“La Bible pas à pas” n° 63
  • Post published:28 juillet 2016

Le livre de Daniel. Soixante-troisième numéro de la série « La Bible pas à pas », par le père Jean-Marie Dezon, prêtre du diocèse de Gap et d’Embrun. Une production du studio “Agapé” du diocèse.

À partir du second siècle avant Jésus-Christ, les Romains relayèrent les Grecs dans leur rôle de maîtres du monde. Les juifs vraiment fidèles continuèrent de se sentir opprimés. C’est alors que parut un livre d’une étrange beauté, écrit pour soutenir les courages pendant les années de la persécution (entre 167 et 164 avant Jésus-Christ) : c’est le livre de Daniel, que les juifs classent parmi les écrits des Sages en raison de sa date tardive. Mais les chrétiens le rangent parmi les écrits des Prophètes, parce qu’aucun autre livre n’a orienté le regard vers l’avenir avec autant d’énergie.

Son idée principale n’était pas neuve : déjà les prophètes avaient annoncé un jugement dernier où Dieu abattrait les empires païens, délivrerait son peuple, le rassemblerait à Jérusalem et rétablirait toute justice. Mais le nouveau livre était bâti entièrement sur cette espérance et il employait des procédés littéraires inconnus jusque-là.

Il commence, comme les livres de Tobie ou de Judith, en invoquant l’empire de Nabuchodonosor, puis celui des Perses. Là, de jeunes israélites résistent à la pression des étrangers. Pendant dix jours, ils refusent de manger des aliments interdits par la Loi et ils restent pourtant en bonne santé (Dan. 1).

Puis ils refusent d’adorer la statue d’or du roi et sont miraculeusement délivrés du supplice (Dan. 3 et 6). En lisant ces chapitres, le contemporain pensait sur le champ à Antiochus Épiphane, qui s’identifiait à Zeus ; plus tard, les lecteurs appliquèrent ce texte à des empereurs romains, à un Néron ou à un Caligula, et peut-être à d’autres chefs d’État.

Alors le roi Darius écrivit aux gens de tous peuples, nations et langues, qui demeurent sur la terre : « Que votre paix soit grande ! J’ai donné ordre que, dans tout le domaine de mon royaume, on tremble de crainte en présence du Dieu de Daniel : Car c’est lui le Dieu vivant, et il subsiste à jamais. » (Daniel 6,26-27)