Fête de la nature : la fête de la convivialité !
Nous avons vécu une magnifique Fête de la Maison Commune. Elle a été portée par des stands de qualité et des intervenants d’une grande richesse. Son déroulement a été ponctué par : la conférence sur Hildegarde de Bingen, le repas fraternel, la table-ronde sur l’Ecologie Intégrale, le spectacle sur Noé, la chasse au trésor, le concert de louange…
Mais ce qui a marqué le sceau de cette fête, c’est la convivialité. Tout au long de la journée, sont nés de beaux échanges entre tous, dans la simplicité et la joie. Et nous sommes profondément heureux de sentir que certaines personnes éloignées de la foi, nous remerciant de cette grande convivialité, aient pu se dire en partant « regardez comme ils s’aiment ! ». S’ils savaient que l’organisation a été portée par 12 disciples du Christ…!
Sigolène Moulin, coordinatrice de la journée
Thierry SAUZAY, prêtre et accompagnateur en montagne
Les trois témoignages que nous venons d’entendre, en cette fête de la nature, nous ramènent à cette question véritablement centrale, qui traverse l’encyclique Laudato Si, à savoir celle de l’espérance. Comment tenir bon dans l’espérance face à cette crise socio-environnementale sans précédent à laquelle nous sommes confrontés ? Comment vivre la conversion écologique, évoquée par l’un de nous, dans l’espérance ? Je voudrais retenir trois perspectives qu’il me semble avoir perçu, dans chacun des témoignages que nous venons d’entendre.
- Tout d’abord l’importance d’accepter le réel, de le regarder en face, et d’en accepter la complexité. La vertu de l’espérance ne gomme jamais le réel, au si dur soit-il. Il faut regarder en face l’effondrement sidérant de la biodiversité au point que le terme extinction massive commence à être employé par les scientifiques eux-mêmes. Il faut regarder en face le dérèglement climatique et ses conséquences dramatiques qui n’en sont probablement qu’à leur tout début. Il faut regarder en face l’exclusion de fait des plus pauvres de notre société, des milieux naturels les plus porteurs, entre autres de la montagne, eux qui sont bien souvent les tout premiers à payer le prix des choix de vie des plus aisés. L’espérance ne se voile pas la face, sinon elle ne serait que de faux espoirs ou l’illusion du déni.
Il faut aussi accepter les tensions inévitables tant au niveau individuel que collectif, parfois entre l’écologie et le social, par exemple sur la question du logement qui a été évoquée. S’il y a des tensions inévitables au niveau collectif, le pape François répond dans son encyclique par un mot qui traverse toute l’encyclique : le dialogue. Entrer dans l’espérance, c’est accepter d’entrer dans une dynamique de dialogue et de rencontre, où les différents aspects de la vie humaine peuvent parfois s’entrechoquer, où l’humanité sera perçue davantage dans son intégralité et son mystère, dans le réseau de relations dont elle fait partie. Au niveau individuel et plus personnel, cette même tension peut surgir dans un conflit de désirs : comment vivre personnellement ou en famille cette conversion écologique ? Le Pape François propose un autre mot : la sobriété. « La sobriété qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice. Ce n’est pas moins de vie, ce n’est pas une basse intensité de vie mais tout le contraire. » (§223). Il est intéressant que le pape François associe la sobriété à la vraie jouissance de la vie.
On pourrait avancer que dans son encyclique, le Pape François évite précisément deux écueils illusoires, deux anthropologies malsaines, deux regards sur l’être humain, problématiques aux yeux d’un chrétien : d’un côté une sorte d’héroïsme prométhéen autonome qui prétend tout résoudre par la puissance économique et technologique de l’humanité, au prix d’un certain nombre de sacrifices nécessaires. Une anthropologie qui a marqué notre passé et qui tend à s’affaiblir aujourd’hui, mais encore bien défendue par certains grands patrons de multinationales… Une anthropologie qui tend à sacraliser certaines facultés de la créativité humaine, au point que l’exploitation sans limite de la nature, comme du frère ou de la sœur, se trouvent sans cesse remobilisées et réactivées.
De l’autre, une anthropologie de la « mort de l’homme », en quelque sorte, à la suite de la « mort de Dieu ». L’humanité étant prise dans tout un tas de réseaux et de dépendances intérieures et extérieures contre lesquelles elle ne peux pas grand chose, est d’une certaine manière condamnée. Jusqu’à dire parfois que l’humanité n’est peut-être qu’un virus dont la planète cherche à se débarrasser par une mauvaise fièvre… Ces deux anthropologies sont en réalité marquées par une forme de désespérance et de solitude mortifère, et s’appuient sur des présupposés assez opposés au message chrétien.
