Comment se confesser à Pâques ?

Le 20 mars 2020 la Pénitencerie Apostolique a publié une note relative au sacrement de pénitence en temps de pandémie. Le titre de cette note est tiré de Mt 28, 20 : “Je suis avec vous tous les jours”. A la même date elle a aussi publié un décret accordant des indulgences spéciales aux fidèles en ce temps de pandémie.

A. Les absolutions individuelles sont parfois encore possibles, avec les gestes barrières

Nous ne sommes pas dans des situations d’absolutions collectives autorisées par la Pénitencerie Apostolique, car nous n’avons pas chez nous accès aux malades dans l’entrée de la salle de tri aux urgences des hôpitaux, plutôt vides actuellement dans notre département et c’est tant mieux, et qui de toute façon ne comporterait que peu de catholiques pour qui cela aurait du sens.

Certes les confessions personnelles sont possibles dans les églises, ou lors de visites de malades ou de mourants à domicile, mais avec les plus grandes précautions compte tenu des conditions de la pandémie : dans des lieux correctement ventilés, avec une distance suffisante entre le confesseur et le pénitent avec le recours de masque protecteur si nécessaire mais tout en s’assurant de manière absolue de la totale confidentialité de ces confessions.

Autant dire qu’il va y en avoir peu. Aussi :

B. La contrition parfaite est suffisante en temps de pandémie, en attente d’une confession individuelle à un prêtre.

Il doit être rappelé aux fidèles :

  • Que « a confession individuelle et intégrale suivie de l’absolution demeure le seul mode ordinaire par lequel les fidèles se réconcilient avec Dieu et l’Église, sauf si une impossibilité physique ou morale dispense d’une telle confession. » (Catéchisme de l’Église Catholique, n° 1484). 
  • Qu’en cas d’impossibilité réelle de confession sacramentelle due aux circonstances particulières une contrition parfaite est suffisante pour le pardon des péchés pourvu qu’elle comporte la ferme résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle. (Catéchisme de l’Église Catholique n° 1452)

Il est donc important de proposer des aides pour nos chrétiens en attente de confession.

Ainsi : 
Le sanctuaire Notre-Dame du Laus enregistre une célébration pénitentielle de la Semaine Sainte, diffusée ensuite sur la chaine Youtube du Sanctuaire et son site internet, sous forme de pèlerinage pénitentiel, en encourageant, à la fin, les personnes à désirer se confesser une fois que le confinement sera terminé, en insistant à la fois sur le désir comme pour la communion eucharistique et sur la charité qui « couvre une multitude de péchés » (1 Pi 4,8).

Il est souvent profitable de se faire aider par des examens de conscience.

C’est l’examen de conscience proposé par le site : https://www.padreblog.fr/wp-content/uploads/2012/04/Padreblog-Examen_de_conscience2.pdf

Nous pouvons insister sur la richesse des démarches de la pénitence et de la réconciliation avec Dieu et les frères dans la tradition chrétienne. Voir le Catéchisme de l’Église catholique, section “Les multiples formes de la pénitence (-réconciliation) dans la vie chrétienne” (§ 1434 sv). Le § 1435 explicite des voies concrètes en écho à la parole du Christ : aumône (“souci des pauvres”… cf en cette période: souci des personnes seules, isolées…), prière…(“examen de conscience,..”), le jeûne (ses diverses concrétisations…). Et dans le Rituel “Célébrer la pénitence et la réconciliation”: § 7 et sv. § 8: “La réconciliation avec Dieu et avec l’Église… se réalise de multiples façons”… “Les chrétiens sont invités, personnellement et solidairement, à répondre aux appels de l’Évangile : le pardon mutuel, le partage…, l’esprit de service et le don de soi, la prière…”.

Les circonstances “confinées” actuelles incitent à valoriser ce donné de la Tradition de l’Église.

Le Pape François accorde une Indulgence plénière à l’occasion de la Pandémie

Elle est :

  • accordée à tous les malades du Coronavirus sujets au confinement pourvu que dans un esprit détaché de tout péché ils s’unissent si possible par les médias à la célébration de la Sainte Messe, la récitation du Rosaire ou d’autres actes de piété.  
  • étendue, dans les mêmes conditions, à tous les « Bons Samaritains » que sont les personnels soignants
  • offerte ceux qui seraient à l’article de la mort, qui étant bien disposé ont récité habituellement quelques prières durant leur vie et tiennent si possible une croix ou un crucifix entre leurs mains, l’Église suppléant alors aux trois conditions habituelles requises pour l’indulgence plénière.

Que Dieu fasse descendre sur chacun de nous sa Miséricorde.

Basé sur une note de Mgr Xavier Malle aux prêtres, datée du 2 avril 2020