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Bénédiction d'icônes - St Laurent de Ventavon

Samedi 17 septembre 2022, à la fin de la messe anticipée en l’église St Laurent de Ventavon a eu lieu une belle et émouvante bénédiction des deux magnifiques icônes réalisées et offertes par Marguerite Pastrone afin d’honorer une promesse faite à sa mère défunte. Voici le texte de Marguerite Pastrone :

Ventavon, sur sa colline ventée, accueille une église d’une sobre et minérale beauté. Ma crainte était, devant tant de simplicité majestueuse, d’apporter une touche discordante à cet espace en apparence dépouillé, mais qui, une fois le seuil franchi, vous emplit de la présence de Dieu. Cette église de pierre, sans ornements ostentatoires, est d’une vérité qui traverse les temps. La réalisation de ces deux icônes, voulues par ma mère Esterina Raffero Pastrone, retournée à Dieu et auprès de son époux Henri Pastrone, a été un de ces moments de profonde communion avec ce que je peux percevoir du sacré. Et ce sacré est au combien présent sous ces modestes mais splendides voûtes romanes, très chères à nos cœurs … Pour l’alcôve dédiée à la Vierge Marie, nous avons convenu, le Père Jean-Baptiste Tran et moi-même, d’une petite icône représentant la Vierge de la Tendresse, sur le modèle de la Vierge de Vladimir, image intemporelle et éternelle de l’amour réciproque entre la Mère et l’Enfant. M’imprégnant de l’atmosphère silencieuse et intense baignant cet espace vibrant de ferveur, j’ai cherché à accorder cette icône à la tonalité particulière de cette église. Ainsi m’est venu l’idée de déposer, sur cette planche de tilleul polie venue d’Italie, des matières rugueuses et sombres en apparence, pour mieux exalter la lumière irradiée par l’amour maternel. Cette icône est pour toutes les mères du monde, dont le cœur est en permanence voué à la protection de leur enfant. L’expression de Marie est mélancolique, d’une tristesse pourtant sereine. On devine sa prescience quant au devenir de Jésus. En tant que mère du fils de Dieu, elle entrevoit et accepte ce destin, ainsi que leur chemin commun qui sera douleur, persécution, mort. Et Résurrection. La croix, en silhouette aux couleurs étouffantes comme un jugement populaire et barbare, que le Christ a douloureusement trainé sur la montée au calvaire, est penchée, car en fin de compte, cette croix de crucifixion est vaincue. Par son sacrifice, le fils de Dieu, selon la volonté de son père, pardonne les péchés d’une humanité en chemin vers la rédemption. Chemin qui sera long, difficile, dans lequel le Christ nous accompagne, et qui, par l’offrande de cette mort infamante, s’est ouvert, lentement mais sûrement, dans le cœur des hommes. L’obscurité qui s’est étendue sur le Golgotha au moment de la mort du Christ peut bien enténébrer le ciel de Rome et le fond de l’icône entourant la Vierge et l’Enfant, la lumière de l’Amour universel est triomphante. L’Enfant enlace sa mère et exprime une sagesse plus mûre que son âge, il semble chercher à la consoler, comme pour lui faire accepter l’inéluctabilité de son choix. Pour accompagner cette icône, au pied de la statue mariale, est venue, toujours avec le soutien du Père Tran, le sentiment qu’une autre présence sur l’autel serait bienvenue. Depuis longtemps l’image du Christ « acheiropoïète » s’imposait à mes pinceaux. C’est ainsi qu’est né ce Mandylion ou Christ « acheiropoïète », ce qui veut dire : « image non faite de main d’homme ». Le Mandylion ou Image d’Édesse est, selon une tradition chrétienne, une relique consistant en une pièce de tissu rectangulaire sur laquelle l’image du visage du Christ (ou Sainte Face) a été miraculeusement imprimée de son vivant. La légende veut que ce soit la première image du Christ apparue miraculeusement. Voici l’origine de cette histoire : « Le prince d’Edesse, Abgar V, malade, aurait voulu que le Christ se rendît auprès de lui afin de le guérir. Il envoya son serviteur Hannan, également artiste, en le chargeant de faire au moins le portrait du Christ, s’il ne pouvait se rendre à son chevet. Hannan essaya, en vain, de fixer les traits du Christ, ne pouvant pas peindre « sa gloire indicible ». Alors, Jésus se fit donner de l’eau, lava son visage et l’essuya avec un linge sur lequel ses traits restèrent miraculeusement fixés. Hannan s’en retourna avec ce linge à Edesse et le prince Abgar fut guéri. » Cette icône, je la ressens comme une offrande de consolation, que le Christ apporte à tous les hommes. Le regard est très présent, curieusement les yeux sont représentés ouverts, alors que lorsque l’on applique un linge sur notre visage pour en absorber l’eau, ceux-ci se ferment. Mais là, les yeux entament un dialogue muet avec celui ou celle qui approche et contemple. Avec celui ou celle capable d’écouter le silence, d’entrer en communion avec la présence invisible. Dans le silence de mon cœur, monte une prière immuable : « Où es-tu, Éternel, en cette aurore fragile, qui m’appelle en silence, m’éveille et m’émerveille, et recueille mes fragments trop longtemps dispersés… » Le Christ est en tout lieu, dans celui qui prie.

Voici le lien YouTube qui vous permettra de vivre ou de revivre cette bénédiction :

17 sept. 2022 – Bénédiction en l’église de Ventavon de 2 icônes offertes par Marguerite Pastrone – YouTube

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