Célébration pénitentielle au Sanctuaire Notre-Dame du Laus

Après la publication de la lettre pastorale Pour une Église diocésaine déterminée, Mgr Xavier Malle a souhaité organiser une célébration publique de prière pénitentielle, qui a eu lieu le 8 décembre 2018 au Sanctuaire Notre-Dame du Laus.

Voici le déroulé de cette célébration, consultable en PDF : Célébration pénitentielle du 8 décembre 2018

Homélie de Mgr Malle

« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa. » Nous comprenons par ces paroles du livre de la Genèse que c’est l’homme créé à l’image de Dieu que les abus sur mineurs abîment. Avec les victimes, leur entourage, la communauté chrétienne, c’est Dieu que ces abus atteignent.
« Pierre sortit et, dehors, pleura amèrement. » Après sa trahison, ces larmes de Pierre sont des larmes de pénitence. Ce jour  nous pleurons, nous jeûnons, nous demandons pardon, nous réparons spirituellement et nous nous engageons avec détermination pour l’avenir.
Je ne peux vous redire tout ce qui est dans la lettre pastorale «pour une église déterminée», mais je vous invite à la relire.
Ce 8 décembre est un jour riche de signification.
  • Fête de l’Immaculée conception. Nous demandons son secours, nous qui sommes en chemin de sainteté, nous qui péchons. Regarde l’étoile, invoque Marie, Si tu la suis, tu ne crains rien ! Regarde l’étoile, invoque Marie, Elle te conduit sur le chemin !
  • Bien sûr, je ne peux oublier ce qui se passe dans notre pays avec les manifestations des gilets jaunes. Nous prions aussi pour notre pays, et avec le sanctuaire du Laus je nous inviter à une neuvaine de prière pour notre pays et ses dirigeants.
  • À Oran, en Algérie, c’est la béatification des martyrs d’Algérie. C’est un évènement considérable, historique, qui va médiatiquement passer dans l’ombre des manifestations du jour. Alors permettez-moi de vous offrir cette pépite du père Christian de Chergé, prieur de Tibhirine et l’un des martyrs, où il évoque sa complicité avec le mal :
« Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre. Elle n’en a pas moins non plus. En tout cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance. J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde et même de celui-là qui me frapperait aveuglément » (Testament spirituel de Christian de Chergé, « Quand un A-DIEU s’envisage », Alger, 1er décembre 1993, Thibhirine, 1er janvier 1994).
Il me semble que ces paroles nous aident à comprendre pourquoi nous avons nous demandé pardon. Une victime que j’ai rencontrée dernièrement me demandait pourquoi, car je n’étais pas coupable de ces crimes. Dans la lettre pastorale je dis que c’est un peu comme un père va demander au voisin pardon parce que le ballon de son fils a cassé des vitres. Bien sûr nous sommes dans un drame bien plus grave, mais il y a quelque chose de cette responsabilité. Comment avons nous, membre du clergé et tout le peuple de Dieu, pu laisser faire cela ? Et les paroles du Père de Chergé complètent par notre propre complicité avec le mal. Lors de la formation des jeunes évêques à Rome, le formateur sur ces questions a eu une parole dérangeante, que j’ai redis une fois à la cathédrale et qui est difficilement audible. Mais je la pense vraie : la médiocrité de beaucoup, de nous, prêtres, de moi évêque, entraîne la chute de peu. Alors vous comprenez pourquoi il est important que nous nous relancions sur le chemin de la sainteté comme nous y invite le pape. Sur ce chemin, il y a l’attitude spirituelle de la réparation. Comment réparer l’irréparable ?
Lors du sacrement de la confession, le prêtre nous propose toujours un geste, une prière de réparation. Nous allons pouvoir vivre des gestes de réparation.
Mais auparavant, je voudrai terminer avec une prière écrite par la vénérable Marthe Robin, notre voisine de la Drôme, pour la sainteté des prêtres, et je m’inclue dans cette prière :
Mon Père,
entretenez et fortifiez
en chacun de vos prêtres
le désir ardent de la vie intérieure,
de la vie surnaturelle intime,
l’amour et la soif dévorante des âmes auxquelles ils ont à vous communiquer et à vous donner sans cesse et toujours.
Père, faites-leur à tous un cœur
débordant de confiance filiale et débordant d’amour.
Faites-leur comprendre, ô mon Dieu,
que toute leur vie ici-bas doit être la continuation
et la reproduction parfaite de celle du Christ en vous,

pour parler et agir efficacement.

Amen !

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