Incardination du père Alexis Daboncourt dans le presbyterium

Le prêtre nouveau est arrivé ! Edito du père Jean-Michel Bardet, curé du briançonnais

Dans la perspective de la nativité, il est tout à fait légitime de présenter la venue du Seigneur par cette annonce, titre qui s’accompagne de toutes les descriptions bibliques de ce temps de l’Avent : Prince de la Paix, Conseiller Merveilleux, l’Emmanuel Dieu avec nous, … Et le ministère de vos prêtres trouvent dans le Grand Prêtre qu’est le Christ la raison de leur état, et le feu de la mission qui leur est confiée.

Dans quelques jours*, nos paroisses vont accueillir un prêtre nouveau : beaucoup le connaisse, et nous l’annonçons déjà depuis un certain temps. Nouveau ? Pas vraiment puisque déjà ordonné prêtre dans l’Eglise Orthodoxe ; et tellement l’un de nous par son métier et sa présence en briançonnais. Marié à Sharon – avant même sa conversion au christianisme – il a fondé sa famille avec joie et bonheur : son épouse demeure son épouse ! Rencontrant le Christ dans le cadre de l’Eglise Orthodoxe, et ayant été jugé digne de recevoir les « ordres sacrés » (diacre puis prêtre), c’est en homme marié qu’il exerce alors son ministère selon la tradition des églises orientales (tradition également existante au sein des églises orientales rattachées à Rome). Au coeur de son cheminement dans la Foi, il demande à rejoindre la pleine communion dans l’Eglise Catholique ; les sacrements des églises orthodoxes étant reconnus dans l’Eglise Catholique, il demeure « ministre ordonné », susceptible de pouvoir servir dans les communautés catholiques.

Par suite des différentes démarches auprès du Pape, et ayant obtenu une dispense de célibat pour pouvoir exercer comme prêtre dans la tradition latine de l’Eglise Catholique, Père Alexis entre ce dimanche 21/12 dans un plein exercice du ministère de prêtre au sein du diocèse de Gap-Embrun, et plus particulièrement au service de nos paroisses du Briançonnais. Nous serons peut-être étonnés, surpris, troublés pour certains, d’avoir à faire à un prêtre marié. Mes propos précédents nous redisent la normalité de cette réalité, et nous aident sans doute à mieux concevoir que la valeur du ministère du prêtre n’est pas liée à son célibat (même si la tradition latine a fait le choix de cet état de vie pour vivre ce ministère, selon le modèle de la vie monastique). Nous faisons ainsi l’expérience de cette pluralité des traditions chrétiennes au sein d’une même Eglise ; que l’accueil du Père Alexis nous permettre d’approfondir ce qui fait le cœur de notre Foi.

Jean-Michel Bardet, curé

Vous trouverez le témoignage du père Alexis sur le site de la paroisse : https://egliseenbrianconnais.net/WordPress3/wp-content/uploads/2025/10/Parcours-spirituel-et-ecclesial-p.-Alexis.pdf

* Accueil du père Alexis Daboncourt dans le presbyterium le 21 décembre 2025 en la collégiale de Briançon.

 

Pour aller plus loin :

D’abord nous avons accueilli au tout début de notre assemblée le patriarche orthodoxe de Constantinople, Bartholoméos 1er. Voici quelque citations importantes.

D’abord il remonte à la source même de la paix véritable, la Sainte Trinité : « Nous devons rappeler au monde que la paix ne se bâtit pas sur la seule raison humaine, mais sur la reconnaissance du divin en chaque personne. Elle ne se réduit pas à une absence de conflit, mais elle est communion, écoute, pardon. Elle est le fruit de cœurs réconciliés et d’âmes ouvertes à la transcendance. Nous croyons (…) que la paix trouve son origine dans la vie même de Dieu, dans la communion des Personnes divines. Elle est participation à cette harmonie éternelle où l’amour et la liberté s’unissent sans se confondre. Entrer dans cette paix, c’est entrer dans le mouvement même de la Trinité : un mouvement d’amour qui descend vers le monde pour le guérir et le sanctifier. »

Ensuite le patriarche nous a rappelé une vieille hérésie qui refait surface dans « la situation actuelle où certains voudraient réduire la foi à une identité, voire l’instrumentaliser à des fins contraires à la Bonne Nouvelle quand ce n’est l’asservir à des entreprises autocratiques et bellicistes. C’est une chose de reconnaître la nature singulière des nations depuis la dissémination de Babel (Gn 11,1-9) que vient réparer la symphonie de la Pentecôte (Ac 2, 1-4). C’est autre chose que de sacraliser l’appartenance à un peuple au point d’en faire un tribalisme ethnique et une arme conquérante. De manière prophétique, lors du concile qui se tint à Constantinople en 1872, les patriarches orientaux (…), condamnèrent sous le vocable d’« ethnophylétisme » cet abandon à la logique du monde. Ils le jugèrent comme l’hérésie moderne par excellence. Ils décrétèrent qu’une telle déviation induisait une confusion idolâtrique et délétère entre la politique et la religion.  »

« Il est bon de souligner particulièrement les fruits œcuméniques du Synode sur la synodalité (2021-2024) qui a marqué une étape majeure dans les relations œcuméniques de l’Église catholique, comme cela a été reconnu au terme du parcours : « Un des fruits les plus significatifs du Synode 2021-2024 a été l’intensité du zèle œcuménique » (§ 137). Cette dynamique repose sur la reconnaissance du baptême commun comme fondement de l’unité et s’est manifestée concrètement à travers la participation active des délégués fraternels d’autres Églises chrétiennes, l’organisation de prières œcuméniques et l’émergence d’un véritable « échange des dons » entre traditions ecclésiales. Comme le souligne le Document final : « La synodalité, qui est une dimension constitutive de l’Église, requiert repentance et conversion » (§ 6).

[…] « La voie synodale de formation implique que la dimension œcuménique soit présente dans tous les aspects des chemins vers les ministères ordonnés » (§ 148). L’objectif est de passer « du dialogue à la collaboration concrète et aux expériences partagées de discernement en commun », faisant ainsi progresser l’unité des chrétiens tout en respectant la diversité légitime des traditions. Sr Nathalie Becquart x.m.c.j. / Sous-secrétaire du Secrétariat Général du Synode dans Les clés du Document final du Synode 2021-2024 | Nouvelle Revue Théologique | NRT