Les livres de Judith et de Tobie. Soixantième numéro de la série « La Bible pas à pas », par le père Jean-Marie Dezon, prêtre du diocèse de Gap et d’Embrun. Une production du studio “Agapé” du diocèse.

Avec le livre de Judith, la Bible nous offre une sorte de petit roman, et assez comparable à ceux de Ruth et de Jonas par son genre littéraire, mais différent par son intention. Une fois de plus, un sujet d’actualité est transposé dans un passé lointain, « sous Nabuchodonosor, roi d’Assyrie, à Ninive ». Naturellement, le lecteur sait très bien que Nabuchodonosor, était roi de Babylone, et comprend tout de suite le clin d’œil de l’auteur. Ce roi païen, en apparence tout puissant, envahit la terre et veut obliger les peuples à l’adorer comme Dieu. Les Israélites s’efforcent de se défendre, mais que faire ? Tout semble perdu, lorsque Judith, une pieuse veuve, imagine un stratagème. Elle séduit Holopherne, général en chef des envahisseurs, l’enivre et lui coupe la tête. Pour les Juifs la morale de l’histoire était la suivante : l’espérance en Dieu fait naître l’invention et l’audace chez les hommes.

Beaucoup plus pacifique, le petit livre de Tobie n’est pas non plus étranger à l’esprit de résistance. Son héros principal fait face à la persécution et brave les ordres d’un souverain. Mais l’intention du livre est plus large ; il donne une image idéale des juifs dispersés, de leurs efforts pour rester fidèles à la Loi dans l’isolement, pour se retrouver et pour réunir leurs jeunes gens. Le livre de Tobie s’achève dans le bonheur, avec la guérison du vieux Tobit qui était devenu aveugle, le mariage heureux du jeune Tobie et de sa parente Sarah, et des chants d’espérance dans la délivrance de Jérusalem.

Et Tobit dit : « Que tous proclament la grandeur du Seigneur et le célèbrent dans Jérusalem ! Jérusalem, ville sainte, Dieu te châtie à cause des œuvres de tes fils, mais de nouveau il prendra pitié des fils des justes. Célèbre le Seigneur avec éclat et bénis le roi des siècles. » (Tobie 13,10-11)