Le Carême 2016 avec des couples et familles du diocèse – Cinquième dimanche

Durant ce Carême 2016, des couples ou des familles présentes sur le diocèse commentent la Parole de Dieu.

En ce cinquième dimanche de Carême, la parole est donnée à Pierre-Marie et Hélène Estève, de Gap.

5e dimanche de Carême
Hélène et Pierre-Marie Estève

Hélène Estève : Bonjour,
Nous sommes Hélène et Pierre-Marie, de la communauté paroissiale de Saint-Arnoux et membres depuis une trentaine d’années des Équipes Notre-Dame, mouvement d’Église qui a vocation à aider les couples chrétiens à vivre pleinement, dans le monde d’aujourd’hui, leur spiritualité conjugale.

Pierre-Marie Estève : Le passage de l’évangile de saint Jean, dont la liturgie nous propose la lecture ce 5e dimanche de carême, et connu sous le nom de « la femme adultère », nous est à tous très familier, trop peut-être. Cet épisode de la vie de Jésus est une invitation non seulement à ne pas condamner l’autre, mais à le regarder comme notre prochain. Plus profondément, la parole de Dieu nous propose de changer notre regard sur l’autre, sur nos enfants, nos proches, notre conjoint, nos voisins, nos collègues de travail, ceux dont nous nous sentons différents. Le Christ nous invite à nous laisser entraîner sur un chemin d’Amour.

HE : Lorsque les scribes et les pharisiens conduisent de force la femme adultère devant Jésus, ce dernier reste silencieux et se baisse au sol sans porter son regard sur eux. Dans un second temps il se redresse pour les placer devant leur réalité : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » (Jn, 8,7). Jésus oblige les accusateurs à s’interroger en conscience, à regarder au-dedans d’eux-mêmes en vérité. Ce qu’il veut leur faire comprendre, c’est avant tout qu’ils ne doivent pas accuser l’autre, ni le juger, ni a fortiori le condamner.

PME : D’ailleurs Jésus, lui non plus ne les condamne pas. Au contraire, par sa Parole de vérité qui résonne dans leur conscience, il les conduit à se découvrir sous l’emprise d’une interprétation, à la fois fausse et mortifère de la loi de Moise, cette loi qu’ils instrumentalisent pour diviser et exclure.
En délivrant les pharisiens de leur sentiment inhumain, Jésus désarme leur violence meurtrière et les remet sur un chemin de miséricorde.

HE : Se redressant ensuite vers la femme adultère, qu’il refuse de réduire à l’acte qu’elle a commis, Jésus s’adresse à elle avec ces simples mots : « Moi non plus, je ne te condamne pas » (Jn, 8,11). Jésus ne prononce aucune parole de pardon, il ne lui fait pas davantage la morale, mais il lui donne une parole de grâce qui est en même temps une invitation à changer, à se convertir, à se mettre en chemin.

PME : Le péché dont Jésus veut que cette femme se garde avant tout, c’est de se regarder comme définitivement jugée et condamnée par Dieu, c’est de se croire coupée de Dieu, exclue de son Amour.
« Va, et désormais ne pèche plus » (Jn, 8,11) : parce qu’il sait que cette femme vaut mieux que ce qu’elle a fait, Jésus l’appelle à renoncer à son chemin de mort. Sa parole est libération et miséricorde, elle lui ouvre un chemin de vie.

HE : Ce témoignage de Jean nous invite à un double questionnement :
– Quel est le regard que je porte sur l’autre ?
– Quelle est ma foi dans le regard que Dieu porte sur moi ?

PME : Quel est le regard que je porte sur l’autre ?
Mon regard est puissant. Il peut être tendresse, don, bienveillance … mais il peut aussi ignorer, exclure, blesser, détruire même.
Comment puis-je changer mon regard ? Comment faire pour qu’il ne salisse pas celui qu’il touche, qu’il ne trouble pas mais qu’il apaise, qu’il n’attriste pas mais qu’il console et encourage ?

HE : Il nous faut apprendre à canaliser le flot de nos pensées pour débusquer dès qu’elle surgit la pensée négative, injuste ou agressive, et la garder à distance afin de ne pas se laisser envahir par elle.

PME : Le pape François nous enseigne que la miséricorde change le monde, qu’elle le rend « moins froid et plus juste ».
Entendons cette parole comme une invitation personnelle à faire chaque jour, sur ce chemin vers Pâques, un pas de plus pour cultiver notre bienveillance, pour apprivoiser ce don que Dieu nous fait de regarder l’autre avec un regard bon et compatissant.

HE : Quelle est ma foi dans le regard que Jésus porte sur moi ?
Suis-je conscient du regard d’Amour que Jésus me porte ?
En quoi ce regard posé sur moi change-t-il concrètement ma vie quotidienne ?

PME : Lui qui m’aime depuis toute éternité,
lui qui m’aime, au point d’habiter chez moi et de m’y attendre,
lui qui me regarde comme un Père regarde son enfant,
j’ai tant à faire pour apprendre à le reconnaître et à lui rendre grâce.

HE : C’est parce que nous nous savons aimés que nous pouvons nous engager sur un chemin de conversion.
Prions avec confiance pour que par sa parole libératrice, le Christ ouvre, pour tous les hommes, pour chacun de nous, un chemin d’Amour, de miséricorde et de vie, un nouvel avenir dans l’infinie tendresse du Père.

HE et PME : À vous toutes et tous, bonne route vers Pâques !

Dimanche prochain, dimanche des Rameaux, vidéo par Hélène et Luc-André Biarnais.
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