Avec les marcheurs, nous sommes montés sur cette montagne sainte, avec Jésus, en méditant sur les mystères lumineux de sa vie, dont celui de la Transfiguration que nous célébrons aujourd’hui comme chaque 6 août ici à la chapelle St Simon. Vous connaissez le chapelet et ses trois séries traditionnelles de mystères de la vie du Christ : les mystères joyeux, douloureux et glorieux. Et bien le pape Jean-Paul II avait ajouté les mystères lumineux : le baptême de Jésus, les noces de Cana, la prédication du Royaume, la transfiguration et l’institution de l’Eucharistie.

Donc aujourd’hui 6 août, c’est la fête de la Transfiguration, et comme les anciens depuis des siècles, tous, marcheurs ou non marcheurs, nous faisons trois choses :

  • Pèleriner : nous sommes partis en pèlerinage ; c’est à dire que nous avons quitté le confort de nos maisons pour nous rendre disponible à Dieu, nous avons ouvert nos coeurs.
  • Prier, comme les ermites qui se sont succédés dans ce lieux, dont un certain saint Simon, qui n’est pas un des apôtres, mais un ermite plus tardif.
  • et enfin boire à la source, pour comme dit la tradition, nous en porter mieux, et aussi parce qu’après le petit pèlerinage nous avions soif !

Pèleriner pour prier et boire à la source, sur cette montagne de la chapelle saint Simon, en la fête de la Transfiguration.

Dans la première lecture, nous avons entendu le prophète Daniel raconter la vision qu’il avait eu d’une apparition au dessus des nuages, du haut des Cieux, d’un être semblable à un fils d’homme, auquel le vieillard donne domination, gloire et royauté. Cette prophétie va s’accomplir en Jésus dans sa glorification après sa Résurrection. L’épisode de sa transfiguration est comme une prophétie, une anticipation de sa glorification par sa Résurrection.

Jésus est alors à un moment où son ministère rencontre des difficultés, des oppositions et des menaces. Il a même annoncé à ses apôtres qu’il allait mourir et ressusciter, mais ceux-ci sont complètement décontenancés, car cela ne correspond pas à ce qu’ils espéraient sur terre: la royauté terrestre de Jésus. Alors Jésus emmène, Pierre, Jacques et Jean sur le mont Thabor, une magnifique haute montagne, et si un jour vous avez la grâce d’aller en Terre Sainte, vous y monterez aussi. C’est une très belle montagne avec au sommet un assez grand plateau.

Remarquez des éléments de la scène :

  • Ses vêtements deviennent d’une blancheur qui n’existe pas sur la terre.
  • Elie et Moïse s’entretiennent avec Jésus, marquant le fait que Jésus accomplie la loi reçue par Moïse et les prophéties données par le prophète Elie.
  • Pierre, on peut le comprendre, est à nouveau décontenancé : il propose généreusement de dresser trois tentes, et l’église qui a été construite sur le mont Thabor reprend la forme de trois tentes. Mais à la place, le Père céleste se fait entendre depuis la nuée : « Celui-ci est mon fils bien aimé. Ecoutez-le ! »

Le message semble assez claire, Jésus est bien le Messie attendu par Israël. Pourtant, la transfiguration ne suffira pas devant le désastre de la mort de Jésus en Croix : tous vont s’enfuir, y compris Jacques et Pierre qui étaient sur la montagne. Alors ne regrettons pas de ne pas avoir été présent au mont Thabor, mais demandons la grâce d’une illumination intérieure, pour reconnaître le visage glorieux de Jésus.

Car au plus profond de nous-même, nous désirons voir Dieu. Nous savons que sa beauté est extraordinaire et nous désirons le contempler. Ce sera pour le Ciel, mais parfois, le Ciel peut se déchirer et se donner à voir, depuis l’Incarnation, depuis que Jésus a pris un corps humain. 

Ainsi, nous pouvons reconnaître le visage du Seigneur dans des peintures et vitraux de nos églises paroissiales et de nos chapelles, et cela nous aide à contempler sa gloire. Nous pouvons aussi le contempler dans le visage de certaines personnes qui ont été transfigurés par cet amour de Jésus. On pense à mère Teresa par exemple, mais peut-être avez vous près de chez vous des ‘saints de la porte d’à côté’, comme le pape aime à les appeller. Nous pouvons également le contempler à travers les visages des pauvres, des réfugiés, des malades. Enfin, c’est bien le corps glorieux de Jésus que nous contemplons après la consécration à la messe. Avec nos yeux, nous voyons du pain azyme, mais avec nos yeux de la foi, nous contemplons le corps ressuscité, glorifié de Jésus, le même qui apparut aux trois apôtres sur le Thabor. A travers tous ces visages glorifiés, c’est aussi à nous que Dieu s’adresse : « Celui-ci est mon fils bien aimé. Ecoutez-le ! »

Ecoutez, ce n’est pas écouter la radio d’une oreille distraite en faisant la cuisine ! C’est écouter ce qu’il dit dans sa Parole ou dans des motions intérieures. Car Dieu n’est pas muet ! Ecouter Jésus, car il n’est pas un homme du passé, un gentil gourou ou un fondateur d’une ONG, porteur de valeurs chrétiennes, mais il est le Fils de Dieu, Dieu fait homme, mort et ressuscité pour nous, pour chacun de nous ici présent.

Oui, si nous l’écoutons dans le fond de notre coeur, cette montagne, cette chapelle de St Simon peut être notre Thabor. Prenons le temps de l’écouter dans le silence. Amen.