Messe pour le Centenaire de la béatification de Jean-Antoine Savine

Cathédrale Notre-Dame du Réal à Embrun

La messe célébrée à la Cathédrale Notre-Dame du Réal d’Embrun sera présidée par Mgr Xavier Malle. Elle sera suivie d’un apéritif offert par la paroisse.

Né en 1760, Jean-Antoine Savine est l’un des 191 martyrs de septembre 1792. Il fut béatifié par le pape Pie XI le 17 octobre 1926. Découvrir Jean Antoine Savine.

Les jeunes d’Embrun (aumônerie du collège, des lycées, jeunes pros et néophytes) vivront le vendredi 16 octobre un temps fort sur la mission dans les rues d’Embrun, en passant notamment par la maison natale de Jean-Antoine Savine.

 

 

La famille Savine/Savines (non éponyme d’une commune des bords de la Durance en aval d’Embrun) est une très ancienne famille du Dauphiné et de la région d’Embrun. Les archives possèdent un fond de chartes de la maison de Savines en Dauphiné, couvrant la période allant du XIIIᵉ au XVIIIᵉ siècles. Un document de 1750 concerne un « sieur de Savines » nommé gouverneur d’Embrun mais qui n’est pas le père de Jean Antoine (1706-1780) car celui-ci était docteur en médecine et se prénommait Joseph Antoine et sa mère était Isabeau Liautaud fille d’un maître chirurgien d’Aix-en-Provence. Le grand-père de Jean-Antoine était Joseph Savine avocat au parlement de Grenoble tous « bons catholiques ».

Le Nominis (Bienheureux Jean-Antoine Savine) indique que Jean-Antoine était issu d’une « vieille famille d’Embrun, connue depuis le XIᵉ siècle » et précise que son blason portait la devise : « J’irai sonner jusque dans les cieux. » Cette mention du blason familial révèle qu’il s’agissait d’une famille ancienne, noble possédant une tradition héraldique. Certains éléments généalogiques ne sont pas assurés entre autres que cette famille Savine soit bien en lien avec les comtes de Savines (le comté/marquisat de Savines était alors aux mains de la famille de La Font). Ce qu’il faut retenir est que Jean Antoine est issu d’une famille de la noblesse de robe (liée au service civil du roi) et peut-être d’épée (l’ancienne noblesse issue des armes) et qu’il a baigné dans un milieu catholique cultivé.

Jean Antoine Savine fait ses premières études au collège d’Embrun, puis entre au séminaire d’Embrun (L’archevêque Charles Brulardt de Genlis fonda le séminaire d’Embrun en 1705, il en confia la direction aux Jésuites et le fit construire tout à côté du collège qu’ils dirigeaient). Il se rend ensuite à Paris pour parfaire sa formation auprès des prêtres de Saint-Sulpice. Il devient prêtre et prend la responsabilité de la Communauté des clercs de Saint-Sulpice, chargée notamment de la formation et du discernement des vocations sacerdotales.

A partir de 1789, la Révolution construit un nouveau contrat social en rupture avec la société d’Ancien Régime (abolition des privilèges dans la nuit du 4 août 1789, 26 août 1789 adoption de la Déclaration des Droits de l’homme. En 1790, les « députés » de la Constituante adoptent la Constitution civile du clergé, qui impose notamment aux prêtres un serment de fidélité à cette nouvelle organisation de l’Église de France. Jean Antoine Savine refuse de prêter ce serment, car il veut rester fidèle à l’Église de Rome et au pape. Cette position le place parmi les prêtres dits « réfractaires » en opposition aux prêtres jureurs.

Le 11 août 1792, dans un contexte de fortes tensions révolutionnaires (prise du palais des Tuileries le 10 août 1792 et « arrestation » de la famille royale), Jean Antoine Savine est arrêté avec une cinquantaine de prêtres et de prélats et emprisonné au couvent des Carmes, à Paris. Ce même 11 août Danton devient Ministre de la Justice, on instaure le suffrage universel et du 11 au 13 août, on institue la commune Insurrectionnelle de Paris. Le 14 août, un nouveau serment, qui repose sur les principes de Liberté et d’Egalité, est exigé de tous les prêtres. Le 18 août les Congrégations religieuses sont dissoutes. Le 21 août la Convention succède à la Constituante. Dans un contexte de défaites militaires les positions des « révolutionnaires » se durcissent. Le 26 août 1792, un décret banni les « réfractaires ». La Commune de Paris, mène une politique de « décatholicisation » (réquisitions des palais épiscopaux, interdiction des habits religieux hors des églises, interdiction des processions).

Dès le 2 septembre 1792, des exécutions sommaires ou massacres commencent dans plusieurs prisons parisiennes. Au couvent des Carmes, des prêtres et religieux sont tués. Sur les 160 religieux réfractaires qui y étaient incarcérés, 116 sont massacrés, soit 72 % des détenus.

Jean-Antoine Savine est massacré ce jour-là, à l’âge d’environ 32 ans, avec ses compagnons. Il est victime de son attachement à la foi et à l’Église catholique. La tradition dit qu’ils se donnaient l’absolution les uns les autres avant de mourir.

Jean Antoine Savine fait partie du groupe des Martyrs des Carmes, béatifiés collectivement par le pape Pie XI le 17 octobre 1926. Sa mémoire liturgique est célébrée le 2 septembre.

On estime à plus d’un millier les victimes des massacres de septembre 1792 à Paris, au moment de la terreur dévastatrice de la Révolution. Parmi ceux-ci, l’Église a retenu les noms de trois évêques, cent quatre-vingts prêtres, deux diacres, un clerc et quatre laïcs dont elle a reconnu qu’ils étaient morts en raison de leur fidélité au Siège apostolique.

Jean Antoine Savine est l’un des bienheureux associés au diocèse de Gap-Embrun. Ses restes sont conservés dans la crypte de l’ancienne église des Carmes, devenue la chapelle de l’Institut catholique de Paris.

Le 26 septembre 2026 à Paris, le pape Léon XIV s’est recueilli dans la chapelle et la crypte de l’ancien couvent des Carmes (rue de Vaugirard, aujourd’hui Institut catholique de Paris), où sont conservées les reliques des 115 prêtres, évêques et religieux massacrés les 2 et 3 septembre 1792 — les « martyrs des Carmes », béatifiés par Pie XI en 1926, un centenaire donc en 2026. Dans la chapelle, il a adressé un bref salut improvisé et prié en silence, puis a récité un Notre-Père. Il a ensuite suivi le Chemin des Martyrs et s’est arrêté pour prier à l’endroit même où ils périrent — le petit perron de la porte du jardin, appelé « l’escalier des Martyrs »

 

Type : Diocèse, Évêque