La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri : Crucifixions en Syrie

Dans sa chronique du dimanche 11 mai 2014, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri nous parle des crucifixions et autres atrocités ayant lieu en Syrie. Que faire ?

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les quinze jours sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Devant les informations qui nous parviennent de Syrie et d’Égypte je ne sais comment exprimer mon admiration pour les martyrs qui meurent ou nom de leur foi en Jésus-Christ, et mon indignation devant les barbares qui torturent, violent, assassinent au nom de Dieu et qui sont la honte et le déshonneur de l’islam.

Tout récemment, sur Radio Vatican, une religieuse syrienne a dénoncé des crucifixions de chrétiens en Syrie. Sœur Raghida a raconté que dans les villes ou villages qui sont occupés par les éléments armés, tous les groupes musulmans extrémistes imposent aux chrétiens de faire un choix. Soit ils disent la chahada, la profession de foi musulmane, soit ils sont crucifiés.

Toujours selon cette religieuse, si des chrétiens ne renient pas leur foi ils subissent le martyre. À Maaloula, deux jeunes gens ont été crucifiés parce qu’ils n’ont pas voulu dire la chahada. On leur a dit : « Vous voulez mourir comme votre maître en qui vous croyez ? Vous avez le choix : soit vous dites la chahada, soit vous êtes crucifiés comme lui. »

La religieuse a précisé qu’après les massacres, ils ont pris les têtes et joué au foot avec. Ils ont pris des bébés des femmes enceintes et les ont accroché aux arbres avec leurs cordons ombilicaux.

Pardon pour la violence de ces propos, mais faut-il se taire ? Le Christ lui-même a dit : « Si nous nous taisons, ce sont les pierres qui crieront. » Les pierres des villes en ruine de Syrie crient la souffrance d’un peuple massacré au nom de Dieu.

Alors quel degré de haine et d’aveuglement faut-il avoir atteint pour croire, ne serait-ce qu’un instant, que Dieu demande des actes qui ne peuvent que susciter le dégoût et le mépris de ceux qui les pratiquent en son Nom ?

« Moi, a dit le Pape François, j’ai pleuré lorsque j’ai appris par les médias la nouvelle des chrétiens crucifiés dans un certain pays non chrétien. Dans certains pays, porter une croix ou un Evangile suffit pour aller en prison, et des gens sont comme les apôtres, jugés dignes de subir des outrages au nom de Jésus. »

Oui, face à ces actes de barbarie que nous reste-t-il sinon les larmes et la prière ?

Les larmes et la prière aussi lorsque dans d’autres pays des chrétiens assassinent des musulmans. À certains moments le visage du Christ est défiguré et dégoulinant de crachats, ceux de la haine, de l’intolérance, de l’injustice, de la jalousie, de la bêtise et de l’orgueil.

Quelle tristesse de savoir que quand bien même certains se lèveraient pour inciter à faire descendre dans la rue autant de monde que l’hiver dernier, cela ne mobiliserait que quelques personnes. Tout simplement parce que peu nombreux sont ceux qui se sentent concernés.

Mais nous risquons fort de payer demain notre indifférence et notre inaction pour la paix aujourd’hui. Alors, que ceux qui ont le pouvoir et qui nous gouvernent agissent pour que cessent les massacres.

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 1 commentaire

  1. Bonsoir! Monseigneur,

    Oh! Oui! il n’y a pas de mot assez fort pour exprimer cette désolation tant d’horreur à cause de ce merveilleux Dieu auquel nous croyons
    mais c’est cela être chrétien!
    hélas une grande tristesse envahie mon coeur à l’idée de savoir que nos frères sont victimes de ces fanatiques qui torturent et tuent au nom de Dieu,
    cela ne doit pas être notre Dieu car lui donne la vie et l’espérance il n’est pas un Dieu vengeur notre
    Dieu c’est un Dieu d’amour et de compassion,
    alors que faire ? prions pour nos frères et mettons les sous la protection de Notre Dame et de notre merveilleux Dieu dans l’espérance que nos prières soient exaucées dans l’espoir de jours meilleurs.
    en unions de prière ensemble.
    l’espérance n’est pas l’assurance que quelque chose ira mieux demain,
    mais la certitude que quelque chose a du sens aujourd’hui quoi qu’il arrive demain!
    amicalement vôtre
    Francine à bientôt!

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