Lois sur la fin de vie : Mgr Xavier Malle s’exprime
Alors que le sujet de la fin de vie est à nouveau débattu à l’Assemblée nationale depuis le 12 mai dernier, en particulier la proposition de loi relative au « droit à l’aide à mourir » (examinée depuis le 16) et qu’il sera soumis au vote solennel des députés le 27 mai prochain, les évêques de France redisent leur inquiétude et dénoncent un débat dont les termes sont biaisés.
À l’image des très nombreuses voix de soignants, juristes, éthiciens, ou encore, d’associations défendant la cause des personnes en situation de vulnérabilité, ils s’élèvent en particulier contre l’utilisation, depuis le début des discussions en 2022 autour de ce projet de loi du Gouvernement, d’un langage qui ne dit pas la vérité, et ils appellent à ce que les réalités que recouvrent cette proposition de loi, à savoir l’euthanasie et le suicide assisté, soient clairement nommées dans le texte – et non cachées.
Mgr Xavier Malle, évêque de Gap-Embrun, souhaite vous partager ce message :
Chers amis,
Deux propositions de loi sur la fin de la vie sont en discussion au Parlement. Je me suis longuement exprimé dans mon message de Pâques 2024, mais il me semble devoir reprendre la parole.
C’est déjà un moindre mal d’avoir deux projets de loi différents, l’un pour le développement des soins palliatifs, urgent et dont on se réjouit, et l’autre sur l’euthanasie et le suicide assisté, dont on dissimule la réalité sous le vocable d’aide à mourir. Les deux approches sont incompatibles et les soins palliatifs ne peuvent servir d’alibi pour faire accepter la mort « administrée ».
Le comble est que le projet prévoit que sur l’acte de décès, suite à l’euthanasie ou au suicide assisté, on marquera mort naturelle. Mais il s’agira soit d’un homicide soit d’un suicide. George Orwell dans son roman d’anticipation ‘1984’, montrait que la liberté se détruit aussi en tordant les mots, en inversant les significations. Il appelait cela la « novlangue », langage nouveau pour faire passer le mensonge pour véridique, l’homicide pour respectable. Il nous faut non seulement protéger la dignité humaine, mais aussi le langage.
Tout comme on nous dit qu’il y a beaucoup de critères stricts prévus dans la loi. D’une part ce n’est pas vrai, d’autant qu’aucun médecin ne peut prédire à l’avance le délai de la survenue de la mort. D’autre part, dans les quelques pays ayant légalisés l’euthanasie ou le suicide assisté, les conditions initiales ont été élargies, pour certains aux souffrances psychiques, aux personnes handicapées ou encore aux enfants. C’est effrayant et cela s’appelle de l’eugénisme.
Il y aurait beaucoup d’autres choses à dire, j’en ajoute une : ne nous laissons pas abuser par l’argument de la liberté. Partout où l’euthanasie et le suicide assisté sont légaux, cette idée s’impose mentalement aux personnes qui en auraient la possibilité légale ; la société leur laissant entendre qu’ils sont de trop. La vraie liberté et la vraie fraternité, c’est enfin de développer les soins palliatifs.
Je voudrais terminer par une pensée pour ceux qui vont arriver au sommet de leur vie, terme que je préfère à celui de la fin de la vie, car pour nous chrétiens, c’est un passage. Du sommet, on a un 360 degrés sur le monde de Dieu, et il est beau. Mais parfois « la montée est rude » m’avait répondu un jeune malade du sida que je visitais, au temps où l’on en mourrait.
Que chacun puisse trouver, dans les familles, dans les paroisses et dans les services de soins palliatifs des guides de haute-montagne et des accompagnateurs moyenne montagne, qui nous aideront pour l’ascension vers le Ciel. Jésus nous y attend.
Bien fraternellement en Christ,
+Mgr Xavier Malle, évêque de Gap-Embrun
Mise à jour du 24 mai 2025 : « Décédés de mort naturelle » Les députés ont adopté, vendredi 24 mai soir, à une courte majorité la suppression de l’alinéa controversé, malgré l’avis défavorable du rapporteur. Ils ont en revanche refusé la clause de conscience collective, la réservant aux médecins individuellement, et excluant les pharmaciens. Une clause de conscience collective aurait permis aux maisons de retraite tenues par les congrégations religieuses d’être des « maisons sûres ».
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« Les soins palliatifs, de la mort à la vie » Par le Dr Hubert Tesson – Médecin chef de la clinique Ste Elisabeth de soins palliatifs (conférence de Carême au Laus le 5 mars 2023) : https://www.youtube.com/watch?v=7eVFYq2Ds54
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Se former en chrétiens sur cette question : Fin de vie : pourquoi ça fait débat ! – e-théo

