Hommage à Monseigneur André Fort
Nous venons d’apprendre avec tristesse le décès de Monseigneur André Fort, évêque émérite d’Orléans, mardi 19 août 2025. Il a été plusieurs années chapelain au sanctuaire de Notre-Dame du Laus. Les obsèques, présidées par Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, seront célébrées lundi 25 août à 15h30 à la cathédrale Saint-Lazare à Autun. Nous sommes en communion de prière avec tous ceux et celles qui lui étaient chers.
Nous vous proposons de lire l’hommage rédigé par le père Ludovic Frère, curé de l’Embrunais-Savinois et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus (2010-2022) :
C’est à l’été 2010 que Mgr André Fort a posé le pied pour la première fois au sanctuaire Notre-Dame du Laus. Ayant suivi son GPS, le voilà arrivé par le col du Tourrond, se demandant vraiment où la Vierge Marie pouvait bien le conduire… Car, par la route sinueuse de ce petit col, on ne prend pas la mesure du sanctuaire marial des Hautes-Alpes.
Nouvellement émérite du diocèse d’Orléans, Mgr Fort n’avait pas eu le temps de décider auparavant quel ministère exercer une fois atteint l’âge épiscopal de la retraite. C’est alors sur une simple invitation de Mgr di Falco qu’André Fort a dit « oui », un peu comme le patriarche Abraham, « sans savoir où il irait »[1].
Il y avait d’ailleurs bien quelque chose d’un « patriarche » dans ce grand bourguignon, longtemps Supérieur de séminaire, puis Évêque de Perpignan avant d’être nommé à Orléans. Un patriarche qui en imposait avec sa haute silhouette ; un homme inspirant spontanément le respect et pesant toujours ses mots, si bien que l’on ne pouvait manquer de l’écouter attentivement.
Ce patriarche arrivé au Laus « sans savoir où il irait » a ainsi découvert le sanctuaire Notre-Dame du Laus sur le terrain, surtout en confessant. Il a compris la grâce du lieu en écoutant les pèlerins. Il a servi la Belle Dame en ne ménageant jamais sa peine pour offrir des enseignements, de l’accompagnement spirituel ou des conseils à longueur de journée.
Il osait d’ailleurs reconnaître que le ministère de la confession était pour lui une expérience nouvelle : ni comme Supérieur de séminaire, ni comme Évêque, il n’avait eu l’occasion de beaucoup confesser. Mais là, saisi par la grâce du Laus, encouragé par la Vierge Marie pour laquelle il avait une si belle vénération, et soutenu par Benoîte qui devint l’une de ses grandes amies, Mgr André Fort consacra des heures et des heures à confesser. Il suscita, sans le savoir, l’admiration de prêtres plus jeunes et plus vaillants, éveillant en eux l’impérieuse nécessité de ne jamais se ménager pour servir la miséricorde divine.
Mgr André Fort a ainsi servi le sanctuaire Notre-Dame du Laus près de 8 années, jusqu’à l’âge de 83 ans, où il partit comme aumônier du Prieuré du Val Saint-Benoît, dans son diocèse d’origine. Il disait qu’il y allait pour « rattraper » un manque – tout relatif en réalité – de formation spirituelle de ses années de séminaire, fortement bousculées par la guerre d’Algérie, dont il ne parlait jamais sans une larme à l’œil.
C’est donc comme pour un grand pèlerinage intérieur qu’il est allé servir la communauté des Sœurs de Bethléem du Val Saint-Benoît. Un pèlerinage intérieur, comme une dernière étape pour se présenter devant le Père le 19 août 2025, jour de la fête de saint Jean Eudes, ce saint qui consacra sa vie à la formation des prêtres, comme André Fort, d’une formation qui commence toujours en soi. Saint Jean Eudes disait : « Ce doit être notre désir, notre soin et notre occupation principale, que de former Jésus en nous, c’est-à-dire de le faire vivre et régner en nous »[2]. Comme un résumé de ce qu’André Fort a cherché à vivre ; et de ce que, nous l’espérons, il contemple désormais dans la paix de Dieu.
[1] Lettre aux Hébreux 11,8b.
[2] Saint Jean Eudes, Royaume de Jésus, II, § 40.

