À l’occasion de la 112ᵉ Journée mondiale du migrant et du réfugié, qui sera célébrée le 27 septembre dans de nombreux diocèses et communautés, le pape Léon XIV nous invite à porter une attention renouvelée aux plus vulnérables. Pour notre diocèse, ce moment est célébré les 3 et 4 octobre à Embrun.
Le thème choisi cette année, « Même pour un seul de ces petits », fait écho à l’Évangile selon saint Matthieu : « Quiconque accueille un seul de ces petits en mon nom, c’est moi qu’il accueille » (Mt 18,5). Par ces mots, le Saint-Père souligne avec force les défis actuels liés aux migrations, qui mettent en péril les droits et la dignité des plus fragiles, en particulier les enfants et les mineurs.
Face à ces réalités, l’Église rappelle son engagement constant en faveur de l’accueil, de la protection et de l’accompagnement des personnes migrantes et réfugiées. La sollicitude envers les plus petits nous appelle à des réponses concrètes, à la fois urgentes et empreintes de fraternité.
Cette journée est une invitation adressée à tous : communautés paroissiales, associations, fidèles et acteurs de terrain, à se mobiliser, prier et agir pour que chaque personne, « même la plus petite », soit reconnue, accueillie et respectée dans sa dignité.

L’édito de la JMMR 2026 : « Même pour un seul de ces petits ? »
Cette affirmation peut nous surprendre.
En tous cas, elle vient donner un sens à la pastorale des migrants.
Je veux d’abord rendre grâce à Dieu pour vous qui lisez ces lignes et qui êtes courageusement engagés dans l’accueil des enfants, femmes et hommes qui ont dû migrer de leur terre à leur corps défendant et sont entrés dans une nuit de leur existence.
Vous avez effectivement conscience que les migrants n’auraient jamais dû partir de chez eux pour le plaisir de visiter tel ou tel pays.
Vous avez aussi conscience des difficultés de l’accueil c’est pourquoi vous ne vous improvisez pas seuls dans l’action, mais vous avez cet instinct de rejoindre des organisations, de constituer des collectifs, pour accompagner dans la durée.
Et souvent, vous vivez des formes d’échec : les OQTF, l’administration, mais aussi chez les migrants, les psychismes abîmés, les dérives des uns ou des autres, les errances qui continuent.
Bref, il vous arrive parfois de toucher du doigt l’impossibilité de trouver des solutions.
Alors, il peut souffler à tel ou tel moment la tentation d’une forme d’usure et de découragement dans des chemins qui ne mènent nulle part, les mêmes chemins qu’empruntent les migrants.
À quoi bon ? Cela vaut-il la peine de se battre contre vents et marées ?
Oui, cela « vaut la peine » au sens propre de cette expression : la peine est d’une grande valeur.
La peine n’est pas la pitié condescendante devant ces malheureux dont parlait Saint Paul : « J’aurais beau donner toute ma fortune aux affamés, s’il me manque l’amour, je ne suis rien ».
Quelle grandeur d’avoir reçu ce don d’être capable de souffrir de la souffrance de l’autre. Avoir soif de la soif de l’autre. Et plus fondamentalement encore, de souffrir de la souffrance même du Christ pour ceux qui souffrent.
La pastorale des migrants est une étincelle de vie dans l’obscurité et l’incertitude partagées avec les migrants ; notre pastorale rejoint la lumière dont parlait Jean de la Croix dans son poème ‘La nuit obscure’ : « Sans autre guide ni lumière que celle en mon cœur qui brûlait ».
Dans l’obscurité des combats, ne cessons d’entendre la parole de Jésus qui brûle au cœur de chacun comme un joyau secret, comme une ultime chance : « pour un seul de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait ».
Oui, même pour un seul de ces petits !

Type : Diocèse, Évêque

