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Samedi Saint 16 avril – Vigile pascale21h00 Cathédrale de Gap

Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité !

Telle est la salutation des chrétiens pendant le temps pascal, comme pour se rendre compte de ce qui s’est réellement passé la nuit de Pâques à Jérusalem. Cette Résurrection, la liturgie de la vigile pascale la célèbre de multiples manières : le feu pascal est béni, symbole de la vie qui a jailli dans la nuit, le Cierge pascal, symbole du Christ ressuscité, est porté en procession dans l’Eglise, puis retentit l’Exsultet, ce chant de l’annonce de la Résurrection. S’ouvre alors une très longue liturgie de la Parole. C’est d’abord plusieurs textes de l’Ancien Testament, qui nous révèlent le plan divin du Salut qui passe par la constitution du peuple élu puis son élargissement, et c’est l’épitre de Paul aux Romains qui décrit le baptême comme une participation au mystère pascal du Christ, et enfin la proclamation de l’Evangile de la Résurrection, en saint Luc, nous fait entrer dans le tombeau vide avec les saintes femmes. Après cette homélie, nous avons la joie de célébrer le baptême, la confirmation et la première communion de trois catéchumènes, et nous renouvelleront tous notre foi baptismale avant de célébrer l’Eucharistie et de communier au corps glorieux du Seigneur. 

Je vais reprendre trois points : la résurrection, le baptême qui en est l’application à chacun de nous et la vie chrétienne, conséquence de la résurrection sur notre vie.

1er point, la résurrection: « Pourquoi cherchez-vous le Vivantparmi les morts ? » demandent les anges aux saintes femmes.

« Le premier jour de la semaine, à la pointe de l’aurore » dit joliment la traduction liturgique de la Bible. Rappelez vous l’an passé, nous étions en couvre feu en raison de la pandémie et nous avons célébré au petit matin. L’aurore est naturellement signe de la vie qui renaît. C’est pourquoi nos église sont orientées à l’Est, vers le soleil levant.

« Les femmes se rendirent au tombeau, portant les aromates qu’elles avaient préparés. » Venues pour faire l’embaumement du corps, « elles trouvèrent la pierre roulée. » Dieu a agi. Dieu a ressuscité son Fils, comme un nouvel engendrement. Son corps n’est plus là, mais deux hommes sont là en habit éblouissant ; ce sont donc des anges. Les femmes, « saisies de crainte », « gardaient leur visage incliné vers le sol » car nul ne peut voir Dieu et ses envoyés. « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? » Cette question est fondatrice. Le Christ ressuscité est le vivant. Il n’est pas dans une réalité du passé. Il est dans notre présent. Mais encore faut-il que nous l’accueillons vivant dans nos vies, par notre baptême.

Second point, le baptême : « Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus. » proclame saint Paul aux Romains.

Pour Paul, pour avoir part à la résurrection, il faut être baptisé. Le baptême est une participation à la mort et à la résurrection de Jésus. Aux temps apostoliques, le baptême était conféré par immersion totale dans l’eau. Le baptisé était enseveli dans l’eau. Puis sortant de l’eau, il prenait une grande bouffée d’air, signe de la vie ! « De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ. » Voilà ce qu’est un chrétien, « un vivant pour Dieu en Jésus Christ ».

3ème point, la vie chrétienne : « Nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. » dit encore saint Paul.

Désormais, le sens de la vie a totalement changé. Nous ne cheminons plus dans une impasse vers la mort et la chute dans le Shéol qui était pour les Hébreux le lieu d’une existence misérable ; les athées parlent du néant après la mort. La vie humaine est orientée vers une plénitude au-delà de la mort. Et nous ne sommes jamais seuls. Nous vivons avec Lui. « Par Lui, avec Lui et en Lui », dit la conclusion de la prière eucharistique.

Le futur Saint Charles de Foucauld l’exprime ainsi : « Vous êtes infiniment heureux pour l’éternité ; je jouis pleinement de ce que je désire le plus au monde : quoi qu’il arrive aux autres ou à moi, j’ai en votre Résurrection, en votre bonheur intarissable, un fond de bonheur que rien ne peut m’ôter. Vous êtes heureux : je suis heureux, ô mon Bien-aimé ! »

Le pape François dans son message pour le Carême 2022 écrit : « La résurrection du Christ anime les espoirs sur terre de la « grande espérance » de la vie éternelle et introduit déjà le germe du salut dans le temps présent. Face à l’amère déception de tant de rêves brisés, face à l’inquiétude devant les défis qui nous attendent, face au découragement dû à la pauvreté de nos moyens, la tentation est de se replier sur son propre égoïsme individualiste et de se réfugier dans l’indifférence aux souffrances des autres. » Mais comme le prophétise Isaïe cité par le Pape,  Dieu « rend des forces à l’homme fatigué, il augmente la vigueur de celui qui est faible. […] Ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer » (Is 40, 29.31). Pâques nous appelle « à placer notre foi et notre espérance dans le Seigneur, car c’est seulement avec le regard fixé sur Jésus-Christ ressuscité que nous pouvons accueillir l’exhortation de l’Apôtre : « Ne nous lassons pas de faire le bien » (Ga 6, 9).

Le père Bernard Devert, fondateur d’Habitat et humanisme, en donne un exemple dans son message pascal : « Ces frères exilés, venus d’Ukraine ont trouvé une hospitalité. J’entends les justifications : ils sont européens, une culture proche, une même religion. Certes, mais l’hospitalité offerte spontanément par tant et tant de familles, exprime une fraternité, ce craquement de l’âme, jusqu’à ouvrir un au-delà. Les cœurs se sont réveillés pour donner la vie, là où elle est menacée de mort. »

Frères et soeurs, vivons toujours plus avec lui, le Vivant, pour que le monde ait la vie et la vie en plénitude. Amen !