Par décret de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, signé de son préfet, le cardinal Robert Sarah, et du secrétaire, Mgr Arthur Roche, le 11 février 2018, en la mémoire de la bienheureuse Vierge Marie de Lourdes, celle qui, jusqu’à présent, était célébrée comme une messe votive (Page 1003 du Missel Romain, Messes en l’honneur de la Vierge Marie, pp.176-180), devient une mémoire obligatoire le lundi de Pentecôte.

Par ce décret, le pape François ne crée pas une nouvelle fête, il rend obligatoire ce qui se faisait déjà de manière facultative ou pas du tout.

La mosaïque de Marie, Mère de l’Église [Mater Ecclesiae], sur la place Saint-Pierre à Rome
Cette mémoire a comme fondement théologique ce qui « était déjà en quelque sorte présent dans la pensée de l’Église à partir des paroles prémonitoires de saint Augustin et de saint Léon le Grand. Le premier, en effet, dit que Marie est la mère des membres du Christ, parce qu’elle a coopéré par sa charité à la renaissance des fidèles dans l’Église ; puis l’autre, quand il dit que la naissance de la Tête est aussi la naissance du Corps, indique que Marie est en même temps mère du Christ, Fils de Dieu, et mère des membres de son Corps mystique, c’est-à-dire de l’Église. Ces considérations dérivent de la maternité de Marie et de son intime union à l’œuvre du Rédempteur, qui a culminé à l’heure de la croix. Guide prévoyante de l’Église naissante, Marie a donc commencé sa propre mission maternelle déjà au cénacle, priant avec les Apôtres dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint (cf. Ac 1,14). Dans ce sentiment, au cours des siècles, la piété chrétienne a honoré Marie avec les titres, en quelque sorte équivalents, de Mère des disciples, des fidèles, des croyants, de tous ceux qui renaissent dans le Christ, et aussi de “Mère de l’Église”, comme il apparaît dans les textes d’auteurs spirituels ainsi que dans le magistère de Benoît XIV et de Léon XIII.
De ce qui précède on voit clairement le fondement sur lequel le bienheureux pape Paul VI, en concluant, le 21 novembre 1964, la troisième session du Concile Vatican II, a déclaré la bienheureuse Vierge Marie “Mère de l’Église, c’est-à-dire Mère de tout le peuple chrétien, aussi bien des fidèles que des pasteurs, qui l’appellent Mère très aimable”, et a établi que “le peuple chrétien tout entier honore toujours et de plus en plus la Mère de Dieu par ce nom très doux”. » (Décret de célébration).

Le décret précise que demeure valable le passage du missel romain précisant que « dans les lieux où, de coutume, les fidèles sont nombreux à la messe du lundi ou du mardi de Pentecôte, on reprend la messe du dimanche de Pentecôte ou l’on dit une messe votive de l’Esprit Saint ». Les normes déjà établies au sujet du calendrier liturgique demeurent donc en vigueur.

En accordant une place précise à cette célébration dans le calendrier romain général, le pape François veut nous rappeler que la vie chrétienne, pour croître, doit être ancrée au mystère de la Croix, à l’oblation du Christ dans le banquet eucharistique et à la Vierge offrante, Mère du Rédempteur et de tous les rachetés.

Père Joseph-Charles Mbogba
Responsable du service diocésain de la pastorale liturgique et sacramentelle

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