Le Pape François cherche clairement a proposer une autre voie, plus courageuse et exigeante, mais aussi plus joyeuse. Une voie plus confiante en l’être humain tel qu’il est, capable de faire des erreurs graves certes, capable aussi de changer, de se remettre en cause, capable de dialoguer, de chercher ensemble, de s’appuyer enfin sur la grâce de Dieu. Une humanité qui, malgré l’urgence de la crise, accepte aussi le temps et l’histoire comme le lieu incontournable de sa transformation. Une humanité consciente du réseau de relations dont elle fait partie et qui entre courageusement en dialogue pour affronter les crises qu’elle traverse. En résumé, une anthropologie qui fait de l’humain ni un dieu ni un diable, mais cherche à lui redonner sa juste place avec confiance et espérance.
- Deuxième perspective qui transparaît dans vos témoignages : l’importance de l’éducation et d’abord à la beauté de la nature. Je voudrais reprendre la phrase du commandant Cousteau qui a été citée par l’un de vous en la prolongeant personnellement ainsi : « on ne protège que ce que l’on a appris à aimer, on aime que ce que l’on a appris à connaître ». Je suis surpris parfois des réactions et de l’émerveillement qui surgit lorsque l’on montre et que l’on explique un simple lichen sur une roche, l’importance d’une fourmi ou d’un escargot. Parfois une toute petite créature végétale ou animale, lorsque l’on s’intéresse vraiment à elle, à la capacité de changer notre regard sur le monde et sur nos frères et sœurs. Je voudrais citer ici encore le pape François : « Quand nous insistons pour dire que l’être humain est image de Dieu, cela ne doit pas nous porter à oublier que chaque créature a une fonction et qu’aucune n’est superflue. Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. Le sol, l’eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu» (84). Je suis très reconnaissant au pape François, d’ailleurs, de ne pas s’être arrêté au vivant. Même le non-vivant, le sol, l’eau est langage de l’amour de Dieu. Je ne peux m’étendre ici, mais les implications d’une telle phrase me semblent immenses. Qui a pratiqué l’alpinisme ou l’escalade, a pu découvrir cette relation très particulière avec le rochier… Avec les jeunes et les enfants, ne faut-il pas d’abord transmettre l’émerveillement, le positif, avant de trop les assommer avec les toutes les difficultés du moment, même si cela s’avère aussi nécessaire ? Bref, je retiens cette importance capitale de l’éducation à l’écologie et à une vraie sagesse écologique. Il ne peut y avoir d’espérance sans désir de partager le beau avec ceux qui nous suivront.
- Troisième perspective : l’importance de la parole des plus petits et des plus pauvres. Je repense à cette expérience vécue au sein de l’association 82-4000 : voilà qu’un homme issu de la rue, sans doute marqué par des addictions et des blessures du passé, se retrouve sur le glacier de la Girose, devant un paysage grandiose et quasi « planétaire ». Le voilà donc encordé et lié à d’autres, obligé de marcher au même pas que d’autres, et de s’exclamer : « ici, je suis libre ! ». Cette phrase m’a fait beaucoup réfléchir, parce que cet homme avec sa simplicité a compris sans doute bien plus que beaucoup d’autres. C’est en acceptant d’être lié aux autres, à la nature et au monde que je deviens véritablement libre. Comme le rappelait l’un des intervenants, citant le pape François, « tout est lié ». En me renfermant sur mon confort ou mes expériences, au contraire, je suis condamné à combler de façon illusoire et effrénée un vide impossible à combler par moi-même. Il y a là encore une vraie question : quelle place donnons-nous à la parole des plus pauvres pour nous ouvrir de nouvelles perspectives, changer notre regard, ouvrir notre créativité face à la crise actuelle ? Il y a dans la foi chrétienne cette conviction que Dieu passe bien souvent par les plus petits et les plus pauvres, et que c’est d’abord ainsi qu’il nous parle et nous convoque à l’espérance.
