La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri –  « Le pardon, quel repos ! »

Dans sa chronique du dimanche 13 décembre 2015, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri aborde la question du pardon, puisque l’année sainte de la miséricorde voulue par le pape François vient de débuter.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

La mâchoire serrée, les sourcils froncés, le visage sombre et fermé. Voilà à quoi nous ressemblons quand nous refusons le pardon dans notre cœur et sur nos lèvres.

Le 8 décembre dernier, les catholiques sont entrés dans l’Année Sainte de la Miséricorde, voulue par le pape François.

Le pape François la définit, la miséricorde, ainsi. Je le cite : « l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. La miséricorde, c’est la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de la vie. » Fin de citation.

Le pardon est souvent perçu comme un signe de faiblesse. Nous préférons que celui qui nous a blessé disparaisse de notre vue.  De temps en temps on évoquera ces actes passés avec une satisfaction mesquine, celle de lui avoir fermé les portes du rachat et d’avoir gagné la bataille de la fierté.

Souvent, il est impossible de dire pourquoi nous sommes fâchés avec telle ou telle personne, car la rupture s’est faite il y a tant d’années. Parfois même, nous sommes les héritiers des conflits familiaux sans en connaître les origines.

Pourtant ni le fait de demander pardon, ni le fait d’accepter des excuses, ne sont une attitude de faiblesse. C’est bel et bien un acte fort, un acte d’humanité et même un acte de divinité. Saint Thomas d’Aquin voyait la toute-puissance de Dieu dans le fait de faire miséricorde et de pardonner.

Nous sommes terrifiés par l’actualité sanglante du monde dans lequel nous vivons. Mère Teresa disait : « Que pouvez-vous faire pour promouvoir la paix dans le monde ? Rentrez chez vous et aimer votre famille ! » On peut prendre le mot famille au sens le plus large, notre famille bien sûr, mais aussi toute la famille humaine.

Quant aux croyants ils sont invités à se réconcilier avec Dieu, à accepter son pardon et celui des autres.

En ouvrant l’année de la miséricorde, le pape François n’est donc pas à l’image d’un camelot qui crie : « Allez, M’sieurs-dames. C’est moi qui tiens les clés du cœur de Dieu ! J’ouvre aujourd’hui la porte de son cœur mais ce n’est que pour un an. Profitez-en. Après, cric-crac, je ferme toutes les portes à double-tour. Je remballe tout. Vous n’y aurez plus droit ! » Non, le pape François ne nous invite pas à la miséricorde juste pour quelques mois, mais tout au long de notre vie.

Ceci étant, le pardon n’exclut pas la justice. Quand le pape Jean-Paul II a pardonné à celui qui lui a tiré dessus, ce dernier n’est pas pour autant aussitôt sorti de prison.

Le pardon n’est pas non plus synonyme d’oubli. Dans un débat en 2009, le cardinal archevêque de Lyon et le premier chef du gouvernement polonais non communiste ont parlé de la transition qui s’est opérée à la chute de l’URSS et de ce délicat mais important équilibre entre la mémoire et le pardon qui réunit les peuple.

« Le pardon, quel repos ! » nous dit Victor Hugo dans un de ses poèmes. Alors que cette année et les années qui viennent soient ô combien reposantes !

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 5 commentaires

  1. Je reprends une phrase de Jean-Paul II que j’aime beaucoup : “Le pardon est une option du cœur qui va contre l’instinct spontané de rendre le mal pour le mal”. Ouvrons notre cœur et pardonnons même si cela est difficile dans certains cas.
    Encore une très belle chronique Monseigneur.

  2. Je vous remercie infiniment Monseigneur Di Falco pour cette nouvelle chronique.
    J’étais samedi, à la Cathédrale de Viviers en Ardèche, pour recevoir une nouvelle fois, le pardon de Dieu, lors du jubilé de la Miséricorde où juste avant nous passions par la porte St Jean, sur le côté de la Cathédrale.
    L’émotion fut de nouveau à son comble et des larmes de joie coulèrent de mes yeux, joie d’être pardonnée par Dieu, tant aimée, comme chacune et chacun de nous tous, même le plus dangereux criminel.
    Comment stopper tout ce mal de la terre, toutes ces horreurs dues à la folie de certains d’entre nous, sur la terre sans leur ressembler ?
    Bien à vous !

    Amicalement et respectueusement.
    Martine GILHARD (Diocèse de Viviers, Ardèche).

  3. MONSEIGNEUR,pardonner,quel soulagement! Jésus,Miséricordieux,faisant l’expérience de la miséricorde,nous a donné la source de l’Amour,de l’Espérance,et de la Charité,par sa résurrection.Que ce jubilé de la Miséricorde,soit surtout,l’année du pardon et la paix dans le monde.Comprendre,c’est pardonner. “J’ai la haine du mal,et j’ai l’amour du juste”.(Victor hugo). MONSEIGNEUR,merci,vos chroniques dominicales,tellement convaincantes,nous réconfortent,du bonheur! Bonne semaine pour les célébrations à venir,le 20 décembre,au Laus,ouverture de la Porte Sainte.Avec vous par la pensée et en communion!!!

  4. quelle bonheur de vous entendre MONSEIGNEUR DI FALCO vraiment vous êtes toujours aussi sincère et j’adore vos chronique que j’écoute avec grand plaisir continuer à nous donner merci beaucoup

  5. Bonjour je trouve les homélies de Monseigneur DI FALCO formidables ; courtes et le message passe très bien .Tous les dimanches sur les newlesters du journal LE POINT je les écoute avec beaucoup d attention .Cordialement Philippe Moustey paroisse de Romilly sur Seine (diocèse de TROYES 10)

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