Exercice des cultes : le juge des référés ne suspend pas les restrictions prises pendant l’état d’urgence sanitaire

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Réaction de Mgr Xavier Malle

“Si l’on peut être triste de la décision du @Conseil_Etat, il y a plus plusieurs choses intéressantes dans cet avis :

  • Autorisation des mariages (contesté par certains maires, même si le chiffre de 6 est ridicule),
  • Indication de la case à cocher « motif familial impérieux » (même si on souhaitait une case spécifique « pour se rendre dans un lieu de culte »,
  • La liberté d’aller dans son église même au delà du km, – Et surtout l’obligation du dialogue avec les cultes avant le 16 novembre fin actuel état urgence sanitaire, alors même que les autorités avaient snobé les responsables des cultes.

Voici une première réaction comme évêque mais on attend avec impatience l’analyse des avocats. Il était important de faire ce recours pour garder la liberté religieuse dans notre pays. Bien sur nous n’hésiterons pas à recommencer si nous étions oubliés dans le déconfinement comme au printemps. Courage à chacun et prions Marie pour la fin de la Pandémie :

NB : Mgr Xavier Malle fait partie des évêques qui ont fait ce recours au Conseil d’Etat, en soutien du recours du président de la Conférence des Évêques de France.

Il précise : “Il reste à prier pour que cela porte du fruit pour la liberté de l’Église, car c’est vraiment ce qui m’a motivé : de quel droit l’État s’immisce dans notre culte en choisissant que des sépultures peuvent avoir lieu et pas des messes. C’est contre la séparation des Églises et de l’État !

De plus, en campagne, 1 km ne permet pas d’aller prier dans une église. Ce point semble au moins gagné dès la réponse du ministère. 

Enfin nous pouvons nous inquiéter du projet de loi contre l’islamisme et des risques d’empiétement sur nos libertés, raison pour laquelle le président de la CEF a aussi fait un recours.

Ceci n’est bien sûr pas une mise en cause de la dangerosité du virus et de sa prévalence partout en France y compris chez nous dans les Hautes-Alpes pour cette fois.”

Enfin, il invite : “J’invite bien sûr les Chrétiens à respecter les mesures en vigueur, mais à profiter de toutes les possibilités pour aller prier dans leur église, pour l’adoration, la confession, la prière personnelle.

Je les invite également à faire de leur maison une petite église, par des liturgies familiales. La retransmission de la Messe depuis le Sanctuaire Notre-Dame du Laus,

sera d’une grande aide. Enfin, le sanctuaire ND du Laus en lien avec le diocèse de Gap, propose un “pélé’spérance” : temps de prière, conférences… chaque jour en direct depuis la Basilique du Laus.

http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com

Réaction de la Conférence des Evêques

https://eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/508444-decision-du-conseil-detat-les-eveques-partagent-la-tristesse-des-fideles/

La Conférence des évêques de France(CEF) et Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, président de la CEF, prennent acte de la décision du juge des référés du Conseil d’État rejetant leur requête contestant le décret n° 2020- 1310 du 29 octobre 2020 comme portant atteinte à la liberté de culte.

Le juge a rappelé que la liberté de culte était une liberté fondamentale et qu’elle s’exerçait tant individuellement que collectivement. Il a rejeté le recours en s’appuyant uniquement sur un motif sanitaire.

La Conférence des évêques de France et Mgr Éric de Moulins-Beaufort resteront vigilants face à toute limitation de la liberté de culte dans un temps où, pour des raisons sécuritaires, les pouvoirs publics veulent renforcer leur surveillance de tous les cultes.

Les évêques déplorent avant tout que les fidèles demeurent ainsi dans l’impossibilité de participer à la messe, sommet de leur foi et rencontre irremplaçable avec Dieu et avec leurs frères.

Demander à pouvoir assister à la messe n’a rien d’une revendication catégorielle : la prière de l’Église catholique est universelle. Dans sa liturgie, elle supplie Dieu pour la paix et pour le bien de tous les peuples, sans oublier ceux qui exercent l’autorité et ont en charge le bien commun.

« Que chacun obéisse aux autorités » dit saint Paul (Romains 13, 1) : avec regret et conscient de l’effort spirituel qu’il demande, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France demande aux fidèles et aux prêtres de respecter cette décision.

Les églises restant ouvertes, elles sont des lieux qu’il faut habiter et où l’on peut venir pour se recueillir, prier, adorer le Seigneur et y recevoir les sacrements comme celui de la Réconciliation.

Le juge des référés a précisé que des instructions avaient été données par les pouvoir publics pour que toute personne puisse se rendre dans une église proche de son domicile sans condition de distance et en cochant, dans l’attestation de déplacement, la case « motif familial impérieux ». Les ministres du culte peuvent continuer à recevoir des fidèles à et se rendre au domicile de ceux-ci comme dans les établissements dont ils sont aumôniers.

Les paroisses et les communautés sauront une nouvelle fois faire preuve d’ingéniosité pour nourrir la vie spirituelle de tous, même à distance, accompagner les enfants dans leur parcours catéchétique, soutenir les personnes âgées et isolées, servir les pauvres et les personnes en situation de précarité. Les évêques n’oublient pas les fidèles qui attendaient la célébration de leur baptême, de leur confirmation et de leur mariage

Le juge des référés a particulièrement tenu compte du fait que les règles actuelles vont faire d’ici le 16 novembre « l’objet d’un réexamen de leur caractère adapté et proportionné, ce qui suppose l’engagement à bref délai d’une concertation avec l’ensemble des représentants des cultes, destinée à préciser les conditions dans lesquelles ces restrictions pourraient évoluer ».

La Conférence des évêques attend avec impatience la concertation annoncée.