You are currently viewing De retour de Lourdes, de l’écoute à l’action

Mgr Xavier Malle est rentré de Lourdes à l’issue de l’Assemblée Plénière des évêques, qui s’est tenu à Lourdes au début du mois. Il nous fait un point à son retour et revient sur les résolutions votées le 8 novembre dernier.

 » Du 2 au 8 novembre, j’ai participé à l’Assemblée d’automne de la Conférence des Évêques de France. Ce fut très intense en travail et en émotions. Pas un miracle, mais un chemin de grande randonnée, de l’écoute à l’action.

Un chemin rendu possible par une réelle expérience de collégialité, avec la centaine d’évêques, et de synodalité : il y a deux grandes séquences, que j’appelle avec mes propres mots, la séquence ‘Sauvegarde de la Maison Commune’ (question de l’environnement) avec 300 invités et la séquence ‘Maison sûre’ (réception du rapport de la CIASE) avec 100 invités. Nous avons développé notre capacité d’écoute, de « la clameur des pauvres – clameur de la terre », et de « la clameur des personnes victimes » d’abus sexuels dans l’Église.

Nous avons beaucoup cheminé concernant ce drame des abus sexuels dans l’Église

  • Création et financement de la CIASE
  • Février 2021 : Assemblée exceptionnelle en visio, sur la responsabilité, compréhension d’une responsabilité différente pour le passé – pour l’assumer – , le présent et le futur – écoute reconnaissance réparation prévention -.
  • Mars 2021 : Assemblée plénière en visio, avec adoption de mesures et écriture d’une lettre des évêques aux Catholiques de France
  • Octobre 2021 : remise du rapport de la CIASE qui décrit l’ampleur du drame et propose 45 recommandations.
  • Novembre 2021 : Assemblée plénière à Lourdes pour la réception du rapport de la CIASE, avec des chrétiens de tous les états de vie, dont des personnes victimes.

Point d’étape du 5 novembre

Après avoir reconnu leur responsabilité en tant qu’évêques en mars 2021, ces derniers ont pu vérifier qu’ils étaient d’accord pour :

  • Reconnaître la responsabilité institutionnelle de l’Eglise dans les violences qu’on subies tant de personnes victimes
  • Reconnaître la dimension systémique de ces violences : au sens où elles ne sont pas seulement le fait d’individus isolés, mais ont été rendues possibles par un contexte globale. Des fonctionnements, des mentalités, des pratiques au sein de l’Eglise catholique ont permis que ces actes se perpétuent et ont empêché qu’ils soient dénoncés et sanctionnés
  • Reconnaître que cette responsabilité entraîne un devoir de justice et de réparation, qui ouvre la possibilité de demander pardon en vérité. (Mt 5, 20 :  Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux)

Samedi 6 novembre, geste mémoriel et prière pénitentiel, co-construits avec des personnes victimes

Résolutions votées le 8 novembre dont 4 d’application souhaitée rapide :

1/ Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation (INIRR) : la présidente est nommée.

2/ Demande au Saint-Père  : le Vatican est averti de notre demande.

3/ Fond d’indemnisation à abonder au fur et à mesure des besoins.

  • Entre deux feux car l’Église ne vit que de dons ! Or certaines personnes victimes ne veulent pas que l’on fasse un appel aux dons, relayés par le rapport de la CIASE, et certains donateurs nous écrivent qu’ils ne veulent pas qu’on utilise leur don habituel, le denier de l’Église, pour cela ! Alors il a fallu trouver autre chose : vente de biens immobiliers ou mobilier (artistique), et en attendant de pouvoir le faire, un emprunt
  • Personne ne peut interdire à un chrétien, qui se sent solidaire de son église, de participer à la réparation des faits commis par d’autres membres de l’Église. D’autant qu’il y a eu aussi des faits commis par des laïcs en mission ecclésiale. Un membre de l’Église souffre, tous contribuent à sa résilience.
  • Et pour Gap ? Malgré nos difficultés financières et le plan de redressement qui vise à l’équilibre en 2024, nous allons identifier les biens immobiliers et mobiliers qui pourront abonder le fond.

4/ Création de neuf groupes de travail avec des échéances 

Et 12 autres décisions à mettre en œuvre au fur et à mesure

Une étape car beaucoup de travail reste à réaliser. Notre détermination est forte «