Dimanche 10 février, “Réjouissons-nous d’être tentés !”

1er Dimanche de Carême

 

Notre faiblesse est si grande, et ceux qui nous font la guerre si malins et si
forts, qu’il ne faut pas s’émerveiller d’être parfois vaincus, mais bien plutôt d’être parfois vainqueurs ! Et en vérité, nous ne sommes jamais vainqueurs, mais le Christ est vainqueur en
nous, lui le Lion de Juda : et s’il nous abandonnait, nous serions aussitôt engloutis par nos ennemis, comme dit David
. Mais non,
il ne nous abandonne pas, et si parfois il se cache, ce n’est pas qu’il s’en va, mais qu’il regarde par les fentes
2, comme un époux jaloux, pour voir ce que fait cette âme quand il n’est pas là pour
l’embrasser !

Et il surveille particulièrement notre confiance, car il veut qu’elle soit
tellement enracinée en nous, qu’aucune tempête de tentation ne puisse l’arracher, mais qu’elle en sorte renforcée au contraire : nous devons croire que plus nous sommes tentés, plus nous
sommes aimés ; plus nos ennemis nous persécutent, plus Dieu nous regarde, car ses soins et sa vigilance pour nous défendre, sont sans comparaison supérieurs aux astuces de nos ennemis pour
nous tromper.

Pourquoi cela ? Parce que Dieu nous aime plus que le démon ne nous déteste, et
il est plus fort que notre chair n’est faible.

Saint Jean d’Avila (1499-1569), Lettre
59


 

L’auteur

 

Né près de Tolède d’une famille juive convertie, Jean fut en Andalousie un modèle de pasteur dans l’esprit du Concile
de Trente. Des confrères jaloux le feront enfermer deux années dans les prisons de l’Inquisition, où il traduira l’
Imitation de
Jésus-Christ
. Lié à tout ce qui a compté dans l’Espagne du xvie siècle, écrivain fécond, prédicateur, directeur, son influence s’exercera notamment en France à travers saint
François de Sales.

 

 

(Extrait du livret Carême pour les Cancres 2008 – A l’école des saints – Un texte par jour pour marcher
vers Pâques,
disponible sur www.paroisseetfamille.com)

 

 

 

 

 

 

 

 

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