1ère rencontre nationale des doyens de chapitres à Lyon

Du 24 au 26 avril 2026, une trentaine de doyens et délégués des chapitres cathédraux français se sont réuni à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste pour échanger sur le fonctionnement de leur chapitre et autour du rôle de ces institutions au sein des diocèses. Le père André Bernardi nous raconte ce moment fort.

Une « première » dans le clergé de France

Un tel titre pourrait faire croire au récit d’une ascension par une voie encore inconnue sur une de nos belles montagnes des Ecrins ou d’ailleurs.
Dans les années d’autrefois, des confrères aux talents d’alpinistes ont ouvert des voies, mais aujourd’hui cette « race » n’existe qu’à quelques unités.

Après ce préambule, cette introduction comme me l’ont appris mes maîtres à l’école et aux études, j’aborde le sujet.

L’histoire que je vous raconte commence à la fin de l’année 2025, peu de temps avant Noël : une invitation reçue pour un rassemblement des doyens des chapitres cathédraux. Ce fut pour moi une belle surprise…ça alors ! jamais je n’avais entendu l’annonce d’un pareil évènement. Celui-ci me remplit de joie et j’en informai immédiatement mon évêque, lequel me répondit aussitôt d’y participer. Je l’en ai remercié, bien poliment, c’est normal, vous en conviendrez.

Dans un second temps, je répondis à ce chanoine de Lyon – ville au grand renom, haut-lieu de la chrétienté, capitale des Gaules – je lui faisais part de mon intérêt pour « la chose » et le félicitais pour son initiative. Le programme était bien établi, bien précis, tout était bien prévu, bien détaillé, vraiment « quelque chose » de bien, de sérieux, ce qui augmenta mon désir et ma joie d’aller en toute confiance à cette rencontre. J’ai appris par la suite qu’il y travaillait depuis un an…voilà une raison de la réussite et du succès de l’opération. Nous avons échangé quelques mails pour les mises au point et pour régler les questions que l’on se pose lorsque l’âge étant là, on s’inquiète plus facilement. Les réponses arrivaient très rapidement. Ah ! que je vous dise, ce confrère doyen du chapitre cathédral de Lyon se prénomme Eric. Il me tardait de rencontrer le « père » de ce projet inédit et audacieux. Les mois ont passé. Plusieurs courriers nous ont été envoyés, donnant des informations, des précisions encore et toujours plus utiles et intéressantes, notamment la liste des inscrits, ce qui me permit de découvrir quelques noms de confrères devenus eux aussi chanoines et surtout doyens de leur chapitre et que j’avais connus au Séminaire ou dans des réunions provinciales.
Puis arriva le jour du départ vers Lyon, le vendredi 24 avril. Le train me descendit jusqu’à Gap puis un car jusqu’à Valence où nous sommes arrivés trop tard à la gare pour prendre la correspondance. Il fallut attendre une heure pour prendre place dans une train jusqu’à la gare Jean Macé à Lyon. Heureusement qu’il y a encore de bonnes gens sur terre à qui j’ai pu demander les renseignements nécessaires pour me rendre au lieu d’hébergement : la Maison du Prado à Limonest. Un taxi vint me chercher pour m’y conduire. Pendant le trajet, bonne conversation avec le chauffeur qui avait tout de suite deviner qui était son passager.
Il était un peu plus de 19 heures lorsque j’arrivais au terminus de mon périple. Dans la salle à manger, la plupart des chanoines étaient arrivés, ils étaient à table, j’ai pris place et le repas s’est déroulé, liant conversation avec mes voisins de table venus d’horizons divers. Tout de suite, une grande sympathie s’est installée, nous fîmes connaissance et nous avons appris à nous situer dans nos diocèses, à découvrir nos différentes manières de vivre nos « occupations », nos activités en fonction de nos âges. Tout cela fut intéressant : la fraternité étant de mise, ce fut un moment et une entrée en matière très agréable. Après les consignes pour le lendemain, nous nous sommes séparés, les uns continuant à discuter en petits groupes, les autres se dirigeant vers leur chambre pour un repos justifié par les trajets plus ou moins longs, pour certains en voiture, pour les autres en train. Quelques-uns sont arrivés bien plus tard dans la nuit.

