Dimanche 29 juin, un nouveau diacre pour le diocèse de Gap et d’Embrun

En ce dimanche 29 juin 2014 à 15h30, en la cathédrale de Gap, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri ordonnera Édouard Le Conte comme diacre, en vue du presbytérat. Ci-dessous une interview d’Édouard Le Conte.

Édouard Le Conte avec des jeunes de l’aumônerie de Veynes et des Soeurs de La Salette à Super-Dévoluy en février 2014

Édouard, d’où venez-vous ?

Bien que je n’y sois pas né, c’est à Paris, dans le Ve arrondissement, que j’ai passé toute mon enfance et mon adolescence. Je suis passé par le Collège des Francs-Bourgeois puis le collège Stanislas avant d’avoir mon bac, série littéraire, et de terminer un deug de droit. Aussi est-ce à vingt ans que je suis entré au séminaire après un long parcours de réflexion puisque j’ai commencé à me sentir attirer par la prêtrise à l’âge de huit ans. Depuis toujours mes parents nous encourageaient, avec mon frère et mes quatre sœurs, à approfondir la foi qui les animaient et qu’ils avaient voulu nous transmettre par le baptême. J’ai pris goût à la messe du dimanche que nous servions avec mon frère, et restais intrigué par ce que faisait le prêtre au point de prendre l’habitude de retourner autant que possible à la messe en semaine. Ce à quoi j’assistais me dépassait et m’attirait, cette dimension mystérieuse a fini par me happer. Bien entendu, étant adolescent je partageais les rêves d’avenir de mes camarades et me projetais plus vers une carrière militaire ou dans la magistrature que dans le sacerdoce. Néanmoins, après avoir eu mon bac, la perspective du séminaire s’est présentée presque quotidiennement, pendant deux ans, j’ai alors pris le pari d’essayer. Et voilà le résultat !

Où êtes-vous en formation ?

Depuis trois ans je suis les cours de théologie au séminaire Saint-Luc. C’est le séminaire à Aix-en-Provence où sont habituellement envoyés les séminaristes de la province. J’ai eu l’occasion d’y rencontrer un certain nombre de prêtres et de futurs prêtres de la Provence, nouant ainsi de solides amitiés parmi eux. Les études se décomposent selon les grands traités de la théologie : la christologie, la Trinité, la Grâce,…, sans oublier le droit canonique, la morale, l’histoire de l’Église et quelques notions d’hébreu et de grec ancien. Auparavant j’avais eu l’occasion de préparer mon baccalauréat de Philosophie à l’Université Pontificale de la Sainte-Croix, à Rome.

Où avez-vous été en insertion en paroisses dans le diocèse ?

La première année que j’ai passée dans notre diocèse a tourné autour de Notre-Dame du Laus. J’y rendais quelques menus services et avais la joie de pouvoir participer à la vie de la paroisse de La Saulce, avec le père Pierre Fournier, où je venais l’assister le mercredi pour le caté et le dimanche pour les messes. L’année suivante, conjointement avec le début de ma formation au séminaire Saint-Luc, j’ai été envoyé sur le secteur de Saint-Michel-de-Chaillol, dans le Champsaur, où du vendredi soir au dimanche soir j’accompagnais et assistais le père Jean-Marie Rakotosolofo (avant qu’il ne retourne à Madagascar). L’année dernière c’est sur le secteur paroissial de Guillestre, auprès du père André Bernardi, que j’ai eu l’occasion de poursuivre ma formation, avant finalement d’arriver à Veynes pour cette année.

Que retirez-vous de ces dernières années passées dans le diocèse ?

Certainement beaucoup de choses ! D’abord un contact privilégié avec les Haut-Alpins amoureux de leur patrimoine naturel et culturel qui ont eu à cœur de me transmettre leur passion pour ces montagnes et la rude vie qu’elles occasionnent. La montagne est un lieu privilégié dans les Écritures [la Bible], de révélations, de prières et d’enseignements. Si le Seigneur a choisi pour nous ce milieu sévère et indocile pour s’exprimer c’est assurément que ces montagnes ont dans leur essence quelque chose qui participe à nous faire comprendre ses mystères. Cela tient du paradoxe : les montagnes si belles qui nous entourent n’en sont pas moins austères et rudes à tout ceux qui  ambitionnent de les apprivoiser. Et pourtant, quand à force de travail on y parvient, alors elles nous font goûter leur douceur et leur générosité. C’est un discours un peu métaphorique que je poursuivrais en disant que l’apprenti montagnard que je suis découvre pas après pas cette générosité et cette douceur et goûte étape après étape à la joie que suscite cette progression.

Vous allez être ordonné diacre en vue du presbytérat. Pourquoi ce passage par le diaconat pour être prêtre ? Comment vivez-vous cette perspective du diaconat ?

Il me semble que ce passage par le diaconat doit être appréhendé dans une perspective de gradualité. Si le diaconat ne conduit pas nécessairement à la prêtrise, il en fonde néanmoins l’accès. Les qualités que le diacre développe dans son ministère lui serviront pour son apostolat comme prêtre. Parmi ces qualités, liées au service, la générosité me semble être la plus importante. La mission du diacre est centrée sur le service. Il est de tradition de définir ce service comme celui des « deux tables ». La première est celle de l’aumône et du souci des plus pauvres, on y distribue le pain matériel, celui qui permet à chacun de vivre dignement. La seconde est celle où se distribue le pain spirituel, celui de l’Eucharistie et celui de la Parole, et c’est la plus importante puisque c’est de cette nourriture que nous puisons l’élan, l’ardeur pour le service de la première. Cette seconde table est celle du « grand festin de l’Église », où se dispense toute la richesse et tous les trésors spirituels de l’Église de Dieu. Alors à ce service, seule une générosité sans faille permet d’avoir tout le zèle, l’assiduité et la vigilance qui conviennent pour parvenir à ce haut degré de charité, d’amour, que suppose l’ordre du diaconat. C’est dans cet esprit de générosité que je me prépare à ma prochaine ordination et je sollicite vos prières pour accompagner ce moment et le ministère qui me sera confié.

 

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