Dans sa chronique du 1er novembre 2013, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri présente la question posée par une jeune fille ayant assistée aux funérailles de sa grand-mère.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines sur les ondes de RCF Alpes Provence, sur les sites internet du journal Le Point et du sanctuaire Notre-Dame du Laus, et tous les quinze jours sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

À l’occasion de la fête de la Toussaint le 1er novembre, et des défunts le 2 novembre, j’aimerais vous raconter une petite anecdote.

Assez tard le soir, il m’arrive parfois d’écouter tout en travaillant certaines émissions de nuit à la radio. Vous savez ces émissions où des personnes appellent l’animatrice pour se confier ou pour demander conseil.

Voici que j’ai entendu un soir. Une jeune fille en larmes dit à l’animatrice : « Je vous appelle car je suis très malheureuse; ma grand-mère est morte et lorsque je suis allée à la messe pour l’enterrement c’était une femme qui disait la messe et pas un prêtre. Alors je me demande si c’était bien pour ma grand-mère. »

L’animatrice répond avec un certain étonnement : « Ah bon ? je ne savais pas que les femmes pouvaient dire la messe… » Et elle essaya ensuite de consoler la jeune fille comme elle pouvait avec quelques paroles gentilles.

Ne voulant pas laisser cette jeune fille dans l’inquiétude, j’ai appelé la radio pour expliquer ce qui c’était vraisemblablement passé lors des funérailles de la grand-mère et que même l’animatrice semblait ignorer. D’autant que je pensais que d’autres personnes, ne fréquentant pas habituellement l’Église, pouvaient se poser les mêmes questions que la jeune fille.

En effet, il faut savoir que depuis plusieurs années déjà des laïcs peuvent présider la prière des funérailles. Cette célébration est différente des sacrements que seuls diacres ou prêtres peuvent célébrer.

À l’occasion des funérailles, c’est la communauté qui se réunit pour prier pour le défunt. S’il n’y a pas de messe, la présence d’un prêtre n’est pas indispensable ; un laïc ou une laïque peut présider la prière. Cela est de plus en plus fréquent dans un diocèse comme le mien où le manque de prêtres fait qu’ils ne sont pas toujours disponibles. De plus l’équipe de laïcs chargée des funérailles accompagne la famille éprouvée par la perte de l’un des siens avant, pendant et souvent après les funérailles. Ce fut sans doute le cas lors des funérailles de la grand-mère de la jeune fille dont je citais les propos plus haut.

J’ajoute qu’il m’est arrivé de célébrer des funérailles de personnes publiques dont la vie ne fut pas toujours un exemple à suivre. Cela m’a parfois valu des lettres d’insultes reprochant à l’Église d’avoir accueillis ces personnes pour un dernier adieu. Dans ce cas il faut rappeler que les funérailles religieuses ne sont pas une récompense pour personnes exemplaires et quand il s’agit d’un grand pécheur devant l’éternel raison de plus pour que la communauté se rassemble pour prier pour lui et le confier à la miséricorde de Dieu sans pour autant lui reconnaître des mérites qu’il n’a pas.

À bientôt…

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 2 commentaires

  1. danielle marsault

    Ayant assisté plusieurs fois à des cérémonies présidées par Mgr Di Falco, entre autres à N.D. du Laus, je voudrais dire combien il est sage, convaincant et mesuré. C’est une grande voix de notre Eglise.

  2. Lepori-kiefer

    Monseigneur, nous ne pouvons que vous féliciter pour votre intervention car nous, les chrétiens, nous nous sentons de plus en plus minoritaires et généralement très peu soutenus.
    Merci infiniment pour ce réconfort.

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