Samuel SEMPE, Directeur adjoint du Parc national des Ecrins
Liste des intervenants
STANDS
Église verte : Michèle Brossier. Expo “Laudato si” de Yann Arthus Bertrand
Hildegarde de Bingen : Elisabeth Gandhi
Jardinerie : Sonia et Sébastien Manceau, EDJ JARDINERIE
Bibliothèque d’Ecologie : Jean-Baptiste Rougny
Alliance Vita : Jacques et Geneviève Malefond
CCFD : les enjeux de la consommation, Jacques Pull et Anne Believert
L’Arbre de Vie : Marie-Christine Fagot et Bernadette Cranga
Le rucher des 4 saisons : Jean-Louis Galdino, Président de la Société d’Apiculture Alpine
Histoire de biscuits : Sophie Rommens, Médiation santé précarité
Céréales Farnabelle : Aurore Bellet
Le moustique-tigre : Martine Giraud, Gap Sciences Animation
Environnement et Solidarité : Fanny Roussillon
Atelier de Vannerie Amarine : Stéphanie Carteron
Miellerie de l’Oseraie : Ruben Bertolo
La qualité de l’air : Catherine Schlouck, médiatrice scientifique (Gap Sciences Animation)
Banc-mosaïque : Patrick Leonard, Escales Créatives
La qualité de l’eau : Emmanuelle Gloria, médiatrice scientifique (Gap Sciences Animation)
Bières artisanales : Mathieu Marleau, PIOLIT nanobrasserie
Traiteur Régional : Roland Santonax, La Bâtie Neuve
Jus de fruits Bio : René Gaudemard, plaine de Théüs
Tartes régionales : boulangerie « Le vieux Four », Tallard
ANIMATIONS ADULTES
« La Fresque du climat » : Xavier Roux, Hugues Chardonnet
“Les Arbres qui marchent” : video-débat, Jean-Baptiste Rougny
« L’alimentation de la joie » : conférence à la lumière d’Hildegarde de Bingen, Elisabeth Gandhi
Table-ronde sur l’écologie intégrale : Samuel Sempé (Directeur adjoint du Parc National des Ecrins) ; Hugues Chardonnet (Association 82-4000) ; Benoît Roustang, président du Syndicat Mixte du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) de l’aire gapençaise ; Thierry Sauzet
ANIMATIONS ENFANTS
Jeux de pré: course en sacs, tir à l’arc, Slack Line, quilles nordiques, anneaux, boules, basket, course aux œufs, foot : Michèle et Jean-Luc Perrin, Catéchistes, Noëmie
Balades en poney : Les Ecuries du Rucher
Chasse au Trésor : Noëmie, Aumônerie de La Bâtie Neuve
Spectacle interactif l’Arche de Noé” : Michèle et Jean-Luc Perrin
ANIMATIONS POUR TOUS
Café : Ordre de Malte
Danse “Terre Joyeuse” : Jacques Prénat, Association Danse Rythme ; Florent Digbeu, percussionniste
Concert « Louange des Cîmes » : groupe Louange des Cîmes
Programme de la journée
9h30 Accueil : présentation des stands et des intervenants
10h : Café-rencontre de la Maison Commune, servi par l’Ordre de Malte
Pour les enfants et les jeunes :
9h30-12h30 : Animations sur la qualité de l’eau, en intérieur
10h-11h : Spectacle interactif Arche de Noé, en intérieur
11h-12h30 : Jeux et balades en poney, en extérieur
Pour les adultes :
9h-12h30 : Stands CCFD, Environnement et Solidarité, Eglise Verte, Compostage, Qualité de l’air, Produits régionaux…
11h-12h30 : Conférence « L’alimentation de la joie » selon Hildegarde de Bingen, en intérieur
12h30 : Repas partagé
13h : Concert des Petits Chanteurs de Gap
Pour les adultes :
14h : en extérieur, Fresque du Climat
en intérieur, Table-ronde sur l’écologie intégrale : Samuel Sempé, directeur-adjoint du Parc National des Ecrins, Hugues Chardonnet, diacre, de l’association « 82-400 », Benoît Roustang, président du Syndicat Mixte du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale de l’aire gapençaise)
15h30 : Atelier de Danse pour tous « Terre joyeuse », en extérieur
15h45 : Partage autour de la Video « Les arbres qui marchent », Père Jean-Baptiste Rougny, en intérieur
Pour les enfants et les jeunes :
14h-16h30 : Animations sur le Moustique-Tigre
14h : Chasse au Trésor, jeux de plein air et balades en poney, en extérieur
15h : Spectacle interactif Arche de Noé, en intérieur
15h30 : Atelier de Danse pour tous « Terre joyeuse », en extérieur
16h30 : Recollection par les Pères Rougny et Stive
17h : Concert « Louange des cîmes »
18h30 : Messe à la paroisse de La Bâtie Neuve















