monde » (Jn 17, 5).

Selon Luc, c’est en prononçant cette septième parole que Jésus expire. Marc et Matthieu parlent seulement d’un grand cri. Saint Jean écrit que Jésus incline la tête et donne son esprit. C’est l’heure du silence. Mais la foi dans la Résurrection dit qu’à Pâques, Jésus, le crucifié, est ressuscité d’entre les morts. La Parole n’est pas réduite au silence. Elle continue d’être entendue et de s’incarner dans l’infinie variété des personnes.