Même pour un seul de ces petits ! Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié 3-4 octobre 2026 à EMBRUN pour le diocèse – Message de Mgr Xavier Malle
À l’occasion de la 112ᵉ Journée mondiale du migrant et du réfugié, qui sera célébrée le 27 septembre dans de nombreux diocèses et communautés, le pape Léon XIV nous invite à porter une attention renouvelée aux plus vulnérables.
Pour notre diocèse, en raison du voyage du Pape en France, nous vous donnons rendez-vous les 3 et 4 octobre à Embrun.
Le thème choisi cette année, « Même pour un seul de ces petits », fait écho à l’Évangile selon saint Matthieu : « Quiconque accueille un seul de ces petits en mon nom, c’est moi qu’il accueille » (Mt 18,5). Par ces mots, le Saint-Père souligne avec force les défis actuels liés aux migrations, qui mettent en péril les droits et la dignité des plus fragiles, en particulier les enfants et les mineurs.
Ciné débat samedi 3 octobre au cinéma LE ROC, autour du film « Tout va bien ».

Un point sur la situation dans les Hautes-Alpes
Message de Mgr Xavier Malle, évêque de Gap-Embrun, en date du 20 août 2026
La Journée Mondiale des Migrants et des Réfugiés (JMMR) sera célébrée dans le diocèse de Gap-Embrun les 3 et 4 octobre 2026 dans la paroisse d’Embrun[1] (la date officielle du 27 septembre 2026 étant bien prise par le voyage du pape en France !).
J’aime le thème choisi par Rome pour cette année : « Même pour un seul de ces petits », inspiré de l’Évangile de Matthieu (chapitre 18), où il est dit que Dieu ne veut pas qu’un seul des plus petits se perde.
Des petits, des enfants avec leurs parents, il en passe beaucoup par nos montagnes des Hautes-Alpes[2]. En effet, il n’y a pas que des MNA, mineurs non accompagnés, ou que des célibataires, il y a aussi des familles entières et des femmes enceintes qui font la traversée dangereuse. A tel point qu’à certains moments, à leur arrivée aux Refuges Solidaires à Briançon où ils se reposent de la traversée, les bénévoles de l’Association Refuges Solidaires, improvisent des occupations pour les enfants.
Les montagnes qui marquent la frontière franco-italienne au-dessus de la ville de Briançon sont l’un des points principaux d’arrivée en France des exilés. Femmes, enfants, familles, personnes seules, empêchés de passer par le poste frontière alors que la plupart d’entre elles souhaitaient demander l’asile en France, parfois retenues et refoulées en Italie par les autorités françaises, sont donc contraints de passer par la haute montagne. A l’heure où j’écris, il n’y a pas cet été d’exilés morts dans nos montagnes, mais le risque est toujours grand et scandalise les montagnards.
Les arrivées sont pour autant toujours importantes. L’État se refuse à ouvrir un centre d’accueil. Heureusement, pendant l’été le Refuge met des tentes sur sa terrasse, mais auparavant la Paroisse avait de nouveau accepté généreusement d’ouvrir ses salles paroissiales pour accueillir le surnombre du Refuge.
D’ailleurs, début août, le Refuge a connu des jours plus difficiles : confronté à la prise en charge de situations personnelles, sanitaires et administratives complexes pour un petit groupe de personnes accueillies, le Conseil d’Administration de Refuges Solidaires a dû, avec le soutien de ses partenaires Médecins du Monde et Toutes et Tous Migrants, fermer temporairement le bâtiment du 1er au 5 août. Une météo clémente et un nombre d’arrivées limité ces jours-là ont permis d’organiser autrement l’accueil : maraudes de jour comme de nuit, hébergements solidaires chez des Briançonnais, orientation des personnes. La réouverture progressive, avec une meilleure répartition des espaces d’accueil, dit la capacité de ce petit monde solidaire à se relever, toujours soucieux de la dignité des personnes accueillies comme de celles qui les accueillent.
Merci pour un seul de ces petits !
Merci aux 600 bénévoles de toute la France et d’ailleurs qui servent ces petits aux Refuges Solidaires et merci aux donateurs.
Merci aux partenaires Médecins du Monde et Toutes et Tous Migrants, qui apportent leur expérience et leur savoir-faire dans les moments difficiles. Merci aux hébergeurs solidaires de Briançon qui, une fois de plus, ont ouvert leur porte pour mettre les personnes à l’abri.
Merci à ceux qui s’engagent contre l’instrumentalisation politique de ce drame de la migration, en rétablissant la vérité des chiffres. Ainsi les nouvelles données publiées par l’Insee le 4 juin 2026 montrent que les entrées d’immigrés en France baissent de 10 % en 2024, retrouvant le niveau d’avant la crise sanitaire. Il n’y a pas de vague migratoire immense, il n’y a que des exilés qui ont été « contraints de se déplacer en raison de la pauvreté, de la violence, du changement climatique ou des catastrophes environnementales »[3].
Merci au Pape Léon XIV pour ses paroles dans sa dernière encyclique, Magnifica Humanitas : « La manière dont une société les traite révèle si son idée de la justice est guidée par la peur ou par la fraternité. (…) La justice sociale, dans ce domaine, implique au moins deux engagements complémentaires. D’une part, préserver le droit à l’espoir de ceux qui sont contraints de partir en garantissant des voies sûres et légales, des conditions d’accueil dignes, des parcours d’intégration concrets. D’autre part, promouvoir également le droit de rester sur sa propre terre en paix et en sécurité, en s’attaquant aux causes profondes qui poussent à la migration, y compris celles liées aux injustices économiques et à la crise climatique. Lorsque ces droits sont respectés, les migrations peuvent devenir une occasion de rencontre et d’enrichissement mutuel entre les peuples. »[4]
Et enfin merci au Seigneur pour le charisme d’accueil des montagnards haut-alpins !
[1] Il y aura ainsi au cinéma Le Roc à Embrun, la présentation par le réalisateur Thomas Ellis de son film documentaire « Tout va bien », selon l’expression des jeunes exilés téléphonant à leur maman pour la rassurer, alors même que les difficultés ne manquent pas. Le film en suivant 5 adolescents, arrivés à Marseille après avoir traversé le désert et la mer, permet de mettre des visages et des histoires sur ces mineurs non accompagnés. Ces adolescents ont les mêmes rêves, joies et inquiétudes que nos enfants.
[2] Pour reprendre le titre choisi pour mon livre de témoignage et de réflexion : Mgr Xavier Malle, « Ces exilés qui passent par les montagnes », Edition Emmanuel juin 2025.
[3] Pape Léon XIV, encyclique Magnifica Humanitas, 2026, §81
[4] Idem.
Journée mondiale du migrant et du réfugié 2026 – Diocèse de Gap-Embrun
Journée mondiale du migrant et du réfugié 2026 – Mission et Migrations
Poème du père Jean-Marie Lefebvre, prêtre retraité à la Maison St Marcellin à Gap