Le samedi, au petit déjeuner, tous les inscrits étaient présents. En France, il y a cinquante-quatre chapitres cathédraux, certains diocèses n’en ont pas… telle est la situation que nous avons découvert. Les quinze provinces ecclésiastiques étaient représentées. Nous étions une trentaine de doyens ou représentants de doyens. Plusieurs se sont excusés de ne pas pouvoir venir à cause de leur âge, quelques-uns à cause de leur ministère en paroisse, d’autres encore n’ont pas pu déléguer un membre de leur chapitre pour les représenter. Tous les chapitres ont répondu à cette invitation en exprimant leur soutien et leur approbation à cette initiative : bel encouragement et belle récompense pour le chanoine Eric de Lyon, le grand chef d’orchestre de ce rassemblement !
Au terme d’une petite marche…en côte – la procession était un peu échelonnée ! -, nous avons pris un car pour aller à la primatiale Saint Jean, en centre-ville de Lyon. L’office de Laudes suivie de la messe en la fête de saint Marc. C’est la raison pour laquelle, nous sommes en chasuble rouge sur la photo prise en fin de messe dans la sacristie.
Ensuite, deux propositions : la visite de la cathédrale, son architecture extérieure et intérieure ou bien l’explication de l’horloge astronomique qui se trouve près du chœur de la cathédrale. C’est à cette proposition que je suis allé. Les deux groupes se sont rejoints dans la cathédrale et nous avons attendu l’heure de midi pour assister à la sonnerie et aux multiples animations de ladite horloge. Beaucoup de monde était venu pour s’émerveiller devant cette performance mécanique : c’est merveilleux ! quel génie ! quel bel ouvrage !
Puisque c’était l’heure, nous nous sommes rendus dans un « bouchon » …ben voyons ! on n’allait pas ignorer les spécialités lyonnaises d’autant que … il était fini le temps du Carême. Un « bouchon » est le nom donné aux restaurants traditionnels à Lyon : voilà, vous savez tout…mais je ne vous apprends rien, n’est-ce-pas ?
Tous délicieusement rassasiés, certains sont partis visiter à pied le vieux Lyon, beaucoup ont pris un temps de repos dans une pièce mise à leur disposition. Ces deux temps terminés, nous nous sommes retrouvés dans la salle Gerlier, salle historique du Chapitre de Lyon pour un temps de rencontres par petits groupes afin d’échanger et de dialoguer sur notre ministère de chanoine, la place du Chapitre ans notre diocèse, les évolutions que l’on voit se dessiner pour l’avenir. Beaucoup d’entre nous ont demandé ces échanges. Ils ont été riches étant donné la diversité des situations locales. Un compte rendu de ces réflexions devrait nous parvenir dans quelque temps. En fin d’après-midi, nous sommes revenus en autocar à notre hébergement pour le dîner. Les conversations allaient bon train, nous nous connaissions un peu mieux et des sympathies ont pu se nouer. Personnellement, j’ai retrouvé deux confrères connus il y a longtemps. En discutant avec tel ou tel, j’ai demandé des nouvelles de confrères de leur diocèse que j’ai eu l’occasion de rencontrer de diverses façons. J’ai vraiment senti cette fraternité sacerdotale et le sentiment que nous formons une grande famille. Notre région des Hautes Alpes, le diocèse de Gap-Embrun sont bien connus par ceux qui y sont venus en camp de jeunes…cela remonte à plusieurs décennies…bien évidemment, d’autres connaissent le sanctuaire de Notre Dame du Laus.
La journée ayant été bien remplie, intéressante, nous avons pris le chemin de nos chambres pour une nuit reposante.

Le lendemain dimanche, le dimanche de prière pour les Vocations fut un grand moment.
Après le petit déjeuner, nous avons fait notre petite marche matinale pour rejoindre le car, ceux qui étaient venus en voiture les ont reprises en organisant un covoiturage. Nous nous sommes tous retrouvés à la primatiale saint Jean pour la messe avec la présence des chanoines de Lyon disponibles. L’archevêque, Mgr Olivier de Germay étant retenu par une visite pastorale, c’est l’évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Patrick Le Gal qui a présidé la cérémonie et assuré l’homélie. Une belle assemblée, l’organiste – comme la veille -, la présence de la chorale ont contribué à la solennité de cette messe.
À l’issue de cette messe, un apéritif dans la cour de la maison diocésaine nous a été offert, d’autres chanoines de Lyon nous ont rejoints.
Ensuite, dans la salle Gerlier, un buffet était organisé par des bénévoles.
Rien ne manquait à ces moments de convivialité, tout a été très bien prévu. Notre groupe a beaucoup apprécié l’accueil qui nous a été réservé. Par une prise de parole du chanoine Eric, doyen du chapitre de Lyon, celui-ci a su remercier les différents acteurs de ces deux journées. Quant à nous, nous l’avons applaudi chaleureusement au terme de son discours…il le méritait grandement.

L’ambiance de ce premier rassemblement national a été telle que nous nous sommes donné rendez-vous en 2028…espérons que nous serons encore « en état » d’y être présents.
Pour cette deuxième édition, nous serons accueillis à Strasbourg. Chez eux aussi, il y a une horloge astronomique dans la cathédrale…Puissions-nous pouvoir l’admirer !

Tout ayant une fin, chacun a repris le chemin du retour…qui en voiture…qui en train…en se souhaitant de nous retrouver dans la joie et l’amitié sous le ciel alsacien.

En ce qui me concerne, la précipitation n’étant plus de mise à mon âge, j’ai prolongé le séjour à Lyon, à la maison-mère du Prado dans le quartier de La Guillotière, là où vécut le bienheureux Antoine Chevrier. J’y ai été merveilleusement reçu et ne suis reparti que le lundi en fin de matinée, marchant dans la grande ville, attentif à la circulation, prenant le métro pour arriver à la gare de La Part-Dieu et via Grenoble retrouver mon logis …dans les Ecrins.

Voilà l’histoire que je voulais vous raconter…bien simplement…
Tout s’est passé comme je vous l’ai écrit.
Ce fut pour moi un plaisir : si ce récit vous a intéressé…tant mieux !

P. André

1ère rencontre nationale des doyens de chapitres à Lyondu 24 au 26 avril 2026 : photo de "famille" lors de la messe du samedi 25 avril à la cathédrale Saint Jean.
1ère rencontre nationale des doyens de chapitres à Lyondu 24 au 26 avril 2026 : photo de « famille » lors de la messe du samedi 25 avril à la cathédrale Saint Jean.

 

sacristie de la cathédrale de Saint Jean-Baptiste de Lyon lors de rencontre des doyens des chapitres, 26 avril 2026 à la messe avec Mgr Le Gal, évêque auxiliaire de Lyon.
Sacristie de la cathédrale de Saint Jean-Baptiste de Lyon lors de rencontre des doyens des chapitres, 26 avril 2026 – Messe avec Mgr Le Gal, évêque auxiliaire de Lyon.