La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri : « Qui sont les cathos aujourd’hui ? »

Dans sa chronique du dimanche 5 octobre 2014, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri présente les cathos d’aujourd’hui en France.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Peut-on parler des catholiques comme s’il s’agissait d’un groupe de croyants parfaitement homogène ? Il y a bien longtemps que l’on sait que non.

Dans un livre récent, Yann Raison du Cleuziou s’aventure à faire le panorama des catholiques dans un ouvrage intitulé Qui sont les cathos aujourd’hui ? publié aux éditions Desclée de Brouwer, sous le patronage de l’association Confrontations qui succède au Centre catholique des intellectuels français.

La première chose que nous rappelle l’auteur, car en ces temps il est utile pour certains de le rappeler, c’est que 56 % des Français se disent catholiques. L’ascenseur émotionnel m’envahit cependant à la lecture de la phrase qui Suit, à savoir : 4,5 % d’entre eux assistent à la messe chaque semaine. À titre de comparaison, 24 % des Italiens et 13 % des Espagnols assistent à la messe chaque semaine.

Mais qui sont ces 56 % de Français qui se disent catholiques dans cette France qui semble avoir perdu son statut de fille aînée de l’Église ?

Eh bien, il y a ceux qui regrettent que toutes les réformes issues du Concile Vatican II, sorte de mise à jour des pratiques de l’Église actée dans la première moitié des années soixante, ne soit pas appliquées dans son intégralité.

Il y a ceux qui redécouvrent les grâces du baptême et qui voient des signes de la présence du Christ dans leur quotidien.

Il y a ceux qui préfèrent appeler le prêtre « Monsieur l’Abbé » plutôt que « Mon Père », ignorant sans doute que le mot « abbé » vient de « abba » d’origine araméenne, c’est-à-dire « papa ». Alors « Monsieur papa » plutôt que « Mon Père », après tout pourquoi pas ?  Ces derniers expliquent la crise de l’Église par le manque de sens du sacré chez les prêtres.

Il y a ceux qui sont proches du Christ mais qui mais qui se détourne d’une l’Église qui leur dit ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire dans leur chambre à coucher. Comme si c’était le rôle et la place des prêtres de tenir la chandelle…

Il y a ceux qui, paradoxalement, ne revendiquent pas leur appartenance à la foi catholique mais qui continuent à se définir par rapport à elle. Le manque de contre-pouvoirs, le déclin intellectuel, expliquent selon eux la crise de l’Église.

Il y a ceux qui adhèrent aux refus de l’institution de mettre sur le même plan l’homosexualité et l’hétérosexualité, qu’ils soient ou non pratiquants. Cette position rencontre le plus d’assentiment chez les catholiques. Mais il faut noter l’envers de ce chiffre : en 2013, 41 % des catholiques pratiquants étaient en faveur de l’ouverture du mariage aux homosexuels.

Il y a les blessés de l’institution qui se sont auto-exclus de l’Église – tout en continuant à se revendiquer catholiques – car ils ont pensé que dans leur état de vie, l’Église ne les accueillait plus.

Il y a ceux ou celles qui croit que la notion de peuple de Dieu est mise de côté au profit de la hiérarchie de l’institution. Ces catholiques-là souhaitent que l’on revoie la place et le rôle de la femme dans l’Église.

Il y a ceux qui voient l’avenir de l’Église dans l’effondrement de la société. Une société qui selon eux s’est perdue et qui retrouvera sa pertinence dans les valeurs de la foi.

Le livre analyse en tout douze « catégories » de catholiques, dont ceux qui se réclament de la génération Jean-Paul II, ceux qui mettent au second plan les clivages internes, ceux qui voyagent et qui voient les différentes façons d’exprimer leur foi, et j’en passe.

La deuxième partie de l’ouvrage présente les différentes façons de tous ces catholiques d’accepter, de contester, d’influencer l’Église.

Alors, en lisant ce livre ou en écoutant cette chronique on peut penser à cette citation qu’on attribue au Général de Gaulle : Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 365 variétés de fromages ?

Eh bien, pour les catholiques, c’est peut-être un peu plus facile car ce qui doit gouverner leur vie, ce qui doit les unir, c’est l’amour, la fraternité, en un mot : le Christ.

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 1 commentaire

  1. Merci, Mgr Di Falco, pour cette chronique ! Bonne continuation !
    Amicalement.
    Martine GILHARD.
    http://martine.artblog.fr

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