La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri – Le Christ, un sacré bonhomme !

La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri – Le Christ, un sacré bonhomme !

Dans sa chronique du dimanche 21 février 2016, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri nous parle d’une rencontre en taxi…

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Tout récemment, de retour de déplacement, je saute dans un taxi.

Le chauffeur, fidèle auditeur des Grosses têtes, était absorbé par les cascades de plaisanteries de la bande à Ruquier.

Tout à coup, détail important pour la suite, il se retourne vers moi et me dit : « Tout à l’heure, n’oubliez pas les 4 euros supplémentaires de prise en charge pour vos bagages. Je ne pense jamais à les demander. »

La conversation entamée, il poursuit, en me montrant du doigt son poste de radio : « J’écoute Les grosses têtes ; vous connaissez ? » et il me parle de la radio, compagne de ses journées de travail. Tout en bavardant et en me regardant dans le rétroviseur il me dit : « Mais j’ai l’impression de vous avoir déjà vu. Ah, ça y est je sais où, à la télé, vous êtes di Falco ? C’est ça ? » Et de poursuivre « Vous savez, moi, je ne crois pas en Dieu, mais le Christ, ça c’est un sacré bonhomme ! On ne le connaît pas assez. Moi, je ne suis allé qu’à l’école primaire. Je n’ai pas fait d’études, alors ce que je vous dis… Mais vraiment,  pour moi, c’est Arius qui avait raison. » Je cache ma surprise. Et le voici parti dans une grande explication sur les querelles du IVe siècle : Jésus est-il ou non le Fils de Dieu.

En effet, vers 320, un prêtre nommé Arius mit en cause la divinité du Christ. Il pensait que le Père seul mérite le nom de Dieu. Le Fils, lui, est la première et la plus belle des créatures. C’est ce qu’on a appelé l’arianisme. Athanase fit triompher la foi en la divinité du Christ et, beaucoup plus tard, la conversion des Francs au catholicisme, avec Clotilde et Clovis, assura la disparition de l’arianisme en Occident.

Ce chauffeur de taxi connaissait parfaitement cet événement de la vie de l’Église. Il reprit : « Oui, oui, Arius avait raison, car si le Christ n’était pas Dieu, il pourrait être donné en exemple à tout le monde, alors qu’en étant Dieu, il n’est donné en exemple qu’aux chré­tiens. En tout cas, dit-il, moi, même si je ne crois pas en Dieu, le Christ est mon exemple. Dans le monde actuel on a besoin d’exemple ; le mien, c’est le Christ. Les valeurs chrétiennes, c’est ce que j’essaye de vivre. »

Tout en me faisant partager ses réflexions, il me regardait dans le rétroviseur. Il se retourne encore et me dit : « Et votre croix, où est-ce qu’elle est votre croix d’évêque ?» Je lui explique qu’elle est sur ma poitrine et recouverte par le manteau que je porte. « Ah bon, il faut la montrer votre croix et il faut qu’on la voie. »

Arrivé à destination, le compteur indiquait 24 euros. Je dis : « 24 euros plus 4 de prise en charge, ça fait 28 euros. — Non, me dit-il, ça fait 20 euros. » J’ai eu beau insister, impossible de lui faire accepter les 30 euros que je tenais en main. « Les curés, normalement c’est pauvre, me dit-il. Alors, pour vous, c’est 20 Euros. Au revoir et… montrez votre croix ! »

Si, par hasard, mon chauffeur d’un jour voit cette chronique, je voudrais lui dire que j’ai souvent repensé à lui : qu’il sache que les apôtres se sont attachés d’abord à l’homme Jésus avant de reconnaître en lui le Fils de Dieu. Puisse-t-il un jour, lui aussi, vivre comme eux, la joie de la foi.

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

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Cet article a été rédigé par le service communication du diocèse de Gap.

Cet article a 7 commentaires

  1. Bonjour Monseigneur,
    Il est bien vrai de croire et d’aimer Jésus tout au début de notre vie et lui notre Jésus nous fait aimer Dieu et avoir la foi

    bien respectueusement

  2. Bonjour je regrette de ne plus avoir sur LE POINT la vidéo de Monseigneur Di Falco ;pour moi c était un complément de ma messe du Dimanche .

  3. Pour ce chauffeur de taxi la croix est d’une grande importance et représentative de quelque chose de sacré, alors que d’autres s’élèvent contre le port de la croix. Qu’il ne croit pas en Dieu est une chose mais le plus important est que son modèle dans la vie quotidienne soit Jésus Christ. N’est ce pas le début de la foi chrétienne ?

  4. Magnifique, Monseigneur.
    Est il vrai que vous partez à Rome ?
    Que le Seigneur vous garde

    1. Je vous invite à ne pas croire tout ce qui se dit… Ce qui est sûr, c’est que tout évêque approchant de ses 75 ans doit présenter sa démission au pape. C’est la loi dans l’Eglise. La démission est effective à compter de son acceptation par le pape. L’évêque devient alors « évêque émérite » du dernier diocèse dont il a été l’évêque (c’est un titre honorique). Cette règle de la démission à 75 ans a été fixée par le pape Paul VI après le Concile Vatican II pour permettre un renouvellement des épiscopats. Avant, l’évêque restait en place jusqu’à son décès…

  5. Bonjour Mgr Jean Michel Di Falco Léandri.
    J’ai beaucoup aimé le récit de la conversation du chauffeur de Taxi.
    Vous êtes vous aussi un” sacré B………….”
    Annette et moi sommes en admiration.
    Bravo pour tout ce que vous faîtes. Merci

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