Dans sa chronique du 6 avril 2014, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri aborde la question de savoir à qui appartiennent les enfants : à leurs parents ? à l’État ?

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les quinze jours sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

« Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents, ils appartiennent à l’État. » Cette phrase, attribuée à la sénatrice socialiste Laurence Rossignol, est l’un des arguments phare des opposés à la « théorie du genre ». Or le site Arrêt sur image a retrouvé la vidéo de l’émission où la sénatrice s’exprimait. La première partie de la phrase est bien d’elle : « Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents ». Mais on lui coupe alors la parole. Si bien qu’on ne sait pas ce qu’elle voulait ajouter. La seconde partie de la phrase, « ils appartiennent à l’État », vient d’un tweet, où cependant le tweeter avait bien distingué ce qui était de Mme Rossignol et ce qui était de lui. Mais de fil en aiguille, de tweet en tweet, l’ensemble a été attribué à Mme Rossignol, lui faisant tenir des propos qu’elle n’avait pas tenus.

Qu’est-ce que je retiens pour ma part de ces propos et de cet événement ?

« Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents » C’est vrai. Les enfants ne sont pas leur chose, leur objet, leur propriété. Les parents sont là pour protéger leurs enfants et les préparer à la vie en société. Les parents ont un rôle éducatif. Éduquer vient du latin « e-ducere », qui signifie « conduire hors de ». Hors du cocon familial. N’est-ce pas ce que disait déjà Jésus ? « L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme. »

Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents. Ils n’appartiennent pas pour autant à l’État. Ce sont les régimes totalitaires qui ont cette conception, cherchant par tous les moyens à arracher les enfants à leurs familles, leurs racines, pour les modeler à leur guise.

Tous, nous adultes, nous avons la grave obligation d’élever les enfants. En premier lieu les parents, parce qu’ils leur ont donné la vie. La place des parents est primordiale et peut difficilement être remplacée. La famille est le premier lieu d’acquisition des manières de vivre ensemble dans le respect mutuel. L’école ensuite. Mais en appliquant ce principe que Jules Ferry exigeait de ses instituteurs ; Je le cite : « Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu’où il vous est permis d’aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir : […] Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire. » On aimerait que ce principe soit aujourd’hui encore suivi…

Oui : aux parents, comme à tout adulte, comme à l’État lui-même, peut être rappelé ces paroles de Kalhil Gibran : « Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de la Vie qui a soif de vivre encore et encore. »

Et les paroles que nous prononçons ? Les paroles qui passent de tweet en tweet, à qui appartiennent-elles ? À celui qui les énonce ? À celui qui les entend et les colporte tout en les déformant ? Les paroles que nous prononçons, ne nous appartiennent plus. Mais elles ne devraient pas non plus appartenir à ceux qui les instrumentalisent. À chacun la responsabilité d’énoncer et de transmettre des paroles de vie. Les ragots, les mensonges, la désinformation n’ont rien d’éducatif. Vous vous souvenez du titre de ce film ? Attention les enfants regardent. Nous devrions y penser plus souvent.

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 4 commentaires

  1. Grimaldi Marie José

    Telle le jeune arbre il faut à l’enfant de solides tuteurs pour pouvoir s’élancer vers le ciel . Essayons d’être de bons tuteurs . Merci Monseigneur .

  2. Chris

    Le meilleur moyen de mentir c’est de ne dire qu’une partie de la vérité, donc isolons une phrase de son contexte et on lui fera dire ce qui
    ne voulait pas être dit.

  3. de WITTE M. Josèphe

    Oui les enfants sont un don de Dieu qui nous les confie pour leur faire découvrir tout l’amour de Dieu et leur donner ainsi la possibilité de vivre leur liberté.

  4. Florence Niay

    Merci Monseigneur pour cette chronique très intéressante et si vrai ayant des enfants je me suis souvent posé cette question.

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