Le Cantique des cantiques. Cinquante-sixième numéro de la série « La Bible pas à pas », par le père Jean-Marie Dezon, prêtre du diocèse de Gap et d’Embrun. Une production du studio “Agapé” du diocèse.

Dans la Bible, le Livre des livres, se trouve un petit écrit, énigmatique, unique en son genre : le Cantique des cantiques.

La traduction du titre en hébreu est : « le chant des chants, qui est de Salomon ». Le Cantique est une parole incandescente, un livre de feu, du feu ardent de l’amour. Rabbi Aquiba, au Ier siècle de notre ère disait : « Le monde entier ne vaut pas le jour où le Cantique fut donné à Israël, car tous les écrits sont saints, mais le Cantique est le Saint des saints ». (C’est grâce à l’insistance de Rabbi Aquiba au synode de Jabné, entre 90 et 100 que fut finalement acceptée la canonicité du Cantique, un temps mise en doute).

Un autre exégète juif, Saadia, au IXe siècle, écrivait que « le cantique ressemble à une serrure dont on aurait perdu la clef ». Certes ! Mais ne peut-on dire plutôt que plusieurs clés nous sont offertes pour que Dieu ouvre la serrure de nos cœurs, et nous réconcilie enfin avec l’amour où le charnel est spirituel, où le spirituel est charnel.

En sa lettre, le texte désigne simplement un homme et une femme célébrant la merveille de l’amour qui les tourne l’un vers l’autre. Le Cantique est vraiment une célébration mutuelle, où les voix s’entrelacent, où les mots de l’un relaient les mots de l’autre, s’échangent dans une harmonieuse parité.

Quant à la datation du texte, elle s’avère difficile en l’absence d’allusions historiques vraiment claires dans le texte. Les propositions oscillent entre l’époque de Salomon (Xe siècle) et le IIIe siècle avant notre ère. Le plus simple est donc de supposer une tradition orale disparate, étalée sur plusieurs siècles et qui n’aurait connu sa mise en forme poétique finale qu’à une date relativement tardive (IVe ou IIIe siècle avant Jésus-Christ).

—-

J’entends mon bien-aimé ! Le voici : il vient ! Sautant par-dessus les monts, bondissant par-dessus les collines. Mon bien-aimé est comparable à une gazelle ou à un faon. […] Il me dit : « Debout, toi, ma compagne, ma belle, et viens. » (Ctq. 2,8-10)