Seigneur Jésus-Christ, ô bon pasteur qui as voulu mourir pour ton troupeau, compte-moi parmi tes brebis et conduis-moi dans
tes pâturages ; reconnais en moi ta petite brebis préférée, pour que je mérite d’être placé à ta droite et que tu me fasses participer à ta gloire, toi qui a bu pour moi le calice
amer.

Que tes douleurs s’imposent à ma conscience, que tes tourments la crucifient, car c’est moi qui ai préparé le calice que tu
as bu, moi qui ai commis les péchés que tu as portés, moi qui ai été complice du bourreau qui t’a frappé, moi l’auteur de ce que tu es venu absoudre.

Ô bon Jésus, tu t’es donné à moi totalement et tu as tout fait pour moi. Pour moi, tes yeux se sont fermés dans la
mort : que les miens ne s’égarent plus sur des vanités. Tes oreilles ont entendu les cris et les blasphèmes : que les miennes ne soient plus sourdes au cri du pauvre. Ta bouche a été
abreuvée de fiel et de vinaigre : que la mienne cesse de mentir, mais dise la vérité et la justice. Tes mains ont été distendues sur la croix : que les miennes s’ouvrent au
malheureux.

Ô bon Seigneur, vais-je me réjouir ou me lamenter de ta mort ? Me réjouir pour ne pas être ingrat, et me lamenter pour
ne pas être cruel ; mais parce que le temps de pleurer est venu avant celui de se réjouir, j’avancerai la tête basse, et j’entrerai dans ta Passion.

Saint Anselme (1033-1109), Sermon sur la
Passion

 

L’auteur

 

Né à Aoste en Italie, Anselme devient abbé du Bec-Hellouin en Normandie, puis archevêque de Cantorbéry en 1093, d’où il
connut l’exil pour sa défense des droits de l’Église. Dans la lignée de saint Augustin, il associe culture et vie spirituelle, représentant la meilleure théologie monastique un siècle avant la
naissance des universités urbaines.

« Je crois pour comprendre » : telle fut l’attitude intellectuelle fondamentale d’Anselme, dans un
rapport exact entre foi et raison, théologie et philosophie. Auteur notamment du
Pourquoi Dieu s’est fait homme sur l’Incarnation, du Monologion sur la Trinité et du célèbre Proslogion établissant l’existence de Dieu par une réflexion sur l’idée même de Dieu (« preuve ontologique »), son
influence fut considérable, notamment sur la philosophie moderne.

 

(Extrait du livret Carême pour les Cancres 2008 – A l’école des saints – Un texte par jour pour marcher vers Pâques, disponible sur www.paroisseetfamille.com)

Cet article a 1 commentaire

  1. Dracip

    Bonjour à tous.Tres belle priere de Saint Anselme.Je crois qu’avec Antoine et anthyme,l’on peut appeler cela un prénom ….disparu.
    Le champ du monde

    Mes amités a tous les “gapois” et “gapoises”.

    Ce jour une amie m’a dit: Sais tu ce qu’est la charité chrétienne?…………
    Aimer celui ou celle qui ne t’aime pas.

    Moi perso j’aime tout le monde,mais quand même,c’est pas facile………..!!!!!

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